9/23/2014
9/21/2014
Coupures dans le congé parental et fin de l'universalité des services de garde : je réagis!
Au cours des dix dernières années, j'ai cru que nous avions évolué.
C'était bête. En lisant les
Je suis bien d'accord pour que l'on s'offre des services à la hauteur de nos moyens, mais si ces programmes sont diminués arbitrairement, je vois déjà bien des femmes et des hommes se questionner sur leur envie de fonder une famille ou, pire encore, craindre de s'appauvrir pour avoir des enfants en devant se priver d'un salaire.
Laissez-moi vous dire pourquoi ces services ont été importants pour moi.
Maintien de la sécurité financière
Je suis issue de la classe moyenne ordinaire. J'ai obtenu une maîtrise en histoire, puis j'ai occupé des emplois à contrat, par définition instables, jusqu'au milieu de la trentaine. Alors que j'accédais enfin à un peu plus de stabilité dans un poste de cadre de premier niveau à trente-cinq ans, je tombais enceinte de mon premier fils. Le papa était alors travailleur autonome et ne roulait pas sur l'or, et je remboursais encore mon prêt étudiant.
À l'époque, le Régime québécois d'assurance parentale (RQAP) n'existait pas encore. On recevait alors une prestation de chômage de 351 $ par semaine, après deux semaines de carence. L'arrivée d'un premier enfant nous plongeait ainsi directement dans une situation précaire.
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| Tableau du Régime québécois d'assurance parentale |
J'ai pris neuf mois de congé malgré tout, puis il a fallu trouver une garderie. Rien n'était disponible dans les CPE ; j'ai été obligée de me rabattre sur une garderie privée à 700 $ par mois (c'était en 2004). Notre loyer mensuel d'alors était de 730 $, dans le quartier Villeray à Montréal.
C'était avant les remboursements
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| Le salaire annuel moyen au Québec est de 42 000$, soit environ 800$ par semaine. Dans le commerce du détail, les salaires sont encore plus faibles. |
Arrivés en banlieue, nous avons trouvé une autre garderie privée, un peu moins chère, à 560$ par mois, mais la nouvelle hypothèque était un peu plus importante que notre précédent loyer. En combinant nos REER accumulés, nous avons réussi à accéder à la propriété en quittant Montréal, mais c'était une maison qu'il fallait rebâtir au complet.
Il nous a fallu quatre ans pour se remettre de cet épisode et commencer à penser à un autre enfant. Quand j'ai eu mon deuxième fils, j'avais quarante ans et j'ai eu droit au véritable congé parental. Cette fois, j'ai pris un an, ce qui a été bénéfique pour toute la famille. Le plus vieux commençait l'école alors que le cadet avait à peine quelques mois. En étant à la maison, j'ai ménagé mon énergie pour ne pas faire une deuxième dépression. J'ai réussi. Puis, j'ai eu la chance inouïe d'avoir une place en CPE pour mon plus jeune.
Le congé parental et les services de garde abordables nous ont permis d'ajuster nos vies sans fragiliser une sécurité financière à peine consolidée au deuxième enfant. Les services de garde à 7$ nous ont permis de continuer de vivre décemment avec deux enfants et une hypothèque. À deux enfants, le service de garde à 7$, c'est quand même 300$ par mois. Pour une famille de la classe moyenne au Québec, c'est une grosse dépense. N'oublions pas que salaire moyen d'un Québécois travaillant à plein temps est d'environ 42 000 $ par an, soit environ 800$ par semaine. Et dans le commerce de détail, les salaires sont encore plus faibles.
Pour la première fois dans l'histoire, les femmes n'étaient plus seules à avoir des enfants
Arrivés en banlieue, nous avons trouvé une autre garderie privée, un peu moins chère, à 560 $ par mois, mais la nouvelle hypothèque était un peu plus importante que notre précédent loyer. En combinant
Il nous a fallu quatre ans po
Le congé parental et les services de garde abordab
Pour la première fois dans l'histoire, les femmes n'étaient plus seules à avoir des enfants
Or,
Je pouvais m'affirmer dans mon nouveau rôle de mère sans sacrifier ma carrière. Dans bien des milieux, les femmes ont cessé d'avoir peur
Symboliquement, l'actuel gouvernement nous dit qu'il s'agit d'un luxe d'avoir des enfants. Si on regarde la courbe démographiq
La population continue de vieillir et peine encore à se renouveler, malgré une légère augmentation du taux de natalité ces dernières années. Se prévaloir d'une année d'arrêt pour un enfant est normal, M. Couillard. Ce n'est pas un luxe que d'accorder aux familles le temps et
7/08/2014
Le petit guide de survie du parent solo
Deux ans plus tard : réflexions sur la monoparentalité.
Voilà maintenant deux ans que je suis séparée et que je vis la monoparentalité du dimanche au jeudi, ainsi qu’un samedi sur deux. J’attendais ce deuxième anniversaire avec impatience, car j’avais lu quelque part qu’il fallait au moins deux ans pour se réorganiser entièrement après une séparation.
Je peux maintenant affirmer que
Ces deux années m’ont aussi permis de mieux comprendre mon nouveau contexte familial. En 2011, il y avait
De ce nombre, 76 % des familles monoparentales sont dirigées par des femmes.
Maintenant que je retrouve la forme, voici quelques-unes de mes réflexions qui pourraient vous être utiles si jamais vous vivez aussi une séparation (même si je ne vous le souhaite pas)
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Note d'espoir
On doit se rappeler continuellement qu'il y a une vie après la séparation. Ce ne sera pas la vie d'avant, mais ce sera la vie quand même. Et cette vie peut être enrichissante. Les enfants sont résilients et, tant que les parents les ra
5/11/2014
La fête des mères, c'est tous les jours
Depuis que je suis mère, c'est ma fête tous les jours. Même quand ils se paient ma tête, qu'ils se foutent de ma gueule, qu'ils passent comme une tornade dans la maison.
C'est ma fête quand même. À vous aussi.
5/04/2014
Cinq questions pour Planète F, le nouveau magazine sur la famille
Malgré l'énervement suscité par cet heureux événement, elles ont eu la gentillesse de m'accorder une entrevue.
PF from Bruno Barriere on Vimeo.
Sarah: Mariève le résume très bien. Je dirais aussi que j'ai eu la confirmation qu'on avait raison lors du dernier congrès de la FPJQ (Fédération des journalistes). AUCUN média destiné aux parents n'était présent, alors que des médias spécialisés y sont. Est-ce à dire que tout ce qui touche aux enfants, à la famille, aux parents (bref, à pas mal de monde!) n'entre pas dans le milieu journalistique? La famille, c'est un gros sujet de société, il faut s'y intéresser comme tout autre sujet: politique, environnement, santé, etc.
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| Journaliste indépendante depuis 2005, Mariève Paradis travaille sur plusieurs plateformes (web, magazines, hebdomadaires, radio et télévision). |
Sarah: Je dirais que tout sujet peut être traité selon l'angle famille, et selon l'approche Planète F. Prenons l'exemple des devoirs. Ailleurs, on le traiterait "micro": comment faciliter les devoirs, des trucs pour faciliter le retour à la maison, etc. Nous, on le traitera "macro": D'où vient la tradition des devoirs,Eest-ce que des chercheurs, des pédagogues les remettent en question, Comment ça se passe ailleurs dans le monde, Peut-on revoir la manière dont en pense l'école et les devoirs à la maison, etc.
Sarah: C'est vraiment un travail de longue haleine, je crois, de démontrer que les sujets familles s'adressent aux pères. En fait, ce n'est pas que ceux-ci ne s'intéressent pas à la famille (au contraire!), mais on leur réserve habituellement un "spécial papas" une fois par an, ou on les met dans des cases: les activités papa-fiston, les films de gars... Ce n'est clairement pas ça Planète F! Comme le dit Mariève, les sujets de société les intéressent au même titre que les mères. On veut qu'ils sachent que ce magazine s'adresse à eux autant qu'aux mères.
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| Sarah Poulin-Chartrand est journaliste indépendante depuis 2011, et diplômée en journalisme de l’Université de Montréal. |
Sarah: on dirait qu'à chaque nouvelle petite «controverse» au Québec, on se rend compte que les sujets tabous liés à la famille ne manquent pas: l'allaitement (bonjour Mahée Paiement!), les pères porteuses (bonjour Joël Legendre!), tout finit par être le tabou de quelqu'un. J'ai donc de la misère à en choisir un. Pour nous, c'est ça qui rend Planète F intéressant: un sujet dérange? On va le creuser! Mais le sujet qui me fait le plus réfléchir en ce moment, c'est le fait de ne PAS avoir d'enfant. J'aimerais trouver une place pour ça sur Planète F. Les filles sans enfants sont constamment jugées à mon avis. Est-ce devenu le tabou numéro un? Peut-être...
| Un abonnement de 25$ permet de consulter tous les contenus du magazine en ligne Planète F |
Sarah: ah ben zut, j'avais pas lu la dernière réponse de Mariève ;) Mais oui, la famille, c'est pas juste des parents et des enfants, c'est pas seulement un noyau étanche. Les enfants de la DPJ, les enfants de la secte Lev Tahor, etc, j'ose espérer que ça vient chercher tout le monde ces histoires-là! Faut-il être parent pour s'intéresser aux conséquences de nos politiques sociales, économiques, éducatives, sur les enfants? Je ne crois pas. On s'intéresse aux aînés avant d'en être un, non? C'est vraiment un changement d'habitude à faire: voir la famille comme faisant partie de la société, pas comme des petites cellules qui font chacun leurs trucs de leur côté.






