J'ai eu mon deuxième à 40 ans et j'en suis très heureuse. Voici le témoignage de Valérie Blais, comédienne bien connue de chez-nous, sur la maternité à cet âge. Une belle entrevue avec André Pratte, La Presse.
J'ai eu mon premier enfant à trente-cinq ans pour les mêmes raisons qu'elle. J'avais envie aussi de stabiliser ma vie professionnelle avant de me donner dans la maternité. Je lui donne raison aussi quand elle dit que la quarantaine d'aujourd'hui n'est plus comme celle d'il y a trente ou quarante ans. Pour ma part, je ne suis pas très inquiète par la différence d'âge avec mes enfants car en fait, d'avoir des enfants quand on est jeune ne garantit en rien qu'on sera là longtemps. Mis à part la peur de demeurer fertile jusqu'à cet âge, je ne crois pas qu'on devrait être effrayées par l'idée d'avoir un enfant dans la quarantaine. Mon plus jeune aura quatre ans cet été et je suis entièrement comblée par mon choix de lui avoir donné la vie à quarante ans.
Dans ma vie, j'ai pris la décision de donner naissance à des enfants. Cette décision a changé à jamais mon rôle ici bas.
Dans la maternité, on peut être bonne ou mauvaise. En fait, les contours du « bon » et du « mauvais » sont plutôt subjectifs et au final, seuls nos enfants peuvent vraiment juger de nos compétences, même si eux aussi, ne peuvent être complètement être objectifs sur la question.
La maternité nous donne-t-elle droit à un piédestal? J'entends souvent des amis sans enfants me répéter en coeur « Mais comment fais-tu pour tout faire? Je n'y arriverais jamais ». Vous savez, chers amis-sans-enfants, vous y arriveriez aussi si vous y étiez confrontés. D'ailleurs, quand je vous regarde aller à prendre soin de vos parents vieillissants et malades, je me pose la même question. Comment faites-vous? Vous me répondrez sans doute quelque chose d'aussi plate que « ben, j'me pose pas la question, ça va de soi ». Et bien même chose pour moi. Probablement la même chose pour la plupart des parents de la terre. Ca va de soi. S'occuper de sa famille, des plus jeunes au plus vieux, ça va de soi. En fait, ça devrait.
Oui, c'est pas toujours facile. En tant que mère, je manque de sommeil, de divertissement, de compagnie parfois. Je travaille trop, je ne fais pas assez de sports, je bois peut-être trop de vin. Je m'oublie souvent même si tous les magazines féminins et les gourous de la psycho-pop me disent de m'occuper de moi. Je m'occupe de mes petits et j'ajuste ma vie en fonction d'eux. Ce sera ainsi jusqu'à ce qu'ils soient prêts à vivre hors du nid, même si je dois faire quelques compromis ici et là. Même si je ne suis pas certaine du résultat. À la fin de l'histoire, qu'est-ce que ça aura donné? Le résultat n'est pas garanti. Peut-être m'aimeront-ils et nous aurons une super relation, peut-être me trouveront-ils complètement débile et me renieront. Avoir des enfants n'est pas une fin en soi. C'est une destination incertaine. Ce sont des vies que nous accompagnons et qui ne nous appartiennent pas.
C'est un privilège que de donner naissance ou d'accompagner de petites vies au-delà des liens du sang. Aujourd'hui, j'ai célébré le plaisir de passer une journée entourée de mes enfants et de ma superbe nièce. Je n'avais besoin de rien d'autre. C'était ça mon cadeau, ma récompense.
Avril est le mois de l'autisme et il tire à sa fin.
La semaine dernière, j'ai rencontré le personnel de la commission scolaire puisque mon fils aura accès à un programme de prématernelle pour les enfants autistes. Cette classe vise à les préparer au programme régulier de maternelle. En septembre, mon petit garçon intégrera ce groupe à raison de cinq demi-journées par semaine. Le transport scolaire entre le CPE et l'école sera également fourni.
Et puis après, ai-je demandé, ira-t-il à la maternelle régulière? Probablement que oui. Et si jamais ça ne fonctionne pas, il pourra aller dans une « classe TED », me dit la dame.
Une « classe TED » ?
Dans le jargon scolaire, les groupes spécialisés pour enfants autistes et ceux qui ont d'autres troubles du développement, s'appellent des « classes TED ». TED étant l'acronyme pour « Trouble envahissant du développement ».
À mes oreilles, une « classe TED », ça sonne comme une maladie, comme une anomalie indélébile, comme une étiquette impossible à décoller.
Pourquoi ne pas donner un nom plus neutre à ces classes? Un nom qui n'évoque rien, qui ne suggère pas une différence plus grande que la réalité.
ll y aurait le groupe des mésanges, celui des hibous, celui des goélands et le groupe des hirondelles. La classe des hirondelles serait celle de mon fils. Il y recevrait tout l'encadrement dont il a besoin, mais il ne serait pas catalogué, catégorisé, mis à part. Et quand le personnel scolaire s'adresserait aux parents, il pourrait simplement désigner cette classe comme étant adaptée. Point.
Je n'aime pas ça, une « classe TED ».
Je vous laisse avec un superbe document réalisé il y a quelques années par le CECOM de l'hôpital Rivière-des-Prairies. Intitulé « L'autisme, vu de l'intérieur », cette série vidéo donne la parole à des autistes devenus adultes qui ont accepté de décrire différentes facettes de leur réalité.