9/19/2017

Arrête de dire que mon enfant est différent!


On entend ça à la pelle.  À la télévision, à la radio, sur le web, dans les écoles, à la commission scolaire, dans nos familles.

« Les enfants différents »

Une tautologie qui me fait grincer des dents.

On veut désigner ceux qui ne suivent pas le tronc commun, ceux qui ont besoin de soutien supplémentaire dans leurs apprentissages, ceux qui sont handicapés d'une manière ou d'une autre. Mais.... tous les humains sont différents!  Oui, ils sont différents, comme vous et moi le sommes.  Il n'y a pas deux être humains sur terre qui sont pareils, mêmes les jumeaux sont différents malgré leurs similarités.

Alors pourquoi parler des « enfants différents » ?  Pour les mettre dans une petite case, une petite boîte qui nous permet de les séparer des « autres » qui sont ...

...je vous entends le dire dans votre tête.

« Normaux ».  Les ceuzes qui suivent la norme.  Ceux qui ne sont pas « défectueux », sous-entend-t-on.

Mon fils a certes besoin d'accompagnement, de méthodes d'enseignement et d'un encadrement adaptés.  Il a des besoins que d'autres enfants n'ont pas.  Des besoins qui ne ressemblent même pas à ceux de sa petite camarade de classe qui elle-aussi est TSA.

Et c'est dans le respect de son caractère unique qu'il sera en mesure de créer des ponts avec tous les autres qui font partie de son écosystème.  C'est à partir de cette prise de conscience qu'il pourra célébrer qui il est et trouver la place qui lui revient dans la société, non pas en tant qu'être « différent » mais en tant qu'un être unique.  

Mais chaque enfant est d'abord un enfant.  Mon fils est un enfant.  Demain, il sera ado et après-demain, il sera adulte.   Si on continue de le désigner comme un individu « différent » - avec la petite étiquette qui dépasse de son chandail - on va le stigmatiser.  Il sera celui qui ne « fitte » pas nul part.

« Ben non! » s'exclament en coeur les biens-pensants.   Mais non, c'est pas dans ce sens-là qu'on dit ça, ce n'est pas péjoratif!   C'est beau la différence, il faut célébrer la différence! »

Ok, au sens général, oui, c'est beau la différence, mais nous utilisons le mauvais mot.  Nous devons célébrer l'unicité de chaque individu.

Mon fils est unique, comme le vôtre.  Il a besoin qu'on adapte un peu son environnement, il a besoin d'aide, d'un encadrement particulier, mais je n'ai pas envie qu'il passe le reste de sa vie à s'interroger sur un concept qui ne tient pas la route et qui lui renvoie le message qu'il fonctionne en marge de la société.  Les mots que nous utilisons peuvent changer le cours d'une vie.

Je veux que mon fils soit fier de ce qu'il est, avec ses forces et ses faiblesses, avec ses défis, avec sa réalité qui lui sera unique.  Unique, comme votre réalité l'est aussi.  Et c'est dans le respect de son caractère unique qu'il sera en mesure de créer des ponts avec tous les autres qui font partie de son écosystème.  C'est à partir de cette prise de conscience qu'il pourra célébrer qui il est et trouver la place qui lui revient dans la société, non pas en tant qu'être « différent » mais en tant qu'un être unique.

L'unicité est en fait notre seul grand dénominateur commun. C'est ce qui permet de créer, de bâtir, d'imaginer.  Reconnaître que nous sommes uniques permet aussi d'apprendre à s'aimer tel quel, à croire que, chacun à notre manière, nous pouvons contribuer à la société.

Alors, lâchez-moi ça, « les enfants différents ».  C'est la pire invention du siècle!


9/17/2017

Ne pas baisser les bras


Mon Loulou vient de passer sa ceinture jaune-orange au karaté.
Oui, mon p'tit loup qui ne parlait pas à trois ans, qui portait encore des couches à cinq ans.
Mon petit homme qui piquait des crises pas possibles en maternelle, en première et en deuxième année.

Oui, c'est le même petit.  Aujourd'hui, c'est une petite machine à paroles, une petite bombe de sociabilité, un petit bonhomme qui s'imagine déjà devenir un scientifique, qui parle l'anglais aussi bien que le français, qui pose des questions en rafales car il est curieux comme pas deux.
Mon petit Loulou a maintenant huit ans, la moitié de ses dents, et il fonce droit devant, avec confiance.

Mon petit a pourtant été diagnostiqué TSA et TDAH il y a cinq ans.  Et non, il n'était pas « juste un peu autiste » ou « autiste léger ».  Il était sur le spectre, big time, avec de gros retards de développement, des difficultés importantes dans ses interactions sociales, des troubles de comportements nuisibles à son adaptation à l'école.

Non, il n'est pas guéri.  Il ne le sera jamais, mais sa condition s'est grandement améliorée si bien que nous croyons qu'un jour, son diagnostic sera probablement imperceptible.

Qu'est-ce qui a fait une différence dans sa vie?

Le diagnostic précoce
D'abord, le diagnostic à trois ans est probablement ce qui l'a le plus aidé.  Quand une éducatrice de garderie émet une hypothèse sur l'état de son enfant, il est facile de se replier dans le déni, mais j'insiste, il faut vérifier, apprendre à reconnaître les premiers signes.  Lorsqu'on a des assurances, il vaut la peine de se tourner vers des centres privés comme le CÉNAA afin qu'une équipe multidisciplinaire évalue notre enfant.  Si on doit aller dans le secteur public, il faut se battre encore, mais le temps d'attente a diminué dans certaines régions, notamment en Montérégie.    Le diagnostic est le facteur-clé qui permettra à votre enfant d'obtenir des services et vous, du soutien.

L'implication de sa communauté 
Le jour du diagnostic, la directrice et l'éducatrice du CPE qu'il fréquentait nous ont accompagné. Elles se sont documentées, la directrice a demandé des subventions afin d'adapter son milieu, la travailleuse sociale du CLSC a fait le pont avec le Centre de réadaptation en déficience intellectuelle (CRDI), qui nous a ensuite soutenus à domicile et au CPE.

Lorsqu'il a fait ses débuts à l'école, il a eu droit à une insertion progressive.  Pendant un an, il a fréquenté une classe de maternelle spécialisée le matin et le CPE l'après-midi et il bénéficiait du transport en berline à l'heure du midi.

Nous l'avons accompagné avec l'ergothérapie, des ateliers d'éveil musical (il n'y en avait pas alors j'avais démarré un projet-pilote) et depuis un an, avec le karaté.  Nous avons appliqué les enseignements du CRDI à domicile, nous avons embauché une jeune enseignante pour l'aider avec ses devoirs l'an dernier.  Il ne pourra pas commencer son programme de troisième année encore, mais il a fait de nombreux progrès et je crois aujourd'hui qu'il finira par rejoindre le programme régulier au secondaire.

Quand il a commencé sa première année, il a changé d'école.   La nouvelle équipe-école a fait toute la différence. Il bénéficie d'un soutien incomparable. Ça, et l'aide du CRDI encore une fois.  Et puis l'assistance de notre merveilleuse travailleuse sociale qui m'a appuyée dans mes démarches et moralement aussi.   D'ici les prochaines semaines, il commencera les ateliers de gestion des émotions offert par le CRDI.  La cerise sur le sundae!  

Tous les intervenants se sont coordonnés pour aider mon fils. Aider, c'est le mot-clé, le mot qui change tout dans la vie d'un parent et celle d'un enfant.

Tout ça, car mon fils a eu un diagnostic très tôt.  Tout ça, parce que nous habitons en Montérégie où il y a un nombre plus élevés de cas qu'ailleurs au Québec et donc, davantage de services.  Tout ça parce que j'ai tenu mon bout, son papa aussi.  Nous n'avons pas baissé les bras, même quand c'était très décourageant.

Si j'ai eu envie d'écrire ce billet aujourd'hui - après des mois et des mois d'absence  (et j'imagine que vous comprenez pourquoi en me lisant, ma priorité était de soutenir mon fils) - mon petit coeur de mère recommence à battre.  Voilà cinq ans que je vis en me demandant si mon fils sera capable de cheminer adéquatement, que je retiens mon souffle à chaque tournant.

En tant que parent, chaque effort vaut la peine, ne serait-ce que pour améliorer un pour cent de la vie de notre enfant.  Chaque effort qui provient de son milieu de vie a aussi tellement d'importance.   Oui, il faut insister, demander l'aide nécessaire, dépenser des dollars qu'on aimerait mieux dépenser ailleurs, mais à la fin, lorsqu'on voit son petit qui profite de sa vie, qui aime sa vie, c'est la plus grande récompense.  Parfois on pleure, parfois on a envie de se rouler en petite boule dans le creux du divan, mais il ne faut pas lâcher.  Passez-le ce mot d'encouragement à d'autres parents.


1/29/2016

Autisme, le vrai débat, c'est pas le régime sans gluten

Votre enfant sera-t-il « guéri » de l'autisme grâce à un régime sans gluten?  J'en doute et je ne suis pas la seule.

Qu'importe, j'ai été agacée par ce faux débat médiatique suscité par la présence de Nathalie Champoux à Salut Bonjour cette semaine,  l'auteur de Être ou ne pas être autiste, celle qui prétend avoir guéri ses enfants grâce à un régime sans gluten.  J'ai feuilleté son livre à la pharmacie pour me rendre compte assez vite qu'il n'y avait aucun fondement scientifique à ce qu'elle avance.

Son livre n'est qu'un pamphlet de croyances qui illustre très bien l'ignorance collective face à l'autisme.

L'autisme n'est pas une maladie, mais bien un trouble de développement du système nerveux qui affecte les communications, les interactions sociales et les fonctions exécutives (PDF).  Souvent, les enfants sur le spectre de l'autisme (TSA) sont également diagnostiqués avec un trouble de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H), car il s'agit aussi de résultat d'une immaturité d'une autre partie du cerveau. Plusieurs autres troubles sont également associés à l'autisme, notamment dans la sphère du langage (dysphasie, dyspraxie).


Ce qui m'a agacée, c'est le temps d'antenne et les articles consacrés à ce débat sur l'idée de guérir son enfant de l'autisme avec une diète spéciale, alors que le vrai débat devrait porter sur l'accessibilité du dépistage précoce de l'autisme.

Quand le CPE que fréquentait mon fils m'a prévenue qu'il y avait un truc qui ne tournait pas rond avec lui et qu'on suspectait l'autisme sur le bout des lèvres, je me suis renseignée sur les services de dépistage.  Au public, il fallait attendre pendant des mois, voire des années alors que tous les spécialistes rencontrés me disaient qu'il valait mieux poser un diagnostic tôt dans la vie puisque la fenêtre d'opportunité pour le stimuler afin qu'il rattrape ses retards d'apprentissage était entre trois et six ans.  Puisqu'il avait déjà deux ans et demi, et que j'en avais les moyens, je me suis tournée vers le privé.  En moins de six mois après ma demande auprès du CENAA, le diagnostic a été posé et nous avons obtenu tous les services auquel il avait droit.  Le CPE a demandé la subvention spéciale pour enfants TSA, le CLSC s'est activé pour nous décrocher des services au CRDI et du coup, il était entouré au quotidien d'une orthophoniste, d'un ergothérapeute et des services de l'éducatrice spécialisée du CRDI qui s'est chargée de former le personnel du CPE et de mettre en place des stratégies pour aider mon fils. Quand le temps est venu de commencer l'école, grâce à son diagnostic, il a eu accès à une classe spéciale pour les TSA à l'école Arc-en-ciel de Sainte-Julie dès ses quatre ans et d'un service de transport adapté entre l'école et le CPE.  En première année, il a été accepté dans une classe TSA à l'école Montarville à St-Bruno.

Le diagnostic précoce de mon fils lui a ouvert des portes.  Aujourd'hui, à six ans, maintenant qu'il a aussi reçu un diagnostic de TDAH en urgence à l'hôpital Ste-Justine (parce qu'il était dysfonctionel même en classe TSA), il reçoit la médication appropriée et sa qualité de vie (et la nôtre, les parents) s'est vivement améliorée après quelques mois.  Enfin, mon petit bonhomme s'épanouit, aime apprendre, développe ses intérêts. Son autisme n'est plus un obstacle aussi grand à franchir pour sa vie sociale, pour son apprentissage scolaire.  Son langage s'est développé, sa sociabilité, sa compréhension des codes sociaux, des étapes de la vie quotidienne et ses capacités d'apprentissage de l'abstrait continuent de s'améliorer. Il commence à avoir une conscience de « l'autre » qui est plutôt magnifique à observer.  Il commence à exprimer son empathie, à saisir les émotions, à voir le monde à l'extérieur de sa bulle.  En tant que mère, je suis profondément touchée par ses progrès.

Cela dit, je suis abonnée à de nombreux groupes de discussion sur l'autisme via Facebook.  Les questions les plus fréquentes proviennent de parents qui n'ont pas les moyens de se payer des services privés et ils se demandent où aller pour éviter le temps d'attente qui peut s'échelonner sur plusieurs mois, voire des années.  Si le dépistage précoce offre réellement une possibilité d'améliorer les chances d'adaptation de nos enfants TSA, pourquoi cette question n'est-elle pas plus largement débattue dans les médias?  Plus encore, et si les médias se penchaient plus à fond sur ce qu'est la réalité de l'autisme, sur la disparité entre les « cas », sur tous les autres troubles associés, et sur toutes les fausses croyances à ce sujet?

On fait régulièrement des analyses sur le temps d'attente dans les urgences ou pour des soins de dépistage pour des maladies comme le cancer, mais pourquoi pas pour le dépistage précoce de l'autisme?   C'est la qualité de vie de nos enfants qui en dépend.  Il me semble que c'est important, surtout que le taux de prévalence est élevé ici au Québec.  Et c'est sans parler des enfants avec un trouble du langage. Qu'attendons-nous?


9/26/2015

Comment ça, aller à l'école internationale?

« Maman, est-ce que je peux aller à l'école internationale ? » demande mon Raphaël, une semaine après avoir commencé sa sixième année.

Comment ça l'International ?  Depuis quand ?  Il y a à peine deux ans, je me battais pour que tu fasses tes devoirs! Sais-tu comment accorder tes verbes au participe passé au moins ?

«Oui, mais mes amis vont y aller...»

Ah la pression sociale, d'accord.  Donc mon fils, tu vas faire l'examen. 

« Comment ça, un examen? » me répond-il avec le regard effaré d'un chevreuil ébloui par les phares d'un 4X4.

Ben oui, mon grand.  Tu veux aller dans une école au programme enrichi, tu dois faire l'examen.  Tu dois fournir les efforts nécessaires pour réussir cet examen.

Mais là, laisse-moi te parler deux minutes, mon grand.  Dans mon temps, il n'y avait pas de programme d'éducation internationale.  Il y avait l'école privée, mais dans la bouche de ma mère, cette option sonnait comme une punition. J'ai donc fréquenté bien pire qu'une école secondaire.  À mon époque, on appelait ça une polyvalente (tu googleras le mot si ça t’intrigue).  Quand tu arrivais en secondaire 1, tu étais lâché lousse dans les corridors inhospitaliers d'une grande bâtisse en béton armé où chacune de nos activités étaient ponctuées par la cloche. Très vite, on découvrait que c'était ben plus le fun de passer du temps à cruiser aux casiers jaunes ou à mener des activités illicites cachés dans le sous-bois derrière l'école.  Dès la première année, j'ai appris un nouveau mot : foxer (ça aussi tu le googleras).  Personne ne savait vraiment où un élève absent se trouvait, en particulier en éducation physique, en arts plastiques et en musique.  Je foutais le camp au village, incognito, avec d'autres petits jeunes pas convaincus que notre place était dans la salle de classe.  Pour la première fois, on goûtait à une liberté dont nous avions envie de profiter.  Ce n'était pas bien, mais on l'a fait quand même.

« T'as pas coulé tes cours? »

Non, j'étudiais pareil, en cachette.  Je n'étais pas une première de classe, mais j'étais dans la moyenne. Je déconnais de manière équilibrée.  En secondaire 3, je suis devenue un peu plus sérieuse et malgré une faiblesse bien sentie en mathématiques, je m'en suis sortie.   L'école s'est améliorée aussi.  Un directeur génial a remarqué que j'étais une bonne candidate pour les activités parascolaires et il m'a aidée en m'impliquant dans le comité étudiant et le journal de l'école.  C'est ainsi que j'ai trouvé ma place.

Mon grand, peu importe où tu iras, si tu y mets les efforts, tu finiras par tirer ton épingle du jeu. Si tu es admis au programme d'éducation internationale ou au privé et que tu ne te forces pas, ça ne fonctionneras pas.

J'ai fait un collégial pas si pire et puis j'ai fait l'université.  Bien entendu, j'aurais été franchement nulle si j'avais voulu me diriger en médecine ou en physique nucléaire, mais je savais écrire, je savais penser, je savais analyser.  À la maîtrise, j'ai eu les meilleures notes de toute ma vie et j'ai eu la chance de travailler avec une sommité dans mon domaine.  J'ai même eu une bourse de recherche.  Et j'ai toujours eu de bons jobs, toute ma vie adulte.  Et je me suis fait des amis-es extraordinaires à chaque étape.

« Hein, pis t'as niaisé tout ton secondaire ? »

Non mon fils, écoute bien quand je parle.  Ce que je te dis est très important.  J'ai niaisé un peu, mais quand c'était le temps de fournir des efforts, je les fournissais.  Ce n'est pas parce que j'ai fréquenté une école secondaire ordinaire où il était facile de s'égarer du droit chemin, que je me suis perdue pour autant.  Je n'aurais peut-être pas été une candidate idéale pour un programme d'astronomie ou de physique nucléaire, mais si j'y avais été intéressée à l'époque, j'y aurais probablement mis des efforts.  J'avais d'excellentes notes en français, en anglais, mais je n'accordais pas d'importance aux maths.  Or, j'ai très vite compris que ces petites décisions allaient influencer mes futurs choix de carrière.

N'empêche mon grand, si j'avais regretté mon niaisage, j'aurais pu faire des cours d'appoint en maths une fois adulte.

« Oui, mais maman, si je ne vais pas à l'école internationale, est-ce que je vais être bon quand même ? »

Mon grand, peu importe où tu iras, si tu y mets les efforts, tu finiras par tirer ton épingle du jeu. Si tu es admis au programme d'éducation internationale ou au privé et que tu ne te forces pas, ça ne fonctionneras pas.  À l'inverse, si tu te forces à l'école secondaire ordinaire, tu risques d'obtenir les mêmes succès que si tu avais fréquenté un programme international.    Tu feras des erreurs en cours de route, tu couleras peut-être un cours ou deux, mais l'important c'est de te reprendre.  Plus important encore, c'est de comprendre qu'il n'y a rien de prédéterminé dans la vie.

Peu importe ton âge, tu peux décider d'apprendre un nouveau métier, d'exploiter un nouveau talent.   Il n'y a pas qu'à l'école qu'on apprend.  Par contre, je vais être exigeante avec toi : d'abord, peu importe l'école que tu fréquenteras, tu liras tout ce qui te tombe sous la main.  La lecture forme l'esprit, ta capacité de réfléchir.  Deuxièmement, tu apprendras à écrire sans faute. Troisièmement, tu liras les actualités à tous les jours, car je veux que tu saches de quoi est fait le monde qui t'entoure.  Quatrièmement, tu t'impliqueras dans un projet à l'école.  Enfin, et c'est l'essentiel : apprends à avoir confiance et à être heureux.  Peu importe les choix que tu feras dans la vie, il y a toujours moyen de t'en sortir avec brio.

Vas où tu voudras mon fils...j'ai confiance.

9/12/2015

Je reviens de loin...avec un beau projet pour mon fils autiste

J'ai cessé d'écrire dans ce blogue en décembre dernier. Je n'avais plus tellement l'envie ou l'énergie d'écrire.  Mon petit LP, qui a a été diagnostiqué sur le spectre de l'autisme à la fin de 2012, a commencé à m'en faire voir de toutes les couleurs.

Les crises ont commencé pendant la relâche scolaire.  Coups de pieds, coups de poing, morsures.  Il me lançait des objets. L'école ne savait plus quoi faire et moi non plus.  Il est certes charmant ce petit bonhomme quand tout va bien, mais quand il se fâche, quand il fait un « Melt down»,  tassez-vous de là!   À l'école, il avait déjà commencé à frapper les petits amis depuis belle lurette, mais au creux de l'hiver, il s'est tourné vers moi, puis son frère.  Même avec un petit ami qu'il aimait beaucoup. C'est devenu très difficile à gérer au quotidien.  Certains matins, j'étais épuisée avant même de commencer ma journée au travail.

Je me suis longuement questionnée, j'ai cherché des solutions.  N'y avait-il que la médication?

Maman, j'ai une tempête dans ma tête!
Bien sûr, en visitant une pédo-psychiatre, le verdict est tombé : en plus d'être autiste, votre enfant a un trouble d'attention.  Avec ou sans hyperactivité, ça on ne le sait pas trop. Très chers parents, on va le médicamenter.  Ainsi, depuis juin, mon fils de six ans a testé quatre médicaments différents.  Le Concerta, le Ritalin, le Stratera et le Vyvance.  À chaque fois, il a eu des effets secondaires différents.  Sous le Ritalin, il me répétait constamment : « Maman, j'ai une tempête dans ma tête ».  Avec le Concerta et le Ritalin, il avait mal au ventre et n'arrivait plus à dormir en soirée ou se réveillait la nuit.  Finalement, avec le Vyvance depuis deux semaines, je vois une relative amélioration, bien que LP s'adapte très difficilement à sa nouvelle école et frappe tout ce qui bouge.  Il a même envoyé un coup de poing bien senti à une enseignante et l'a fait saigner du nez.  J'ai reçu un appel de l'école, bien sûr.  Plan d'intervention à l'horizon.

Le projet inspiré du documentaire « L'autiste au tambour »
Un soir d'avril,  j'ai visionné le documentaire « L'autiste au tambour » diffusé sur Tou.tv à Radio-Canada qui racontait l'épopée d'un certain Mohamed Ghoul de l'Abitibi qui avait fait des petits miracles avec des enfants et adultes autistes grâce à la musique.  M. Ghoul est un musicien, intervenant et formateur. À l'aide d'une méthode qu'il a lui-même développée, il initie les jeunes autistes à la musique. Cette initiation commence souvent avec les percussions. Avec certains jeunes de son groupe, il a effectué un voyage en France pour leur faire vivre l'expérience de donner des concerts outre-mer et pour y rencontrer d'autres jeunes autistes musiciens.


Voir un extrait sur Art.tv :
http://ici.artv.ca/videos/video/autiste-tambour-extrait?autoplay=1

J'ai été touchée par ce documentaire réalisé par Yves Langlois.  Tellement que le soir même, j'ai contacté M. Ghoul par Facebook.  Pouvait-il donner ses ateliers ailleurs qu'en Abitibi?
Et c'est ainsi qu'a commencé une belle collaboration avec l'intention de permettre aux enfants de la Montérégie - où le taux de prévalence des cas de TSA est le plus élevé au Québec - de bénéficier de cette forme d'intervention axée notamment sur la sociabilisation en groupe.

Après quelques semaines de discussion, j'ai approché le centre Zükari à Ste-Julie qui a accepté d'accueillir les ateliers et de nous fournir ses locaux, ses équipements et sa structure d'inscription.  Autisme Montérégie nous appuie dans notre démarche et la Fédération québécoise de l'autisme a transmis l'information dans son réseau.

Le mercredi 16 septembre de 18h30 à 19h30 , nous organisons une soirée d'information pour les parents afin de les renseigner sur la méthode d'intervention et d'établir un premier contact avec M. Ghoul.  Vous pourrez évaluer le programme et poser vos questions. Nous vous remercions de confirmer votre présence par téléphone au centre Zükari : 450-649-4544.

Les formulaires d'inscription sont en ligne depuis deux semaines.  Les ateliers débutent le 10 octobre et se donneront les samedi et dimanche jusqu'à la mi-décembre.  Et si tout fonctionne bien, on va récidiver pour les sessions d'hiver et du printemps 2016.

Un peu d'espoir...
Mon but avec ce projet c'est d'essayer quelque chose de nouveau pour mon fils et de donner accès à ce mode d'intervention à tous les enfants autistes de la Montérégie.

Lorsqu'on a un enfant avec des besoins particuliers, on cherche tout naturellement des solutions pour l'aider à mieux cheminer dans son milieu.  On a beau visiter des thérapeutes à gauche et à droite, il n'en demeure pas moins que l'enfant lui, doit apprendre à vivre avec son milieu.  C'est pour cette raison bien précise que les ateliers de M. Ghoul m'ont donné envie de démarrer ce projet.  L'expérience des ateliers est précisément fondée sur la vie de groupe, la principale faiblesse des enfants autistes.   Petit à petit, par l'apprentissage des percussions, notamment, ils apprennent à communiquer et à socialiser entre eux.

Je vous laisse ici et je vous remercie à l'avance de faire circuler ce billet.  J'ai décidé de redémarrer mon blogue car j'ai envie de vous parler de ce projet, mais aussi de partager mon expérience en tant que parent d'un enfant qui - bien qu'il ait des besoins différents - demeure un enfant qui a le droit de se tailler une place dans ce monde.