12/28/2014

« Maman, je ne suis pas beau! » me dit mon fils de dix ans.


Je n'ai pas fait de spécial Noël et je ne sais pas si je ferai un spécial Résolutions 2015, car bien d'autres le font déjà. Par contre, je vous souhaite de passer de très belles fêtes, de manger et de festoyer suffisamment pour avoir envie de prendre un « break » en janvier ! ;-)

Il y a quelques mois, mon aîné a déclaré haut et fort qu'il ne se trouvait pas beau. Trop maigre, pas assez musclé, pas assez ceci, trop cela. J'avoue avoir été surprise, d'abord parce que c'est un garçon, mais aussi parce qu'il n'a que dix ans. Je ne croyais pas qu'un petit garçon (qu'on dit maintenant prépubère) avait déjà ce genre de préoccupations.

En parlant avec lui, je me suis rendue à l'évidence : il n'y a pas que les petites filles qui sont influencées par les images médiatisées de visages et de corps parfaits que l'on voit partout. Ces images s'accrochent à l'imaginaire et deviennent une sorte de norme, tant pour les filles que pour les garçons. Et si nous voulons être parfaitement honnêtes, ce phénomène n'a rien de nouveau, puisqu'il existait aussi quand j'étais adolescente. Les magazines féminins et la télévision nous renvoyaient ces images qui nous donnaient toutes envie de faire une diète tous les quinze jours ou de nous tuer au sport.

Cela dit, si vous avez des enfants préados, et surtout de jeunes adolescentes qui flirtent avec l'idée de devenir mannequins ou qui ne se considèrent pas assez parfaites, je vous encourage à leur faire écouter ce discours de Cameron Russell, une jeune mannequin, présenté lors d'une conférence TED en 2012.



Cette jeune femme réservée, rendue insécure par son métier, raconte à quel point les images qu'on voit d'elle sont en vérité des constructions de toutes pièces qui n'ont rien à voir avec la réalité. Bien que nous le sachions, il est bon de se le rappeler et, surtout, d'éduquer nos enfants dans ce sens. Le pouvoir de l'image est grand et transforme la perception de nos succès et de nos échecs... et ceux des autres aussi.

« Si vous devez retenir quelque chose de mon exposé, j'espère que ce sera que nous nous sentons tous plus à l'aise en reconnaissant le pouvoir de l'image dans la perception de nos réussites comme dans celle de nos échecs. » — Cameron Russell.

La vidéo est disponible en anglais, mais le sous-titrage ainsi que la transcription sont disponibles en français.

12/22/2014

L'austérité a-t-elle sa place en éducation?

Je suis mère de deux enfants d'âge scolaire. L'un suit le cheminement régulier, l'autre est dans un programme adapté pour enfants sur le spectre de l'autisme.

Dans les deux cas, j'ai vu des enseignantes (il y a très peu d'hommes dans la profession) se démener pour trouver des solutions personnalisées pour mes enfants. D'accord, dans certaines situations, j'ai chiâlé, mais au fond, j'ai vu des enseignantes travailler bien au-delà des heures pour lesquelles elles sont payées afin d'aider mes fils.

Tous les ans, je suis convoquée pour le plan d'intervention. Invariablement, les enseignantes de mon aîné et celles de mon cadet conçoivent un plan personnalisé dont le seul but est d'assurer leur réussite scolaire. Ce plan comporte de nombreuses initiatives qui requièrent du temps et de la patience. À chaque fois, je me dis : « Ciel, si toute cette attention est donnée à mon enfant, combien d'heures passent-elles par semaine pour aider l'ensemble du groupe ? ». Les enseignantes font vraiment tout ce qui est en leur pouvoir pour aider mes enfants à aimer apprendre. Elles passent des heures et des heures à inventer des moyens plus originaux les uns que les autres pour que nos petits cultivent leur goût de l'apprentissage et développent leur confiance en eux.

Je suis une mère qui a bénéficié d'une éducation, certes imparfaite, mais suffisamment adéquate pour continuer d'aimer apprendre. Je souhaite que mes enfants poursuivent leur cheminement dans la même veine. L'éducation est le nerf de toute société qui se dit progressiste. Si l'éducation est désormais considérée comme un luxe, je m'inquiète grandement.

Pire, si l'on improvise en éducation, je suis consternée. Le programme éducatif d'une société ne peut être géré à l'aveuglette, à tâtons. La finalité de l'enseignement n'est-elle pas d'apprendre à nos enfants à penser par eux-mêmes et à reconnaître le bonheur d'être autonomes dans leurs pensées et leurs actions ? L'enseignement ne se veut-il pas inclusif, soucieux du bien-être de tous les enfants ? Il n'y a pas de place pour l'improvisation quand la finalité est si noble.

Si nos enfants se perdent dans des classes inhumainement surchargées, si leurs enseignantes sont tellement débordées par la tâche et la gestion de classe, comment pourront-ils atteindre leur plein potentiel ? Et je n'aborde même pas ici la revalorisation de l'enseignement public face à celui qui est dispensé au privé. L'austérité a-t-elle vraiment sa place en éducation ?

Bref, je suis une mère inquiète.





12/14/2014

Le Canada permet toujours les punitions corporelles aux enfants.


43 pays dans le monde interdisent désormais les punitions corporelles aux enfants
43 pays interdisent désormais les punitions corporelles, mais pas le Canada. Quelle est cette « mesure raisonnable » dont parle le Code criminel ? Comment pourrait-on la quantifier ou la qualifier ?

On a tous déjà perdu patience avec nos enfants.

On a tous entendu maman, belle-maman ou une « matante » nous dire : « Donne-lui donc une petite tappe, ce n'est pas la fin du monde ! ».

Une fois, j’ai donné une tappe sur les fesses à mon plus vieux et je me suis sentie comme une mégère directement sortie du Moyen Âge. Comment un adulte, de surcroît un parent, peut-il imposer sa force physique à un tout-petit ?

Au Canada pourtant, c'est permis. Une loi de 1892 autorise les parents à corriger physiquement leurs enfants âgés de 2 à 12 ans :

Tout instituteur, père ou mère, ou toute personne qui remplace le père ou la mère, est fondé à employer la force pour corriger un élève ou un enfant, selon le cas, confié à ses soins, pourvu que la force ne dépasse pas la mesure raisonnable dans les circonstances.  S.R., ch. C-34, art. 43.

En 2004, la Cour suprême du Canada a émis un jugement qui venait préciser la vieille loi du Code criminel. Ainsi, les corrections corporelles pouvaient être administrées à des enfants de 2 à 12 ans si l'enfant pouvait apprendre de cette leçon, si la correction était jugée mineure, si elle n'était pas administrée avec un objet, si elle n'était pas jugée inhumaine, dégradante ou douloureuse, et si elle n'était pas le résultat d'une perte de contrôle, d'une frustration ou d'un comportement abusif de la part du parent.

Pourtant, 43 pays à ce jour ont décidé de rendre illégales les punitions corporelles infligées aux enfants. 

Le magazine Time.com a publié la liste de ces pays et quelques faits étonnants sur le sujet, notamment : alors que les filles sont épargnées par les punitions corporelles en Chine, à Singapour, en Inde et au Qatar, les garçons peuvent légalement recevoir des coups de canne (eh oui !), être fouettés ou battus.

Je ne comprends pas pourquoi le Canada maintient cette loi. Elle n'a plus aucun fondement dans notre société. Suis-je la seule à penser ainsi ?