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| Crédit photo : Daniel Wehner, Creative Commons |
Un jeune homme âgé d'un an de plus que mon fils aîné. Il aurait été victime d'intimidation. Il s'est levé jeudi matin et a décidé que c'était terminé. C'était son seul remède pour faire cesser l'intimidation.
Cela me bouleverse.
Est-ce parce que mon propre fils a presque le même âge ? Parce qu'il a lui-même eu des idées sombres l'an dernier ? Est-ce parce que j'ai moi-même contemplé les rails au même âge ? Est-ce parce que je suis stupéfiée par la méchanceté des jeunes qui intimident d'autre
C'est tout cela à la fois.
Je m'interroge sur notre ouverture collective à accueillir la souffrance. Celle de l'enfant, celle de l'adulte. Avons-nous peur de la douleur des autres ? Notre rapport au bonheur est-il si fragile que nous ne trouvons pas la force de faire face au désespoir d'autrui ? Sommes-nous encore trop habités par une pudeur mal placée qui nous empêche, trop souvent, de porter secours ?
Ce qui me trouble surtout, c'est l'immense désespoir qui a habité ce jeune homme. Un mal qui emprisonne, si envahissant qu'il ne reste qu'à se jeter sous un train pour s'en libérer. Il faut avoir mal « en viarge » pour commettre un tel geste.
Comment un enfant de 15 ans peut-il avoir si mal ? Quinze ans : une vie presque neuve, mais plombée par une souffrance fatale. Comment peut-on ne pas s'en rendre compte ? Comment a-t-il camouflé ce mal ? Comment a-t-il pu endurer cette douleur jusque-là sans que son entourage le sache ? Et si on le savait, pourquoi n'a-t-on pu l'aider
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| Simon Dufour. Source : Radio-Canada |
Cet enfant n'est pas le seul à souffrir. Des milliers d'autres vivent ce mal dans le silence. Dans ce cas-ci, on rapporte que c'est l'intimidation subie à l'école qui aurait mené ce jeune au suicide. Parfois, la souffrance est causée par d'autres facteurs, mais je crois que c'est bien plus profond que cela. D'autres vivent de l'intimidation ou de l'exclusion sans pour autant mettre fin à leurs jours. Ce qui tue, c'est l'impossibilité d'en parler pour que cela s'arrête ; c'est l'incapacité à se libérer de sa souffrance. L'incapacité à entrer en résilience. Peut-on enseigner la résilience ? L'apprendre ?
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| Simon Dufour. Source : Facebook |
Les campagnes de sensibilisation au suicide sont-elles efficaces ?
S'il est difficile, en tant qu'adulte, de vivre avec la souffrance, ce l'est davantage dans un corps d'enfant ou d'adolescent. Peut-on aborder cette question de la même manière avec eux ? Peut-on améliore
Que fait-on pour éviter un drame ? Peut-on s'éduquer pour mieux aider, et pas seulement en situation de crise ? On ne suit pas un cours de secourisme le jour où survient un accident. On le fait en amont, pour être prêt le jour où nous serons témoins d'un drame. Pour la prévention du suicide, ne devrait-on pas avoir une formation qui nous rendrait plus compétents dans nos interventions auprès de nos enfants et de ceux des autres ?
Peut-on élever notre niveau de compétence pour déceler plus adéquatement les causes d'une si grande souffrance et mieux aider nos enfants, nos frères et sœurs, nos amis, nos parents ?



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