Le droit d'être malheureux : au-delà de la tyrannie du bonheur
Au 20e siècle, Yvon Deschamps a érigé le bonheur en monologue célèbre.
En ce début de 21e siècle, la recherche du bonheur est devenue une sorte de convention, le sceau des gagnants et le gagne-pain lucratif d'un million de gourous. Le bonheur est devenu un moyen chic de contourner les échecs
Et pourtant, les échecs et l'adversité existent encore.
Quand nos enfants reviennent de l'éco
Et nous, les parents, quand nous vivons l'échec, avons-nous le droit de le vivre ouvertement face à notre progéniture ? En ce 21e siècle, peut-on être malheureux et vivre nos peines sans se cacher dans le fond de la salle de bain ? Notre recherche du bonheur est-elle si intense qu'elle se doit d'ignorer les petits creux de la vie ? S'il est possible de trouver mille et une façons de nourrir la joie et le bonheur familial, faut-il pour autant cacher tous nos tourments à nos enfants ?
Les déceptions de la vie peuvent-elles être pleinement vécues en famille ? Avons-nous encore le droit, en tant que parent, en tant qu'enfant, en tant que famille, à notre pot de crème glacée, à notre demi-tonne de chocolat et à tous les autres petits plaisirs coupables qui nous permettent d'imprimer nos revers dans le quotidien ? Est-il plus sain de chercher sans cesse un sens positif à nos malheurs que de les accueillir tels qu'ils se présentent, de les vivre sans pudeur, de se consoler et d'apprendre à aimer notre vie même avec ses tracas, sans essayer à tout prix d'en extrapoler une vision positiviste ?
Le bonheur familial doit-il ignorer l'adversité ? Faut-il saouler la famille dans un bonheur niais pour en assurer l'épanouissement ?