2/06/2011

Maman, je ne te vois jamais!

Janvier a été un mois délirant.  Non, pas « délirant » dans le sens de « excitant » ou « follement amusant », mais plutôt dans le sens de épuisant, difficile, fatiguant.  Je n'ai pas été très présente dans la blogosphère, parce que j'étais occupée à gagner ma vie, à planifier le quotidien et au travers, à essayer de vivre un peu.  Or, je me suis absentée ici pour mon cours de zumba, là pour un rendez-vous chez la coiffeuse, ici le temps d'une soirée pour m'évader avec mes copines de filles et quelques journées de travail se sont étirées au-delà de mon horaire habituel.  À ceci se sont ajoutés quelques dimanches de popotte, quelques samedis d'emplettes et de magasinage et un petit massage un dimanche matin.


Et puis un soir, avant le dodo, l'aîné m'a lancé cette phrase « Maman, je ne te vois jamais!».

Mai foi, ai-je été si absente? Si j'additionne les deux heures de zumba par ici, la soirée passée avec les copines, les deux heures là chez la coiffeuse et les quelques journées de travail étirées, la popotte, peut-être ai-je exagéré?   Et même quand j'étais là physiquement, étais-je vraiment présente d'esprit? J'ai été souvent absorbée ce mois-ci et je le suis encore...

Du point de vue d'un enfant de bientôt sept ans, les quelques heures grugées ici et là sont remarquées. C'est la première fois qu'il me fait un commentaire de la sorte. Ce qui pour moi semblait être qu'une petite heure par-ci, une petite heure par-là prend peut-être des proportions inattendues pour mon fils.

J'ai besoin de méditer là-dessus...je me sens un peu prise au piège entre un petit garçon qui a légitimement besoin de moi, et une vie où je gratte les heures ici et là pour me faire un peu plaisir, m'accorder un peu de répit. Est-ce que ça vous arrive aussi de vous sentir ainsi?  C'est un sentiment qui voisine de très près la culpabilité...j'imagine que vous le connaissez...

13 commentaires :

  1. Miroir. Culpabilité quand tu nous tiens. J'essaierais de voir ce qui lui a manqué, au fond de cette affirmation...

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  2. Miroir. Culpabilité quand tu nous tiens. J'essaierais de voir ce qui lui a manqué, au fond de cette affirmation...

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  3. Je te comprends tellement. J'aimerais tellement avoir une heure de plus par jour dévoué à la famille. Pas aux tâches familiales, juste à la famille. Cette fin de semaine on s'est fait notre St-Valentin alors fiston couchait chez les grands-parents (P'tit Clown est né le 13 février, alors notre souper d'amoureux est toujours une semaine avant), bref, dimanche on était chez des copains pour le SuperBowl avec fiston, mais il jouait avec les autres enfants et la semaine j'ai mes cours de karaté et les autres soirs on arrive vers 17h30, il se couche à 19h et ça inclus le souper et le bain. J'ai l'impression que je n'ai que quelques heures par semaine et à peine pour la famille.

    Je rêve tellement faire du temps-partiel et pouvoir offrir des vraies fins de semaine familiale où aucunes tâches nous garderait présent physiquement et non psychologiquement. J'en ai souvent parlé avec mon conjoint et on rame pour qu'il monte dans son poste afin d'avoir un meilleur salaire et que l'on puisse s'offrir ce luxe.

    Enfin tout ça pour dire que vraiment je te comprends.

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  4. Tu as raison et ce qu'il me dit, c'est qu'il aimerait que je sois là pour l'heure du dodo ou encore pour regarder un film avec lui. C'est ce que je fais habituellement, mais en janvier, j'ai raté quelques occasions et lui, il les a remarqué...

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  5. C'est fou car on avait les mêmes discussions ce soir...le rêve de l'heure supplémentaire ou du temps partiel...mais aussi les grandes questions...pourquoi on court ainsi? pourquoi toujours ce sentiment de foncer vers quelque chose qui n'a pas tant de valeur que ça. Bref....ça devient parfois compliqué...Je te souhaite de pouvoir t'offrir le temps partiel!

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  6. Pourquoi on court ? Bonne question. Et si c'est parce qu'on veut offrir tous ces belles choses et ces beaux moments qu'on s'est dit qu'on veut offrir à notre famille. Mais, plus encore, et si on court parce qu'on a peur de ne pas arriver à tout faire ce que la vie offre.

    Aujourd'hui j'entendais à la radio qu'Indie Desjardins à publié un recueil sur Être une femme. Il y a deux mois environ c'était Châtelaine qui parlait des femmes depuis 50 ans. Je me suis mise à réfléchir à ce qu'est une femme. On est tellement de chose, mère, travailleuse, amante, fille, rêveuse, visionnaire, scientifique... Dans le fond, est-ce qu'on ne court pas parce qu'on veut être toutes ces choses à la fois. On nous a offert le droit d'être tout ce que l'on veut être, mais est-ce que ce n'est pas devenu notre devoir de tout être pour celles qui ne peuvent pas ou n'ont pas pu l'être.

    Des fois, je me désole à voir que l’on n’est pas solidaire, qu'on ne change pas ce qui ne marche pas parce qu'il y a un ordre établi. Je me dis, que le gouvernement n'a pas l'argent pour les congés de maternité d'un an et pour les garderies à 7 $ et pourtant c'est un minimum requis dans nos réalités. Est-ce qu'un congé de maternité temps plein de 9 mois avec une réintégration progressive au travail pendant un à deux ans pourrait être une solution. Est-ce que le travail à temps partiel pourrait offrir plus car les parents seraient moins épuisés, que le travail d'équipe stimule la créativité et que la participation active à plusieurs sphère aide à l'estime de soi est aussi utopique que ça.

    Quand je vois des peuples qui se soulèvent pour un meilleur futur, je ne me dis pas qu'on est bien dans notre démocratie, je me dis qu'on devrait se battre pour un projet commun...

    Ouf, désolé je philosophe un peu trop. Tu fais sortir ça en moi à chaque fois
    ;)

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  7. mais pour répondre, je crois qu'on court parce que la vie vaut cette course et qu'en bout de ligne on le sait, on le sent. Toutes ces satisfactions, tous ces casse-têtes, tous ces jours où on peut dire ouf, j'ai fait de quoi aujourd'hui... on le sait sont ceux qu'on aime parce qu'ils célèbrent la vie. Tout ce qu'il faut s'assurer c'est qu'on ne regrettera pas, non pas certains moments (car on aura toujours des regrets passagers), mais notre vie en entier.

    Excuse moi, j'écris sur le moment, je remarque après avoir fait publier qu'il y a beaucoup d'erreur... oups désolé, je vais me dompter et me relire deux fois plutôt qu'une :'(

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  8. J'aime tellement ça quand tu lances d'aussi belles réflexions! C'est vrai que j'ai envie d'être tout à la fois, mais je manque peut-être un peu de discipline pour que tout s'harmonise à la perfection. Je suis fatiguée et parfois je tourne les coins ronds et oui, je me demande parfois si j'aurai des regrets. Regrets de ne pas être "assez" partout tout le temps pour tout le monde. Ou l'inverse : le regret d'avoir essayé d'être "assez" partout, tout le temps pour tout le monde et finalement, de n'être qu'une infime partie de moi-même tout le temps. Ouf, il est tard et j'ai l'impression de ne pas faire beaucoup de sens, mais c'est ainsi que ça sort!!!! Bref, ça fait du bien de te lire!!!!

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  9. Marie l'urbaine2/08/2011 1:12 p.m.

    Ouille. Je suis en congé de maladie depuis la fin de mon congé de maternité (!!! eh oui, ce fut épuisant pour bien des rasons...) et j'appréhende le retour... Justement à cause de ce casse-tête : en travaillant à temps plein, tout le reste - sport, coiffure, popotte, amitiés - se retrouve les soirs et la fin de semaine. C'est quelque chose d'envoyer ces enfants à la garderie et à l'école; c'en est une autre de les voir au compte-goutte qques heures / semaine.
    J'avais un poste à 4 jours; j'en ai obtenu un à 5 jours qui me tentait bcp, pendant mon congé. Maintenant que j'en ai plein les bras avec les 2 enfants, c'est la panique. VIVE le temps partiel ! C'est la solution, à mon avis. Mais les employeurs ne sont pas toujours d'accord... Quel dommage...

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  10. Tu fais du sens, enfin je te comprends.

    Petite anecdote : Hier fiston faisait 40 de fièvre. Je suis restée avec lui toute la journée. Moi qui habituellement doit tout ranger, laver, nettoyer et organiser a tout laissé de côté pour jouer à tous les jeux que mon fils a. Quand il s'est couché pour la sieste, j'ai pris ma douche, manger et regarder la télé sans culpabilité. Je n'ai pas pensé au travail.

    Le pire, c'est que je l'admets, je ne resterais pas toujours à la maison. Une fois que tout serait propre, une fois que j'aurais lu pleins de romans, fait de la peinture et fait mes rénovations, je sentirais qu'il me manque quelque chose... Je crois que c'est ce sentiment de dépassement et d'accomplissement.

    Enfin, j'ai bien aimé ma journée de maladie. J'ai pu câliner mon P'tit Clown et prendre soin de lui, juste de lui. Aujourd'hui c'est mon conjoint qui est resté. La fièvre est tombée, mais il est fatigué. Je suis contente qu'il ne fera rien d'autre que de profité de son fils comme moi hier. Je me suis dit, que ce serait chouette si une fois par saison on se prend tous une journée de maladie en pleine semaine et qu'on s'amuse au musée ou au cinéma ou dans un parc. Va falloir que ça passe au conseil, mais en attendant c'est une belle image sans culpabilité.

    Oh, je viens de penser à quelque chose. À une certaine époque, ma maman faisait ses études et avait deux emplois, bref on ne la voyait pas. Elle m'invitait une fois par mois, juste moi au restaurant (Dunkin Donut's parce qu'elle ne pouvait pas offrir plus, mais c'était chouette qu'en même). J'adorais ça c'était du temps juste pour elle et moi. Le premier mercredi du mois. Elle invitait mon frère et juste lui, le troisième mardi du mois. Ce pourrait être une idée pour que ta fille te sente plus près d'elle... enfin je dis ça comme ça. :o)

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  11. MM a 8 ans. En novembre, alors que c'était difficile, elle m'a dit que je n'étais jamais là, même quand j'étais là. Et elle avait raison. J'arrive du boulot à 19h00, je suis épuisée, affamée, et j'essaie de tout booker pour 20h30, pour m'écraser.Alors de mon arrivée à son dodo, elle entend: dépêches-toi! Prends ta douche! Brosse tes dents!...
    J'ai dit à mon patron que dorénavant, je quitterais à 16h30. De toutes manières, avec une heure de train devant moi et équipée de mon blackberry, j'abats autant de boulot que si j'étais assise à mon bureau, devant mon ordi. Et ça fait une différence énorme: je suis à la maison à 18h00, on a le temps de souper en famille, de relaxer ensemble, et je suis moins stressée.
    Est-ce suffisant? Non. Je rêve moi aussi de temps partiel à 4 jours semaine, question de régler la "domesticité" pour avoir plus de temps les weekends.
    J'apprends aussi à distinguer l'essentiel du superflu. La femme de ménage fait un bon job, et tant pis si entre ses visites, le poil de chat s'accumule.
    Et oui, je me sens coupable. Mais je me soigne! :*

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  12. Il y a maintenant presque deux ans, j'ai été confrontée à ce dilemme (et quand on se voit remettre un petit billet médical d'arrêt de travail, ça a l'avantage d'être clair et direct).

    Je suis retournée au boulot après cinq mois, mais plus la même. Pendant cet arrêt, j'ai regardé ce qui était essentiel, j'ai fait mon "plan triennal" de vie.

    J'ai demandé et obtenu de la part de mon employeur une réduction de tâche alors cette année, j'ai environ 55% de la tâche normale que j'aurais. (ah oui... je précise que je suis enseignante... les aménagements d'horaire ne sont pas fréquents, mais possibles pour les personnes qui en ressentent le besoin).

    Il faut dire aussi que mes deux enfants ont des troubles neurologiques reliés au langage et à la motricité, alors je devais avoir du temps pour tous les rendez-vous, les suivis, etc.

    Je sais que c'est temporaire. Mais pour l'instant, c'est ce qui fonctionne pour moi.

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  13. vic du http://www.lebonheurenfamille.com/2/26/2011 7:55 p.m.

    malgré le fait que je suis à la maison et que nous pratiquons l'instruction en famille, j'entends aussi cette phrase!!! Il m'arrive d'aller au cinéma avec mon chéri, et même si ce n'est que tous les 15 jours, entre les courses et les RDV j'ai parfois en entendant cette remarque une boule au ventre...je comprends...mais ils seront toujours là pour nous dire les choses et ça...c'est bien!:o)

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