4/07/2009

Le travail invisible compte-t-il?

Quand je passe l'aspirateur, quand je popotte, quand j'époussette ou quand mon chum fait le lavage du petit, nous contribuons au produit intérieur brut (PIB) du pays, selon l'Afeas. En 1992, la valeur du travail invisible représentait 34,0% à 54,2% du PIB, soit entre 235 et 374 milliards $ (Selon Statistique Canada, Enquête sociale sur le travail non rémunéré, 1992.)

Le 7 avril 2009 est la 9e journée du travail invisible et l'Aféas profite de l'occasion pour demander à la ministre d’État à la Condition féminine, l’honorable Helena Guergis, de faire en sorte que Statistique Canada évalue et comptabilise le travail non rémunéré, dit «invisible», effectué par les Canadiennes et les Canadiens, et ce, d’ici 2012.

La dernière fois que de telles données ont été compilées pour le Canada, c'était en 1992.

"L’Afeas réitère l’importance pour le Québec et le Canada d’évaluer le travail non
rémunéré au sein de la famille et de la comptabiliser au Produit intérieur brut (PIB), comme
ils se sont engagés à le faire lors de la Conférence internationale sur les femmes, à Beijing.
Particulièrement, en temps de récession, le travail des familles, surtout celui des femmes,
augmentera. Comment les aider si nos gouvernements n’en tiennent pas compte? "

Réaliste?

4/05/2009

France : promouvoir la parentalité auprès des employeurs

À l'automne dernier en France, l'Observatoire sur la responsabilité sociale des entreprises (ORSE) a publié un guide (téléchargeable gratuitement en pdf) pour sensibiliser les employeurs aux besoins des parents, en particulier des mères. Saviez-vous qu'il était normal en France de rester au bureau jusqu'à 19h? Comment y arrive-t-on si la garderie ferme à 18h00 ou si l'école se termine à 16h30? À lire sur le blogue de Maman travaille.

Aujourd'hui, Maman travaille reproduit un article du 20 minutes.fr qui comporte une liste de questions qui sont régulièrement posées en entrevue par les employeurs français. C'est à s'étouffer! En voici quelques exemples :

  • Quel âge avez-vous ?
  • Souhaitez-vous avoir un enfant dans les prochains mois ?
  • Quelle solution avez-vous pour faire garder vos enfants ?
Vous a-t-on déjà posé ces questions en entrevue d'embauche?

4/04/2009

Les mamans travaillent de plus en plus au Québec

Si vous avez l'impression que la plupart des mères de famille de votre entourage ont un emploi rémunéré, vous ne vous trompez pas.

Le 1er avril, l'Institut de la statistique du Québec - qui célébrait son dixième anniversaire - a publié des données inédites (pdf) sur l'évolution de la participation au marché du travail des femmes et des hommes au Québec depuis dix ans.

De manière générale, les conditions des femmes en emploi s'améliorent et celles qui ont des enfants travaillent de plus en plus, même celles qui ont des enfants d'âge préscolaire.

Ainsi, en 2008, les femmes de 25 à 44 ans ayant des enfants d'âge préscolaire (moins de 6 ans) travaillent davantage à temps plein qu'en 1999 (plus de 80 % contre 76,8 %) et occupent de moins en moins des emplois offrant une rémunération horaire, en dollars constants, inférieure à 15 $ (37,5 % contre 48,3 %).

Source : Netfemmes Actualité

4/03/2009

Maman solo

Une de mes amies célibataires avait une grande nouvelle à m'annoncer la semaine dernière. Elle ne m'a donné aucun indice avant la soirée et toute la semaine, je me suis interrogée :

S'agissait-il d'une promotion? D'un grand voyage à l'étranger? D'un nouveau chum, peut-être? D'une publication? D'un soudain retour aux études? J'avais pensé à tout, sauf à ça.

Une fois attablées au resto, elle s'exécuta : "je suis enceinte", m'annonça-t-elle, avec le regard brillant d'une femme qui porte la vie en elle.

Et elle me raconta son parcours et sa réflexion : maintenant âgée d'un peu plus de 35 ans printemps, elle savait qu'elle ne pourrait pas passer le reste de sa vie sans fonder une famille. L'homme idéal ne s'étant pas encore pointé, elle a décidé de passer à l'acte en solo. Trois visites en clinique de fertilité plus tard, son vœu était exaucé.

***
Mon amie n'est pas la seule dans sa situation. Aux États-Unis, on estime qu'environ 40% des femmes enfantent en dehors des liens du mariage et qu'environ la moitié d'entre elles sont des mères célibataires. Parmi ces mères célibataires, une part croissante de femmes décident de prendre les moyens pour fonder une famille d'elles-mêmes. Elles sont éduquées, bien nanties et ont une vie professionnelle enrichissante. Certaines adoptent leurs enfants, d'autres choisissent un donneur anonyme ou semi-anonyme. Souvent, après un premier enfant, elles optent pour un deuxième.

Au Canada, il n'existe pas encore de statistiques permettant de connaître le nombre exact d'enfants issus de mères célibataires par choix (ou adoptés par elles), mais le phénomène gagne aussi en popularité, même si ce n'est pas encore une situation courante. Même des hommes célibataires décident de tenter l'aventure du "parenting" en solo. En Grande-Bretagne, le phénomène des mères célibataires était documenté dès le début des années 2000.

Ce choix, bien que de plus en plus populaire, ne fait pas l'unanimité, tant aux États-Unis qu'au Canada. Pour les uns, ces mères représentent une menace à l'institution du mariage (en plus de causer du tord à leurs enfants en les privant d'une présence masculine. Voir cet article du même auteur). Au Canada, une chroniqueuse du National Post accusait récemment les mères célibataires par choix de ruiner la vie de leurs enfants. Rien de moins! La publication en 2007 d'un guide à l'intention des nouvelles mères célibataires a d'ailleurs causé tout un émoi aux États-Unis et en Grande-Bretagne (Knock Yourself Up, par Louise Sloane).

En 2006, Rosanna Hertz, une sociologue américaine, a publié un ouvrage dans lequel elle faisait le bilan de ses recherches auprès de 65 mères célibataires par choix. Dans Single by Chance, Mothers by Choice, elle a découvert que la plupart de ces femmes sont loin d'être des révolutionnaires de l'ordre établi : au contraire, elles font tout pour se conformer et éduquent leurs enfants selon des valeurs plutôt tradionnelles. Et quel est l'impact pour les enfants? Les études divergent. Certes, selon certaines études les enfants provenant de familles monoparentales auraient de moins bons résultats à l'école, mais ce n'est pas tant la structure familiale que le revenu qui influence leur performance. Une autre étude, celle-là plus récente (2008), fait ressortir que les mères monoparentales (toutes catégories confondues) passent malgré tout beaucoup plus de temps avec leurs enfants qu'on ne l'aurait pensé.

Dans Google, il suffit de chercher "single mothers by choice" pour trouver une myriade de ressources pour les femmes qui optent pour la maternité en solo. Il existe plusieurs organismes dont Single Mothers ou SingleMothersbyChoice, aux États-Unis.

Les témoignages de ces mères sont nombreux et variés : celle-ci a choisi de devenir enceinte avec le premier venu, celle-là a choisi l'insémination artificielle. Ces Québécoises ont choisi d'adopter leurs enfants. Une autre raconte que c'est parfois un choix difficile à assumer, mais n'exprime aucun regret.

***
Mon amie connaîtra la joie de donner la vie et je la félicite pour son audace. Même si sa petite famille sera non-traditionnelle, elle aura les mêmes défis que toutes les autres mères. Bien sûr, elle devra trouver des réponses à des questions comme "Qui est mon papa?", mais en tant que parents, ne sommes-nous pas constamment mis au défi par nos enfants? Ne nous posent-ils pas régulièrement des questions pour lesquelles nous n'avons pas toutes les réponses? Alors, pourquoi pas! Je te souhaite la plus belle expérience qui soit, chère amie!

Mère toxique?

À la lumière des nombreux drames familiaux qu'a connu le Québec depuis quelques mois et encore cette semaine, la journaliste Marie-Claude Lortie a publié ce matin une chronique fort pertinente sur la peur qu'ont certaines mères de porter en elles le germe qui leur permettrait de mettre fin aux jours de leur progéniture.

Quand les médias rapportent un infanticide, des mères- en particulier de nouvelles mères - s'interrogent sur leur propension à commettre aussi un tel crime. Comment une mère en vient-elle à tuer ses enfants?