2/15/2013

La différence






La norme, c’est l’humanité

On ne sait trop pourquoi, mais à chaque tournant de notre vie, on trouve toujours des gens pour nous inspirer. C'est ce qui m'est arrivé cette semaine quand j'ai revu une grande amie de l'université.

Elle aussi a un enfant « différent ». Comme moi, elle déteste qu'on le désigne ainsi.

Nos enfants sont tous différents. En tant qu'adultes, nous sommes tous différents aussi, mais l'être humain aime créer des petites cases, des catégories, des exceptions. On aime catégoriser les gens, leur mettre des étiquettes sur le front : blancs, noirs, jaunes, rouges, végétariens, homos, riches, pauvres, déficients, TSA, TED, whatever fits. C'est rassurant de croire qu'on fait partie de la norme, mais de quelle norme au juste ? Nous sommes tous des êtres uniques. La seule norme qui existe est l'humanité.

Tout être humain a des besoins d'être humain. Qu'il lui manque un bras, deux jambes, la moitié d'un chromosome ou qu'une partie de son cerveau se développe différemment ; qu'il préfère le brocoli au steak ou qu'il soit attiré par ses semblables ; qu'il soit d'une couleur ou d'une culture en particulier, il demeure un être humain. 

Pour s'épanouir, l'être humain a besoin d'amour, de reconnaissance, d'attention, de respect. Il a besoin de savoir qu'on l'aime comme il est, avec ses sentiments, ses forces, ses faiblesses. That's all ! Et dans cette perspective, il n'est pas différent des autres. C'est bien pratique de catégoriser nos enfants afin de recevoir une subvention spéciale pour une situation de handicap, mais c'est triste de savoir que l'humanité toute entière voit d'abord les différences plutôt que les points communs.

Mon enfant a peut-être un diagnostic de trouble du spectre de l'autisme (TSA pour les intimes), mais le vôtre a peut-être autre chose. Il a peut-être les pieds ou les dents croches, un souffle au cœur, une maladie dégénérative, un penchant pour le brocoli, un trouble du comportement, une dyspraxie, une dysphasie, un trouble d'apprentissage ou God knows what. C'est une caractéristique parmi tant d'autres. 

Quand je regarde mon fils, je vois d'abord un petit garçon souriant, heureux, qui aime la musique, adore les Angry Birds, les camions, les petits bonhommes à la télé, qui déteste le poulet mais qui aime le poisson et, surtout, qui a besoin que son père, sa mère et tous ceux qui l'entourent reconnaissent tout son potentiel en tant qu'être humain.

Mon fils a peut-être un TSA, mais il est un million d'autres choses en plus. Et en ce sens, il n'est pas différent de tous les autres enfants. Certes, on doit lui donner l'aide adéquate dont il a besoin pour s'épanouir, mais en quoi cela le rend-il différent des autres ? Nos enfants ont tous besoin d'aide pour s'épanouir. Et cette aide doit être adaptée à leurs besoins.

Mon enfant est différent du vôtre, mais le vôtre est différent du prochain. Quand vous croiserez un parent avec un enfant « différent », commencez d'abord par vous dire que c'est un parent avec un enfant. Point à la ligne. 

La « différence », c'est vous qui la portez dans votre regard, dans vos questions maladroites, dans vos sous-entendus, dans votre malaise à tolérer cette fameuse singularité. Quand on est parent, tout ce qui importe, c'est le bonheur de notre enfant. Et en ce qui me concerne, la valeur de mon fils ne se trouve pas dans son diagnostic. C'est plutôt sa petite personne, dans son ensemble, qui le distingue de tous les autres. Et je sais aussi qu'il fera une différence dans la vie des autres. Et ça, je vais toujours le célébrer.

Amen.

2/05/2013

Madame Chose : un blogue d'histoires de bonnes femmes

Un petit billet pressé en ce milieu de semaine.

Ça fait des semaines que je lis Madame chose et qu'elle me fait rire aux larmes.  C'est de la fiction qui a tellement l'air vraie (ça s'accorde avec fiction?).  Chapeau à son auteure - Geneviève Pettersen - qui, avec ses statuts Facebook complètement hilarants m'a entièrement accrochée.  Oui, c'est elle qui chaque jour nous donne un conseil précieux tel que celui d'aujourd'hui : « Conseil du jour : la jeune femme moderne devrait s'exiler sur une plage et s’enivrer le matin ».  J'l'adore!

Cette fille a vraiment le sens de la formule.  Si c'était un samedi, je vous en parlerais plus longuement, mais puisque c'est mardi et que j'ai un million de choses à faire, je vous laisse la découvrir.  Vous m'en donnerez des nouvelles....Ah oui, et je ne suis pas payée ni récompensée pour vous parler de cette découverte.  Ça vient du fond du coeur ;-)


2/02/2013

Blues hivernal et semaine nationale de prévention du suicide

Ma semaine a commencé de travers lorsque lundi j'ai oublié que mon aîné avait une sortie aux glissades de Eastman.  Au lieu de lui mettre un sandwich dans son lunch, je lui ai préparé un repas à réchauffer au micro-ondes.  Et pour ajouter au désarroi du directeur du service de garde - qui m'a fait sentir ben désorganisée - j'ai même oublié une deuxième paire de mitaines pour le périple.  Je me sentais tellement poche.  Heureusement, vous m'avez bien fait rigolé en partageant vos propres histoires de lunchs oubliés...

Je vous raconte cette anecdote parce qu'elle est arrivée à un moment où j'ai une grosse baisse d'énergie.  Je suis fatiguée et je ne suis pas entièrement moi-même.  J'oublie des choses importantes et j'obsède sur d'autres qui le sont beaucoup moins.  M'organiser adéquatement exige de moi un effort alors que ça me vient naturellement en d'autres temps.  C'est une accumulation des événements de la dernière année, d'un million de tracas, de peines grandes et moins grandes qui culminent dans mon système en ce creux hivernal.  Par expérience, je sais que ces petits signaux doivent être pris au sérieux et que je dois m'occuper de mon bien-être en priorité, pour éviter que ça dégénère.


Cela dit, en cette semaine nationale de prévention du suicide qui commence demain, je pense qu'il est important de parler de ces signaux d'alarme.  On ne se suicide pas parce qu'on fait une déprime hivernale ou même une dépression plus sévère, mais oui, ça peut mener jusque-là selon la perception qu'on a de ses problèmes et de l'intensité de sa souffrance, surtout si on a pas de soutien. La campagne de l'Association québécoise de prévention du suicide met en vedette plusieurs personnalités ainsi que Julie Philippon, une mère blogueuse que j'admire beaucoup.  Je vous encourage à écouter son témoignage très touchant sur la thématique Le suicide n'est pas une option.



Les facteurs qui prédisposent et contribuent à prendre cette décision fatale sont multiples, mais la santé mentale en est souvent au coeur. Au Québec, la mortalité par suicide emporte un peu plus de 1 000 personnes par année, soit trois personnes par jour. Chez les femmes, celles âgées de 35 à 49 ans et de 50 à 64 ans présentent les taux de suicide les plus élevés (respectivement 10,0 et 9,9 décès par 100 000), selon l'Institut national de santé publique du Québec.

Si je parle de ce sujet, c'est parce que je sais qu'il y a bien des parents qui vivent des moments difficiles et qui ne sont pas toujours assez bien entourés pour trouver du soutien.  Oui, les ressources manquent pour venir en aide aux parents en détresse et le sentiment d'isolement peut facilement nous gagner. Ou parfois, les tabous, la gêne, la peur d'être jugé nous retiennent.  Une déprime hivernale n'est en rien comparable à une dépression grave, mais il faut porter attention aux symptômes qui nous habitent. Ce qui peut paraître anodin un jour peut s’aggraver le suivant.  Et si des idées noires surgissent, je vous encourage à en parler.  Vous n'êtes pas seuls, ça arrive à bien du monde.

Semaine nationale de prévention du suicide

Si vous vous sentez en détresse - ou pour soutenir une personne de votre entourage qui pourrait l'être - appelez la ligne d'aide : 1 866 APPELLE (277-3553)

Pour les parents qui auraient besoin d'un moment de répit urgent, la Maison Kangourou pourrait vous aider à reprendre le dessus.   La Maison Kangourou offre des services d’urgence et de première ligne en matière d’hébergement pour les enfants dont les familles vivent une situation difficile passagère telle que : relationnelle (divorce, séparation), santé (épuisement, fatigue extrême, annonce, verdict d’une maladie grave, perte d’un être cher), situationnelle (convocation à l’extérieur dans le cadre d’un emploi), économique (perte d’emploi), etc.

Pour vous renseigner sur la dépression, je vous invite à consulter le site La dépression fait mal. 

Faut en parler.  On est souvent bien moins seuls qu'on ne le croit.