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3/29/2013

Le parent conjugué à l'imparfait

Parents et profs : dans la même équipe ou l'un contre l'autre ?

Mars a été un mois de fou. Dans le passé, c'était le mois qui me paraissait le plus long de l'année. Cette année, je n'ai rien vu passer. Avril est déjà là, avec les oies blanches et les canards qui croisent le ciel pour nous dire que le printemps arrive pour de vrai.

Une réflexion a pourtant retenu mon attention ce mois-ci, et c'est celle de Julie sur le blogue Joyeuses catastrophes. Son billet, intitulé 10 choses que les profs ne disent pas, m'a inspiré un grand malaise. Cette enseignante a bien des choses à nous reprocher, à nous, les parents.

Au-delà du propos, le ton est agressant. Agressant, car on sent bien que le reproche est généralisé et manque de nuance. En fait, c'est à se demander si cette enseignante, qui est elle-même mère de trois enfants, se croit plus parfaite que nous toutes. Je présume qu'elle me répondrait que non, mais dans sa façon de dire les choses, on se sent bien plus qu'imparfaites sous son regard.

Néanmoins, elle a raison sur de nombreux points. Oui, nous travaillons trop ; oui, on se chicane devant nos enfants ; oui, on pense que nos enfants sont uniques, merveilleux et parfois irréprochables ; oui, on s'offusque parfois de se faire dire que nos rejetons sont moins parfaits qu'on les avait imaginés ; oui, peut-être que nous ne les encourageons pas toujours assez ; peut-être ont-ils besoin de passer plus de temps avec nous (et pas juste avec maman, en passant) ; oui, nous sommes parfois — souvent, peut-être — inconstants et incohérents ; et oui, ça m'énerve quand je trouve des fautes d'orthographe dans le matériel pédagogique de mon enfant (nous sommes toutes des reines du multitasking, en passant, ce n'est pas réservé aux enseignantes).

Sommes-nous de si mauvais parents pour autant ? Peut-être. Peut-être pas. En fait, ce qui manque dans le billet de Julie, c'est un peu de perspective. À toutes les époques, il y a eu de mauvais parents. Il y a eu et il y aura toujours des parents narcissiques, égocentriques, violents, négligents, inattentifs aux besoins de leurs enfants et même carrément irresponsables. Ça, c'est inévitable et très triste, car n'importe quel « tata » peut se reproduire. Mais au-delà de ça, il y a le parent ordinaire.

Le parent ordinaire est le parent que je suis, que vous êtes sans doute aussi. Un parent qui apprend à le devenir depuis le jour de la conception. Un parent qui se trompe, un parent qui aime parfois trop, parfois pas assez, qui aime mal aussi, parfois. Si enseigner n'est pas un métier facile, et mon admiration est sans borne pour les nombreux profs qui se démènent sans compter,  il n'en demeure pas moins qu'être parent ne l'est pas non plus, et ne l'a jamais été, d'ailleurs.

Quand notre rejeton fréquente l'école, on doit s'adapter à cette réalité. Tout à coup, ce beau poupon qu'on a porté, admiré et cajolé devient un petit bonhomme ou une petite bonne femme qui doit, à son tour, se mesurer au système. En tant que mère, je dois prendre conscience que mon enfant a des difficultés, qu'il n'écoute pas toujours les consignes, qu'il se révolte aussi parfois parce qu'il trouve le système trop rigide ou tout simplement parce qu'il ne comprend pas encore tout à fait pourquoi il doit aller à l'école. Et si parfois je me sens « toute croche » en ressortant d'une rencontre avec un enseignant, c'est que je sens le ton du reproche. Dans leur tête, l'équation est simple : si mon enfant a des difficultés, s'il est rebelle, s'il ne comprend pas son problème de math, c'est de ma faute à moi, le parent.

Il est beaucoup plus facile de blâmer que d'essayer de voir au-delà. Pourtant, de mauvais profs, ça existe encore et il y en aura toujours. Certes, on respecte les bons, les dévoués, ceux qui ont la vocation. Mais comme ailleurs, il y a des profs qui sont mauvais, et ce sont ceux-qui, souvent, se croient irréprochables. Nos enfants sont aussi des êtres à part entière. On pourrait être des parents parfaits et nos enfants pourraient quand même être imparfaits. Je fais de mon mieux, mais je ne serai jamais parfaite, mon enfant non plus.

Quand mon fils me dit qu'il a envie de passer plus de temps avec moi, je l'écoute. On se parle, on échange, on partage. Parfois, on se chicane parce que je dis non. Parfois, il me met hors de moi parce qu'il s'obstine, mais on s'aime même si on est profondément imparfaits. Nous savons aussi que les profs ne sont pas parfaits et, pourtant, on les aime pareil... Plus important encore, je dis à mon fils qu'il va à l'école pour lui-même, et non pour moi ou pour le prof. Ma job de parent, c'est de responsabiliser mon fils. Que je sois une bonne mère ou pas, que ses profs soient bons ou poches, c'est son avenir qu'il apprend à diriger.

Quand on dit qu'il faut tout un village pour élever un enfant, cela ne signifie pas qu'on souhaite se déresponsabiliser comme parent. À mes yeux, ça signifie plutôt qu'on doit faire équipe : parents, éducatrices, enseignants, médecins, psychologues, travailleurs sociaux, etc. Nous sommes là pour aider nos enfants à devenir des adultes heureux et épanouis. 

En fait, ça va même plus loin : on doit faire équipe avec nos enfants, pas seulement entre nous. Et quand on est tous dans la même équipe, on ne se tire pas dessus.

2/15/2013

La différence






La norme, c’est l’humanité

On ne sait trop pourquoi, mais à chaque tournant de notre vie, on trouve toujours des gens pour nous inspirer. C'est ce qui m'est arrivé cette semaine quand j'ai revu une grande amie de l'université.

Elle aussi a un enfant « différent ». Comme moi, elle déteste qu'on le désigne ainsi.

Nos enfants sont tous différents. En tant qu'adultes, nous sommes tous différents aussi, mais l'être humain aime créer des petites cases, des catégories, des exceptions. On aime catégoriser les gens, leur mettre des étiquettes sur le front : blancs, noirs, jaunes, rouges, végétariens, homos, riches, pauvres, déficients, TSA, TED, whatever fits. C'est rassurant de croire qu'on fait partie de la norme, mais de quelle norme au juste ? Nous sommes tous des êtres uniques. La seule norme qui existe est l'humanité.

Tout être humain a des besoins d'être humain. Qu'il lui manque un bras, deux jambes, la moitié d'un chromosome ou qu'une partie de son cerveau se développe différemment ; qu'il préfère le brocoli au steak ou qu'il soit attiré par ses semblables ; qu'il soit d'une couleur ou d'une culture en particulier, il demeure un être humain. 

Pour s'épanouir, l'être humain a besoin d'amour, de reconnaissance, d'attention, de respect. Il a besoin de savoir qu'on l'aime comme il est, avec ses sentiments, ses forces, ses faiblesses. That's all ! Et dans cette perspective, il n'est pas différent des autres. C'est bien pratique de catégoriser nos enfants afin de recevoir une subvention spéciale pour une situation de handicap, mais c'est triste de savoir que l'humanité toute entière voit d'abord les différences plutôt que les points communs.

Mon enfant a peut-être un diagnostic de trouble du spectre de l'autisme (TSA pour les intimes), mais le vôtre a peut-être autre chose. Il a peut-être les pieds ou les dents croches, un souffle au cœur, une maladie dégénérative, un penchant pour le brocoli, un trouble du comportement, une dyspraxie, une dysphasie, un trouble d'apprentissage ou God knows what. C'est une caractéristique parmi tant d'autres. 

Quand je regarde mon fils, je vois d'abord un petit garçon souriant, heureux, qui aime la musique, adore les Angry Birds, les camions, les petits bonhommes à la télé, qui déteste le poulet mais qui aime le poisson et, surtout, qui a besoin que son père, sa mère et tous ceux qui l'entourent reconnaissent tout son potentiel en tant qu'être humain.

Mon fils a peut-être un TSA, mais il est un million d'autres choses en plus. Et en ce sens, il n'est pas différent de tous les autres enfants. Certes, on doit lui donner l'aide adéquate dont il a besoin pour s'épanouir, mais en quoi cela le rend-il différent des autres ? Nos enfants ont tous besoin d'aide pour s'épanouir. Et cette aide doit être adaptée à leurs besoins.

Mon enfant est différent du vôtre, mais le vôtre est différent du prochain. Quand vous croiserez un parent avec un enfant « différent », commencez d'abord par vous dire que c'est un parent avec un enfant. Point à la ligne. 

La « différence », c'est vous qui la portez dans votre regard, dans vos questions maladroites, dans vos sous-entendus, dans votre malaise à tolérer cette fameuse singularité. Quand on est parent, tout ce qui importe, c'est le bonheur de notre enfant. Et en ce qui me concerne, la valeur de mon fils ne se trouve pas dans son diagnostic. C'est plutôt sa petite personne, dans son ensemble, qui le distingue de tous les autres. Et je sais aussi qu'il fera une différence dans la vie des autres. Et ça, je vais toujours le célébrer.

Amen.

11/10/2011

Ne m'appelez pas maman!

Chère publicité : je ne suis pas qu'une « maman »

C'est grâce à un commentaire de Cécile que ce billet m'est venu. Il a littéralement explosé dans ma tête et il s'écrit presque tout seul. Quand je suis irritée, j'écris tellement facilement.

Mais qu'est-ce qui peut bien m'agacer ainsi ce matin ? Non, je ne me suis pas cogné le petit orteil sur le pied du lit et je n'ai pas renversé mon café. J'ai tout simplement eu une autre preuve que, dans le monde de la pub, il y a encore des gens qui n'ont pas remarqué que la société a évolué. L'objet de ma crisette est cette pub qui nous annonce que les mamans pressées seront contentes d'apprendre qu'elles peuvent désormais servir des crêpes toutes faites à leurs enfants ! Eh oui, le miracle tant attendu est arrivé, les amies ! Vous pouvez ranger votre tablier... Plus besoin de faire des crêpes à vos enfants le matin ! (Hein ?)

Ce message est dépassé, complètement anachronique. D'abord, pourquoi ne s'adresse-t-on qu'aux « mamans » ? Au 21e siècle au Québec, il y a tout plein de papas qui s'occupent aussi des petits à l'heure du petit-déjeuner. Même s'il est vrai que les femmes sont encore majoritairement celles qui font les choix de consommation dans la maisonnée (et en plus, elles seraient plus responsables dans leurs choix), il n'en demeure pas moins que cette approche de la « maman pressée » qui a absolument besoin d'un autre produit pré-usiné pour satisfaire l'appétit de ses enfants commence à m'énerver.

Ensuite, le ton lui-même me rend mal à l'aise : quand on vous parle à titre de « mamans », n'avez-vous pas l'impression qu'il y a un petit quelque chose d’infantilisant dans la manière de vous aborder ? Il n'y a que mes enfants qui ont le droit de m'appeler maman et c'est leur plus grand privilège. C'est un mot d'amour qui nous unit dans une relation unique et personnelle. Pour les autres, je suis une femme, une conjointe, une mère, une sœur, une amie, une professionnelle, une citoyenne, une consommatrice, mais pas une « maman ». La plus grande erreur que l'on puisse faire pour essayer de me vendre un produit, c'est de m'interpeller ainsi.

Et là, je ne commenterai même pas la nature du produit en tant que tel. D'abord, parce que je n'ai pas lu la liste des ingrédients. Deuxièmement, je doute d'avoir besoin d'un tel produit car il suffit de si peu pour nourrir ses enfants adéquatement le matin : du pain de blé entier, du fromage, du beurre d'arachides, des fruits, du gruau, des céréales, des œufs à la coque, du lait. 

Qu'a-t-on besoin de plus ?

10/30/2011

Esprit d'Halloween : kétaines et assumés !




Chez nous, cette année, l'Halloween est célébré sans grand flafla...

Zéro bricolage, zéro créativité. Juste des trucs achetés, préfabriqués quelque part en Chine, là où on sait à peine de quoi il s'agit (les Chinois ont une autre occasion de se raconter des peurs, la Fête des fantômes). Bref, chez nous, on a choisi tous les raccourcis les plus ordinaires, les moins écolos (mes amies Josée et Fabienne vont m'arracher la tête...), les plus « walmartisés ».

Détrompez-vous, je n'en suis pas fière, mais c'était toute l'énergie que j'avais à consacrer à cette fête qui ne dure que quelques heures.

Ainsi, on a acheté un costume neuf à l'aîné et un autre pour le petit (aucun des déguisements que nous avions en stock ne lui allait), une grosse boîte de barres de chocolat et... mon conjoint a acheté cette horrible décoration à la dernière minute !

Une grosse citrouille décorée aurait fait l'affaire ! Ce gros minou gonflable n'était vraiment pas inscrit à ma liste d'achats, mais parfois, il faut lâcher prise... Cette année, nous serons les kétaines assumés du quartier !

5/13/2011

L'insaisissable détresse humaine

Personne ne peut demeurer indifférent à cela. Comme tout le monde, j’ai lu et entendu le récit innommable du cardiologue qui a tué ses enfants. Quand j’ai vu les photos et, pire encore, la vidéo des enfants vivants au club vidéo, j’ai physiquement ressenti de la douleur. Douleur pour les enfants qui ont probablement souffert le martyre, douleur pour la maman qui souffrira toute sa vie, douleur pour les grands-parents paternels qui ont perdu leurs petits-enfants et leur fils qui s’est transformé en meurtrier. Douleur pour la famille de la maman. J’ai même senti de la douleur pour cet homme qui n’échappera jamais à l’odieux crime qu’il a commis.

En regardant les photos, je voyais en même temps toutes nos photos de famille, à nous. Qui ne peut s’identifier à cette famille, du moins en apparence ? Nous avons tous les mêmes clichés de famille : de beaux enfants, des anniversaires, des vacances, des sourires et l’impression que c’est pour la vie. En tuant ses enfants, cet homme a aussi un peu assassiné tous les enfants et toutes les familles. Il a assombri nos souvenirs de vacances et nos anniversaires. Il a aussi créé un doute dans l’esprit de bien des hommes et des femmes : si lui, un homme jadis respecté de sa communauté, instruit et considéré comme un bon papa, a pu commettre un tel crime, personne n’est véritablement à l’abri.

Cette histoire me renverse totalement. Toutes les fois que je regarde mes enfants, j’ai seulement envie de les prendre et de les serrer fort. Je regarde leurs petits ventres et je ne peux pas comprendre comment quelqu’un a pu commettre un geste si violent envers ses propres petits. Je n’y comprends rien. Même dans la folie, n’a-t-on pas un éclair de bon sens pour nous empêcher d’agir ainsi ? La mère en moi ne peut simplement pas supporter ce crime. Toutes les fois que je vois les photos, une partie de moi souhaite que ces deux petits anges reviennent parmi nous. Oui, je pense que j’attends un miracle...

Le plus triste, c’est qu’il y a eu d’autres drames familiaux de la sorte après celui-là. Et, plus malheureux encore, il y en aura d'autres. Fera-t-on un jour la lumière sur cette détresse insaisissable qui pousse un parent à tuer ses enfants ? En tant que collectivité, pouvons-nous espérer trouver des moyens pour empêcher l’infanticide ? Quels sont les signes précurseurs qui nous permettraient d’éviter de tels drames ? Et même si on créait une sorte de refuge temporaire où déposer les enfants en cas de détresse, est-ce que cela aiderait vraiment à sauver quelques vies ? Quand on vit ce type de dérangement de l’esprit, la raison peut-elle reprendre le dessus le temps de mettre ses enfants à l’abri ?

À la maman, je ne peux que souhaiter d’avoir de l’aide, de ne pas traverser cet horrible désert toute seule. Je ne sais pas comment elle fait pour tenir le coup.

La résilience est-elle vraiment possible dans un cas comme celui-là ?

9/25/2010

Grippée et maganée

Le microbe qui ne voulait pas mourir

Si je n'ai pas écrit depuis une semaine, c'est que je suis aux prises avec une espèce de grippe à retardement qui n'en finit plus de finir. 

Hier, je n'ai pas dormi de la nuit, complètement prise d'assaut par une toux qui voulait ma peau.

Ce soir, ce n'est pas tellement mieux. J'ai des courbatures et l'air hagard.

Je vous reviens dès que je me serai débarrassée de mon terrible microbe.

Bon dimanche demain... (et dire que je devrai quand même aller faire la %$&*+&?%$/| d'épicerie... argh...).

9/09/2010

Il marche! Mon bébé marche!

Ces moments nous rendent toujours un peu émotifs....Alors voilà, mon bébé de 13 mois n'est déjà plus un bébé...il marche!   Et c'est bien un gars...regardez comme il semble heureux de tenir la télécommande!!!!

11/01/2009

Que signifie la maternité pour vous? (Bis)


 La semaine dernière, je vous présentais la bande annonce du film Motherhood.  Pour participer à un concours, l'héroine du film doit essayer d'écrire, en 500 mots, ce que signifie pour elle la maternité.  Et je vous demandais si vous étiez capables, vous aussi, de relever ce défi.

L'une d'entre-vous, dont le pseudonyme est Evely a composé un si beau texte que je lui ai demandé la permission de le publier.  Bonne lecture!  Moi j'en ai eu des frissons en le lisant.  Merci Evely!

La maternité c’est moi tout simplement. C’est l’inquiétude, c’est l’amour inconditionnel, c’est les petits moments douillets, c’est les moments d’exaspérations, c’est le jour et c’est la nuit. Je pourrais dire que je grandis au travers de mon enfant, que je redécouvre la vie grâce à l’émerveillement dans ses yeux, mais la maternité c’est tellement plus que ça.

Le matin quand on entend les gazouillis de son enfant, bien que des fois nos yeux sont encore tout bouffis, un frisson de joie nous pénètre quand on voit le sourire matinal du petit héritier. La préparation du déjeuner et de tous les repas, ce calcul semi-académique des portions, de la variété et de la qualité des aliments nous donne presque des crises d’urticaire, et pourtant on y changerait rien, au contraire, on en redemande des casse-têtes du genre. À tout moment une panique nous prend à savoir si notre petit roi est assez habillé, a-t-il chaud, a-t-il froid, est-il mouillé ? Est-ce qu’on stimule l’enfant assez, est-ce qu’on devrait en faire plus… Il est tellement facile de paniquer, mais dès qu’on voit le visage radieux du petit bambin notre rythme cardiaque diminue et la simplicité de la maternité revient à nous. Car, c’est vraiment simple la maternité, c’est l’amour. Notre chérubin ne demande rien de moins et dans le fond, rien de plus.
 

Je me rends compte que la maternité est une belle aventure qui commence bien avant la naissance du petit poupon. J’étais adolescente et je vivais déjà un type de maternité. Je gardais des petits marmots et j’avais cette inquiétude maternelle envers eux. Je protégeais mon grand frère contre vent et marrée comme je le fais pour mon fils aujourd’hui. Je chérissais le rêve d’avoir une famille et je faisais grandir ce rêve dans ma tête, comme je la vie aujourd’hui.

La maternité ne veut pas dire être une ménagère hors-paire. En fait, ça na rien à voir. L’organisation digne d’un planificateur n’a rien à voir avec la maternité non plus. La maternité c’est cette relation que l’on a avec notre petite tribu. Comment décrire ce sentiment qui nous permet de déplacer des montagnes pour que les nôtres soient bien, soient heureux. Quand je regarde autour de moi, je vois mille et une petites choses que je dois faire dans la maison pour que tout soit parfait, mais je laisse tout tomber quand papa et fiston demandent que je vienne leur lire une histoire. La maternité c’est savoir prioriser. L’argent ça se gagne, ça se perd, le ménage c’est toujours à refaire, l’heure du bain reviendra demain, mais la chaleur de la famille reste.

Quand j’ai fini mes études, je ne savais pas ce que je ferais de mes dix doigts. Je me cherchais dans tous les coins. Je prenais des cours pour découvrir qui je suis et ce que je devrais faire pour me compléter. Aujourd’hui que j’ai mon premier enfant, j’ai compris ce qui me manquait. Ma seule raison pour avoir des enfants, c'est que ce n'est même pas une question pour moi, c'est quelque chose qui fait partie de moi comme mon cœur et mon âme. C’est ma maternité. - Evely.

10/18/2009

Ma belle-mère est une imparfaite!


C'est à regret que je n'ai pu me rendre au lancement du Guide de survie des (Z)Imparfaites la semaine passée (j'aurais bien aimé vous revoir les filles, mais j'ai pas trouvé de gardienne) mais depuis, j'ai suivi avec grand intérêt la plupart des entrevues (ici, ici, ici et ici) qu'ont données Nadine Descheneaux et Nancy Coulombe, les auteures du guide et de leur désormais célèbre blogue.  Toute la semaine, elles ont expliqué ce qu'était selon elles, une mère « imparfaite ».  En gros, c'est une mère qui tente d'échapper à la pression qu'exerce sur elle la société pour qu'elle excelle en tout, en tout temps, tout en s'oubliant.  C'est une mère qui exerce son esprit critique et qui refuse de succomber au mythe de la « supermaman ».

J'ai profité d'une réunion de famille pour demander à ma belle-mère de 76 ans ce qu'elle pensait de la pression que nous ressentons de devoir exceller tout le temps.

Ma belle-mère a élevé presque seule 6 garçons et une fille dans les années 50 et 60.  Son mari n'était pas très présent de son vivant et il est décédé quand son plus jeune avait neuf ans.  Elle a tiré le « yâble par la queue » par bout, c'était pas facile.   A-t-elle ressenti la pression de devoir être parfaite, de devoir se surpasser en tant que mère?  Sa réponse : «Non, on faisait on faisait notre possible, c'est tout. ».

C'était avant la bible du célèbre Dr Spock (elle ne l'a jamais lu), bien avant Parents efficaces et tous les autres guides sur l'art d'être parent.  C'était à une époque où les mères se fiaient à leur instinct.  Et faire « son possible » n'était pas toujours parfait, mais à cette époque c'était le mieux qu'on pouvait s'offrir.  Et les résultats n'étaient pas toujours mauvais, au contraire...

À l'heure du « parenting » extrême, des « Super Nanny » et de la multiplication des études sur les bienfaits de l'allaitement et des couches lavables, avons-nous encore le droit de faire « notre possible »?  

Aimer ses enfants, en prendre soin, les nourrir, les protéger, les éduquer correctement.  Arriver à en faire des êtres qui seront un jour des adultes capables de se débrouiller.  C'est la base, l'essentiel, non?  Est-ce possible d'élever ses enfants sans toujours avoir le sentiment d'être en compétition avec la soeur, la cousine, l'amie, la belle-soeur, la voisine ou la mère des autres petits « zamis » de la garderie?  Avons-nous le droit de faire nos propres choix sans constamment être jugées dans le regard des autres (et notre propre regard)? Devons-nous être mises au pilori si nos enfants ne sont pas tous des petits Einstein en puissance?

Ne faut-il pas aussi faire notre possible pour sauver notre santé mentale? Une mère dépassée, névrosée, archi-stressée, culpabilisée, toujours en train de se comparer, n'aide pas tellement à l'évolution de ses enfants...

Ma belle-mère pense qu'on se met beaucoup trop de pression sur les épaules.  « Vous avez déjà assez de pression d'même, ajoutez-en pas plus!  C'est  pas mauvais de vouloir se renseigner, de s'éduquer et de faire les bons choix pour nos enfants, mais de grâce, rappelez-vous que le "mieux" est parfois l'ennemi du "bien"».

Ainsi, on manquera peut-être une partie de soccer à cause d'un meeting, le petit dernier ne saura pas lire à 2 mois, on ne verra peut-être pas nos enfants 24/7, il y aura peut-être un peu de poussière dans la bibliothèque, on mangera du McDo plus souvent, on achètera peut-être la paix avec un popsicle, on ne fera pas de championnat de scrapbooking ou des concours de galettes aux raisins et nos enfants ne se qualifieront pas tous pour le collège privé le plus huppé en ville.

Mais ils sauront qu'on les aime parce qu'on aura fait notre possible, même si c'est pas parfait.

Merci belle-maman!

6/25/2009

Grosse bedaine...ouin pis?

Oui, j'ai une grosse bedaine, mais c'est normal...je commence mon huitième mois de grossesse, bon yeu! Certains semblent tellement surpris en me voyant...et pourtant...d'autres ont aussi de belles grosses bedaines, je ne suis pas la seule!

Mais hier, à la Fête de la Saint-Jean, j'ai vu rouge tellement j'étais bleue :

Deux gamins d'une douzaine d'années se pointent vers moi dans la foule :

Le premier petit morveux me demande : "Hey, madame, ya combien de bébés là-dedans?"

Le deuxième d'ajouter : "Ouin, elle est grosse en cr*** votre bedaine!".

Ai-je besoin d'ajouter quelque chose?

Grrrrr.....

6/14/2009

Où suis-je donc passée?

Voilà presque deux semaines depuis que j'ai publié mon dernier billet. Je crois que c'est la première fois que je délaisse si bêtement mon blogue pour une si longue période. Mais il le fallait. D'abord, le boulot me tient drôlement occupée depuis quelques semaines et depuis que j'ai franchi le cap des 30 semaines de grossesse, l'énergie est beaucoup plus limitée. S'ajoutent aussi les rénovations de la salle de bain qui ont commencées la semaine dernière. Puisque nous n'avons pas de deuxième salle de bain, tous les soirs de la semaine, il a fallu aller prendre notre douche chez mes parents. Évidemment, cette nouvelle activité monopolise toutes nos soirées, ne me laissant plus une minute pour écrire, pour chercher ou même pour vous lire!

Entre-temps, après la visite de la maternelle, il y a eu la "graduation" de fiston à la garderie. Si j'ai un peu de temps plus tard aujourd'hui, je vous raconterai. C'était vraiment trop adorable...

@plus...

4/21/2009

Vive la mère libre, vive la mère imparfaite!

Je lisais le billet de La mère blogue de la semaine dernière sur la tendance de l'heure qui consiste à afficher son petit côté "mauvais parent, mauvaise mère" et je suis restée accrochée là-dessus...

Pour moi, cette tendance ne veut pas glorifier la véritable mauvaise mère. Loin de là. Elle reflète plutôt un ras-le-bol généralisé des mères qui dénoncent, chacune à leur manière, la pression sociale qui exige d'elles rien de moins que la perfection dans toutes les sphères : au travail, à la maison, dans l'exécution des tâches ménagères, dans la manière de nourrir et d'éduquer les enfants, dans la vie de couple et même dans la manière de se comporter elles-mêmes en société. Pire, qu'on cause allaitement, travail, divorce, alimentation, éducation ou ménage, il y a toujours un discours prêt à culpabiliser celles qui n'obéiraient pas aveuglement aux sacro-saints dogmes établis tantôt par un courant scientifique, tantôt par un courant religieux ou ultra-conservateur ou encore, par un courant environnementaliste ou néo-grano.

Lâchez-nous!

Qu'on conserve son emploi ou qu'on reste à la maison avec les petits, qu'on allaite ou pas, qu'on achète du bio, du Kraft dinner de temps à autres ou des purées commerciales, qu'on magasine en talons hauts,en running shoes ou en gougounes, on a le droit à notre individualité. Il n'y a rien ici qui mette la vie de nos enfants en danger.

Cette tendance, c'est le refus de se justifier à tout moment pour chaque décision prise concernant sa progéniture. Il y aura toujours des mégères, des psychopathes et des irresponsables, mais de manière générale, les mères aiment leurs enfants sans borne et tentent de faire de leur mieux avec les moyens à leur disposition. On peut toujours s'améliorer, mais de là à blâmer les mères pour tous les maux de la terre, il y a une limite.

Cette tendance est donc un pied-de-nez bien senti au jugement d'autrui, aux études pseudo-scientifiques culpabilisantes, aux gérants d'estrades biens-pensants et surtout, au sentiment de toujours se sentir inadéquate.

Vive la mère libre, vive la mère imparfaite!

2/03/2009

La grossesse, pas toujours ennivrant!

J'ai le cheveu rebelle, même après une visite chez le coiffeur, j'ai la peau du visage planquée de petits boutons, surtout au menton et le teint verdâtre, malgré une visite chez l'esthéticienne. J'ai la taille épaisse d'une fille qui engraisse à vue d'oeil et mes cernes me font paraître au moins cinq ans de plus. J'ai toujours envie de dormir, mais je dors mal. Je suis fatiguée du matin au soir. Ah oui, je suis irritable aussi...grrrr....

Pour ajouter à mon plaisir, j'ai le pas lourd et je suis toujours essoufflée. Qui a dit que la grossesse était un moment agréable? En tout cas, c'est pas au troisième mois que j'ai l'air rayonnante! J'ai peut-être peu de nausées, mais j'ai parfois si faim que je me mangerais les mains!

En plus d'être irritable, je renoue avec mon bon vieux fonds anxieux.
Ce vendredi, ce sera ma première échographie, celle de la clarté nucale, qui permet de diagnostiquer si le bébé a une anomalie chromosomique, comme la trisomie 21. And guess what? J'ai la trouille.

Je suis contente de savoir que mon petit corps travaille fort à la conception d'une nouvelle vie, mais c'est faux de croire que ça se passe toujours comme un charme, dans la "zénitude" et sans angoisse aucune. Et on ne devrait pas "faker" et faire comme si tout était parfait. Pour certaines, dont j'en suis, la grossesse n'est pas toujours agréable et apporte de véritables inconforts qu'on ne devrait pas nier, à la maison comme au travail. Cette nouvelle mère a eu le courage d'avouer que sa grossesse avait été une mauvaise expérience (merci aux Zimparfaites pour la référence).

Et pour vous, c'était comment la grossesse?

12/26/2008

Ne rien faire, c'est possible?

Depuis ma tendre enfance, les 25 et 26 décembre sont réservés à la farniente. On reste à la maison, en pyjama et on mange des restants de chocolats et de pâtisserie tout en regardant des films de Noël à la télé.

C'est bien ce que j'avais en tête ce matin et d'ailleurs, je suis encore en pyjama. En fait, entre le réveil vers 10h (nous nous sommes couchés tard) et midi, je n'ai pas fait grand chose et ça faisait du bien. Mon chum a aussi décidé de profiter de cette journée relaxe pour faire une petite sieste pendant que fiston s'amusait avec ses nouvelles pistes de course Hotwheels (il n'a pas encore eu sa Zero Gravity...).

Mais les intentions sont ce qu'elles sont et en montant dans ma chambre dans le but de m'y étendre pour savourer un magazine que je n'avais pas encore lu, je fus frappée par le désordre qui y régnait : vite, j'ai décidé de faire les lits, de ramasser les vêtements sales et tant qu'à faire, d'épousseter un peu les meubles, de passer le Swiffer sur le plancher et de vider les poubelles. Et tant qu'à faire, pourquoi ne pas faire reluire la salle de bain? Et c'est ainsi que j'ai passé le Swiffer sur la céramique puis une guenille humide, ai lavé la toilette, le lavabo et tant qu'à faire, j'ai vidé la pharmacie et nettoyé les tablettes. De retour dans la cuisine, j'ai mis toute la vaisselle sale dans le lave-vaisselle et je l'ai démarré.

Deux heures plus tard, alors que tout était bien reluisant de propreté, fiston était tanné de jouer à ses Hotwheels et papa était toujours dans les bras de Morphée. Cette fois, fiston voulait jouer à un jeu de mémoire et je me suis dis que je pourrais rentabiliser mon temps en faisant cuire des biscuits que j'avais préparés il y a quelques semaines. Tant qu'à être dans la cuisine, hein?

C'est ainsi que je me suis souvenue (!) que je recevais mes parents demain soir. Comme je cuisinerai mon premier canard à vie (il y a toujours une première fois), je me suis dit qu'il valait mieux ne pas tarder pour trouver une recette, ce que j'ai fait aussitôt le jeu de mémoire terminé. Je pense déjà à ma liste d'épicerie pour demain matin.

Mais voilà qu'une question m'obsède : suis-je une hyperactive qui s'ignore ou est-ce que les mères ont parfois le loisir de ne rien faire pour vrai?

***

Mais là, je vais aller faire une petite tasse de thé et savourer mes biscuits bien tranquillement maintenant que mon gentil amoureux vient de se réveiller...

10/15/2008

Le 40e jour

Je croyais que ce retard annonçait enfin la venue de ce petit tant désiré. Pourtant, au 40e jour de ce cycle infernal, il n'en fut rien. Ce n'était qu'un autre vilain canular de mère nature. Je ne sais pas si elle teste mes aptitudes à enfanter une deuxième fois, mais elle commence à me faire suer. Cette fois, contrairement à toutes les autres tentatives de la dernière année, j'ai bêtement cru que ça y était. Secrètement, je l'avais tout bonnement imaginé qui voyait le jour au début de l'été et je célébrais déjà. Je ne voudrais pas avoir l'air d'une "drama queen", vous savez, mais oui, j'ai le coeur serré.

Meilleure chance la prochaine fois.

6/19/2008

Enfin, des mères imparfaites!

Je viens de découvrir le blogue de deux mères "imparfaites" qui m'ont bien fait rigolé :

Les Zimparfaites

La charte des mères imparfaites telle que décrétée par les auteures, Nancy et Nadine :

- Envoyer vos enfants à la garderie avant l'âge de 2 ans
- Ne pas allaiter
- Habiter dans le 450 (ou le 819 ou le 418)
- Ne pas accoucher naturellement
- Utiliser des couches jetables
- Magasiner chez Wal-Mart
- Ne pas aller voir un film pour enfants norvégien à l'Ex-Centris (sous-titré en flamand, bien sûr!)
- Récompenser vos enfants avec du McDo
- Faire «ah...» plutôt que de vous extasier de bonheur devant un affreux bricolage fait par votre enfant
- Avoir des popsicles avec du sucre dans le congélo!
- Faire des soupers avec des "beurrées de beurre de peanut" ou des grilled cheese

À cette liste, j'ajouterais quelques-unes de mes imperfections :

-Ne pas faire les lits le matin avant de partir travailler
-Foxer l'entraînement (ou le pseudo-entraînement qu'on aimerait faire)
-Procrastiner (genre prendre 3 mois avant d'accrocher les nouveaux cadres pour la chambre de fiston)
-Faire une épicerie non-planifiée en état de panique le dimanche après-midi ou pire, vers 16h30!
-Commander une pizza le vendredi soir...et le samedi soir (ça, c'est difficile à battre!)
-Savourer chaque minute de tranquillité que procure un voyage d'affaires sans se culpabiliser
-Couper son toupette soi-même (et un peu croche) parce que trop fatiguée pour aller chez le coiffeur
-Avoir dix, quinze ou vingt livres à perdre (ou à gagner!).
-Faire une brassée de lavage à 22 heures un dimanche soir parce qu'on a plus rien à porter pour le lundi matin.
-Arriver en retard à la garderie et soutenir le regard insoutenable d'une éducatrice sur le point d'appeler la DPJ.
-Ne pas ramasser les jouets de la salle de jeux parce que anyway, Fiston va les ressortir demain.

Je pense que je suis encore plus imparfaite que vous deux réunies ;-)

5/02/2008

Mon petit coeur fait boum!

La semaine dernière, fiston a sévèrement été réprimandé à la garderie.

L'éducatrice a pris mon chum à part : votre fils a posé un geste de nature sexuelle sur sa petite copine Juju. Je dois prévenir ses parents. Il faut y voir!

Immédiatement, mon chum a essayé d'aborder le sujet avec Fiston, mais celui-ci s'est fermé comme une huître. Il a cette charmante manière de nous faire savoir qu'il ne veut pas discuter.
Quand j'ai été mise au fait de la situation (car il y avait bien une situation!), j'ai été prise au dépourvu. Je croyais que l'éducation sexuelle des enfants commençait beaucoup plus tard, genre au primaire, quand ils sont pleinement "matures" et bien au fait que la cigogne n'a rien à voir avec la conception des bébés (!).

Pourtant, selon les dires de l'éducatrice, le geste de nature sexuelle était bel et bien un "geste de nature sexuelle". À la toilette, avec tous les autres petits amis - garçons et filles - fiston a pointé son bijou de famille en direction de la petite Juju, essayant d'atteindre ses parties privées. Pas de doute, le geste était sans équivoque, mais l'intention était-elle bien celle qu'on lui attribuait?

Le soir venu, en guise de livre d'histoire, j'ai choisi l'encylopédie du corps humain afin d'avoir un prétexte pour aborder la question. Son père a l'habitude de lui raconter les vraies histoires pour enfants et, moi je suis du genre à lui raconter l'encyclopédie, il est habitué. Au chapitre sur la reproduction, que nous avons abordé à plusieurs reprises et ce, dans une perspective très "technique" et sans entrer dans les détails, j'ai demandé à fiston de m'expliquer pourquoi il avait été puni en matinée.

Sur le coup, il a pris un air coupable et a cherché à détourner le sujet (les enfants de quatre ans sont d'excellents politiciens en herbe).

Maman, ma voiture est beaucoup plus rapide que la tienne...

Fiston, qu'est-ce que tu as fait avec la petite Juju?

Je ne l'avais jamais vu aussi gêné. L'air renfrogné, il me fixait du regard et m'opposait un silence qui trahissait son envie de me dire "C'est pas de tes affaires, m'man, laisse-moi tranquille!"

Tu peux me le dire, fiston. Tu peux parler avec maman, c'est correct, dis-je sur le ton de la confidence.

Il m'a regardé de nouveau, l'air coupable, il a dit :

Mais je voulais faire "boum boum" avec Juju. Je la trouve jolie.

Ok, où est-ce qu'il a pêché ça? Qu'est-ce que ça veut dire "faire boum boum"?

Ben, je voulais toucher ses fesses, je la trouve jolie...

Ça parle au diable : le "geste de nature sexuelle" n'était finalement pas si innocent que ça.

Mais où as-tu appris cette expression "faire boum boum"?

J'espérais qu'il me dise qu'il avait retenu cette expression de ses petits amis. Mais non!

C'est moi qui dit ça.

Il était là, sur son lit, qui se tortillait d'un mélange de gêne, de honte et de fierté mal placée.

Évidemment, j'ai enchaîné avec le petit sermon parental : on ne fait pas "boum boum" avec les petits amis. On ne touche pas les parties privées des petites filles ou des petits garçons de la garderie. Tout en essayant de ne pas le traumatiser avec des "on ne fait jamais ça", je voulais qu'il comprenne que ces gestes n'étaient pas appropriés.

Ton amie Juju, si tu la trouve jolie, tu peux lui dire qu'elle a une belle robe, la tenir par la main ou même lui donner un petit bisou sur la joue. Mais on ne fait pas "
boum boum".

Il avait l'air de comprendre. En fait, il semblait si bien comprendre que je trouvais la situation plutôt anormale. Et puis il a dit :

Est-ce que les papas et les mamans font "boum boum"?

Jusqu'à l'étape de mon "sermon", je me disais qu'il avait probablement associé "faire boum boum" à l'acte de toucher les fesses de sa petite amie. Mais là...

Que vouliez-vous que je réponde? Je ne pouvais quand même pas lui donner l'impression que faire "boum boum" est un péché mortel. Peu importe ce qu'il imagine.

C'est seulement pour les papas et les mamans. (réponse de politicienne en herbe!)

Pas fou, il a répliqué :

Est-ce que les grands-papas et les grands-mamans font "boum boum"?

J'étais sur le point de perdre patience. Cet enfant en sait trop et trop tôt.

Parfois.

Et puis on a fermé l'encyclopédie et j'ai stratégiquement ramené le sujet sur sa petite personne. Je lui ai demandé de répéter ce dont nous avions discuté. Il avait tout compris. Aucune confusion.

Le lendemain, j'ai testé de nouveau. La conversation mère-fils avait eu son effet : il m'a répété texto ce dont on avait discuté la veille. Plus de "boum boum" et on ne touche pas aux parties privées des petites filles.

Je vais continuer de le suivre de près sur ce sujet délicat, mais le mystère demeure encore entier : ça vient d'où "faire boum boum"?

ps : je suis très heureuse que Virou et Karine se soient présentées! Continuez!

4/24/2008

Qui êtes-vous?

De semaine en semaine, je regarde mes statistiques et je constate que vous commencez à être nombreuses à fréquenter ce blogue. Curieusement, vous ne m'écrivez pas souvent ni ne commentez souvent mes billets.

Peut-être n'avons-nous jamais réellement fait connaissance? Je sais que plusieurs d'entre vous viennent du Québec, mais plusieurs autres me visite régulièrement depuis la France, la Belgique, la Suisse, l'Algérie, le Maroc et la Tunisie. Quelques-unes proviennent des provinces anglophones canadiennes : je vois une Vancouveroise et plusieurs Ontariennes. D'autres, moins nombreuses proviennent des États-Unis : l'une d'entre vous vient de San Francisco et plusieurs autres de l'Est des États-Unis. Au passage, je reçois des visites de la Grande-Bretagne, de la Finlande, de la Suède et du Danemark.

Non, je ne cherche pas à épier vos habitudes, mais j'aimerais bien savoir qui vous êtes.

Êtes-vous toutes mères de votre état? Et comment ça se passe pour vous? Être mère au Maroc, est-ce si différent que d'être mère en France, au Québec ou au Danemark? Et aux États-Unis?

Que trouvez-vous utile dans ce blogue?

Exprimez-vous! Présentez-vous! Faut pas se gêner!

2/19/2008

Nostalgie quand tu nous tiens


Demain, ce sera le quatrième anniversaire de fiston. Quatre ans déjà.

Ce n'était pas une fin de grossesse planifiée. Depuis un mois déjà, le médecin me suivait de près, car je faisais de l'hypertension et bébé ne grossissait pas. Le 20 février au matin, je me suis présentée pour ma troisième ou quatrième échographie depuis le début de janvier. Je m'en souviens comme si c'était hier. J'étais grosse comme une montgolfière et mon fiancé avait réussi à trouver un espace de stationnement situé au coin des rues St-Denis et René-Lévesque, juste en biais de l'hôpital St-Luc. C'était très froid et venteux. Je n'avais qu'un coin de rue à traverser, ce qui en soit était bien suffisant puisque que j'avais tant de difficulté à me mouvoir.

Ce matin-là, les rendez-vous avaient tous été retardés. Mon échographie a eu lieu avec au moins une heure de retard.

"Madame, votre bébé ne bouge plus, il faut vous accoucher!"

Je n'étais pas prête à accoucher. J'ai pleuré comme une Madeleine. Quoi! Terminer ainsi ma grossesse?

J'ai été obligée de me faire une raison et de m'installer à l'étage des accouchements. On m'a provoquée. Quelques heures plus tard, épidurale. Travail de 17h à 21h49. 21h50, mon petit de 4 livres avait été livré.

Il était si petit....Mon chum a eu peur de lui couper les orteilles en cisaillant le cordon ombilical.

Et il était là, tout mignon, minuscule. Il a été placé dans un incubateur pour trois semaines.

Le plus difficile a été de revenir à la maison sans notre bébé. Et dire que mon chum était retourné à la maison pendant mes contractions pour aller faire le lavage des pyjamas et du kit pour bébé. Avoir su...

Bonne fête mon beau bébé. Maman et papa t'aiment très fort.

PS : c'est un privilège d'être tes parents.