9/22/2012

Pourquoi avoir des enfants?


 










Avons-nous des attentes trop élevées face au bonheur que devrait procurer la naissance d'un enfant ?

C'est la question que pose Jessica Valenti, auteure, blogueuse et féministe américaine, dans Why Have Kids?, son dernier ouvrage publié au début de septembre. 

Dans une étude menée par le centre de recherche PEW en 2010, à la question « Pourquoi avoir des enfants ? », les futurs parents répondaient : « pour la joie d'avoir un enfant ». Or, depuis dix ans, l'auteure remarque un écart de plus en plus grand entre les espoirs de bonheur fondés par les futurs parents et leur réel niveau de satisfaction après la naissance des enfants.

Selon Valenti, les Américains ont des attentes si élevées face au bonheur que devrait leur procurer leur nouveau rôle de parent qu'ils s'en trouvent déçus une fois confrontés à la réalité. Et cette déception alimente un vaste sentiment de désillusion face à leurs propres compétences parentales, notamment chez les mères.

The problem isn't our children themselves; it's the expectation of perfection or at the very least, overwhelming happiness. The seductive lie that parenting will fulfill our lives blinds Americans to the reality of having kids. 

La société véhicule depuis toujours une vision très idéaliste de la maternité, voire de la parentalité dans son ensemble. Devenir parent devrait nous subjuguer de bonheur, selon la croyance populaire et l'industrie parentale. Pourtant, le quotidien nous ramène vite à la réalité et cet idéal de bonheur n'est pas atteignable pour la majorité des parents, voire des mères, et en particulier les mères américaines. D'où cet intense sentiment de culpabilité devant l'incapacité de contrôler notre destin de parent.

Perhaps worst of all is the guilt that so many women buy into because they're too ashamed to admit that despite the love they have for their kids, child rearing can be a tedious and thankless undertaking. 

Malgré tous les efforts qu'on peut mettre pour planifier l'arrivée d'un enfant, ainsi que pour lui assurer une vie confortable et un avenir prometteur, nous ne contrôlons à peu près rien, et ce, de la conception à la vie adulte. Celles qui croyaient tomber enceintes facilement se retrouvent en clinique de fertilité ; d'autres, qui ont tout fait pour avoir un enfant en santé, sont confrontées à la maladie ; et d'autres encore, qui ont tout fait pour assurer la meilleure éducation à leur enfant, découvrent un jour qu'il a des difficultés d'apprentissage insurmontables et qu'il ne fréquentera jamais les grandes universités. 

Rien n'est jamais parfait, et pourtant, bien des parents, peu importe leur classe sociale, qu'ils soient pères ou mères, doivent porter en silence le fardeau de leur déception. C'est un sujet tabou.

Dans son ouvrage, Valenti explore aussi la réalité des parents qui regrettent leur choix et abandonnent leurs petits. Au Nebraska, en 2008, après avoir implanté des services pour accueillir des enfants abandonnés par leurs parents, des pères et des mères découragés y ont laissé leur famille entière. 

Soutenons-nous adéquatement les familles et les parents ? Leur vend-on un rêve de bonheur parental impossible à atteindre ? Nous, les parents, sommes-nous adéquatement préparés pour faire face à la réalité ?

Pourquoi avoir des enfants, alors ?

Est-ce un moyen inconscient de combler un vide de bonheur ? Est-ce un geste altruiste ou profondément égoïste ? Le fait-on pour soi ou pour les enfants à naître ? Le fait-on encore pour l'avenir de la patrie ? Les futurs parents se posent-ils même la question ? Devraient-ils se la poser ? Fait-on des enfants machinalement, parce qu'il le faut, parce que la société nous encourage dans ce sens ?

Se pose-t-on même la bonne question ? Et si on se demandait « Pourquoi ne pas avoir d'enfants ? » ou encore « Faut-il avoir des enfants à tout prix ? », quelle serait la réponse ?

9/07/2012

Le tour du monde des congés de maternité





Tout d'abord, je tiens à vous remercier toutes pour vos commentaires. Je suis sincèrement désolée d'apprendre que certaines d'entre vous vivent aussi des moments difficiles. Mais vous savez, on passera au travers !

Cela dit, il y avait un moment que je n'avais pas exploré l'univers parental et, d'un clic à l'autre, je suis tombée sur cet intéressant petit dossier publié par le magazine Today's Parent qui passe en revue les différents régimes de congé de maternité offerts dans le monde. 

On y apprend notamment que l'Albanie offre aux nouvelles mamans un congé de 365 jours à 80 % du salaire ainsi que 150 jours supplémentaires à 50 % du salaire (mais rien pour les papas). En Croatie et en Serbie, elles ont droit à une année complète à 100 % de leur salaire. En Russie, les mamans bénéficient de 140 jours de congé à plein salaire, dont 70 qu'elles peuvent prendre avant la naissance de leur bébé. Au Brésil, elles ont droit à un court congé payé de 4 mois, mais les services de garde sont gratuits jusqu'à ce que l'enfant commence l'école.

Les États-Unis font partie des pays qui offrent l'un des pires régimes : une femme qui a cumulé au moins douze mois d'ancienneté peut se prévaloir d'un congé non rémunéré de 12 semaines après la naissance de son enfant. Or, la loi exclut toutes les entreprises de moins de 50 employés, ce qui représente près de la moitié de toutes les entreprises américaines. Selon Today's Parent, seuls le Swaziland et la Papouasie-Nouvelle-Guinée offrent d'aussi piètres conditions aux nouvelles mamans.

Je ne peux toutefois m'empêcher de reprocher au magazine d'avoir passé sous silence le Régime québécois d'assurance parentale (RQAP) dans la rubrique qui concerne le Canada. Notre régime fait partie des plus généreux, mais sa plus grande originalité est de réserver cinq semaines aux nouveaux papas. À part la Suède qui encourage le partage du congé entre les nouveaux parents, aucun autre pays n'encourage autant les pères à se concentrer sur leur nouvelle vie familiale. 

Et sincèrement, je ne pense pas me tromper en affirmant que tous nos nouveaux papas québécois apprécient grandement cette mesure !

Évidemment, le plus grand bénéfice de cette mesure, en plus de permettre aux pères de passer du temps de qualité avec la famille, c'est d'affirmer collectivement que la responsabilité des enfants est aussi celle du père. En milieu de travail, c'est un enjeu fondamental pour les femmes.

Sur ce, je vous souhaite une excellente fin de semaine !

9/01/2012

Maman solo

Réinventer la vie.

Ma vie a été chamboulée. De mère d'une petite famille nucléaire, je suis devenue maman solo en l'espace de quelques semaines. Je fais maintenant partie de l'autre 50 % des familles.

Ce n'est pas ce que j'avais souhaité ou imaginé. On n'imagine jamais cela. Et puis un jour, on se retrouve devant l'inévitable sans vraiment vouloir l'admettre. On retient son souffle et puis la vie nous pousse là où on ne pensait jamais se retrouver. On voit sa vie défiler sous ses propres yeux en ayant l'impression de regarder celle d'une autre. 

Pourtant, personne n'est à l'abri d'une séparation. Et il n'y a pas de bon et de méchant dans cette histoire : il n'y a que deux parents qui ont choisi de vivre séparément pour des raisons qui leur appartiennent.

Comme la plupart des adultes, j'ai déjà vécu des ruptures et les réflexes de survie sont encore à portée de main. Certes, les vieilles blessures ressortent au passage, mais de manière générale, avec un peu d'aide, avec la famille et les bons amis, on trouve les ressources pour s'en sortir. Le plus difficile n'est pas de le vivre en tant qu'adulte...

L'insupportable, en fait, c'est de faire vivre cela aux enfants. 

Malgré un climat de bonne entente et une transition délicatement planifiée, c'est leur première rupture à eux. La vie qu'ils connaissent depuis le berceau se transforme indépendamment de leur volonté. Ils doivent s'habituer à de nouveaux repères, une nouvelle routine, une nouvelle configuration relationnelle avec papa et maman. 

Au-delà de ces ajustements, ils doivent surtout apprendre à accepter un changement beaucoup plus grand qu'eux : leur famille a éclaté et ils ne peuvent rien faire pour changer cette réalité. On dit que les enfants sont très résilients, mais cela ne se fait pas tout seul. Il faut les aider.

Si vous vous demandiez pourquoi j'avais déserté mon blogue depuis quelque temps, vous le savez maintenant. En ce début de septembre, toutes mes énergies sont consacrées à réinventer ma vie et celle des enfants.

5/11/2012

Maman, as-tu un prénom?

Maman, avais-tu un prénom ?

Depuis ma tendre enfance, j'ai toujours nommé ma mère « Maman ». 

Maman, c'était « maman ». Il n'y a jamais eu d'autre appellation pour la nommer, même si elle avait bel et bien un prénom.

« Maman », c'était la racine, le prénom de celle qui m'a donné la vie, de celle qui m'aimait inconditionnellement malgré les aléas de l'existence.

« Maman », c'était l'origine de ma vie, de mon existence, de mes manques, de mes surplus.

« Maman », c'était l'infini, le tout et le rien.

« Maman », c'était celle qui a eu le droit de vie et de mort sur moi, le droit de me contraindre, de me diriger contre ma volonté, de me ramener dans le droit chemin, de me bousculer, à tort ou à raison, mais « Maman », c'était « ma » maman. Ce l'est encore.

« Maman », c'est toi et c'est moi. C'est ta vie et c'est la mienne. Deux vies parfois réunies, souvent séparées, en opposition, en contradiction, en confrontation.

« Maman », c'est la même cause, le même combat.

« Maman »... Et si je t'avais appelée par ton prénom, aurais-tu été plus forte, plus présente, plus consciente de ton impact sur ma vie ?

« Maman », si je t'avais un jour appelée par ton prénom, aurais-je enfin accepté de grandir ? Serais-je devenue adulte plus vite ? Aurais-je enfin accepté de devenir femme sans pour autant abandonner mes souvenirs d'enfance ?

« Maman »... C'est que mon fils aîné trouve ça « bébé » de m'appeler ainsi. Est-il déjà devenu adulte, avant moi ? Moi, je t'appelle encore « Maman ».

« Maman », dis-moi, si je t'avais appelée par ton prénom, t'aurais-tu sentie moins « mère » ? T'aurais-tu sentie plus femme ?

« Maman », dis-moi, avais-tu un prénom ? J'oublie, parfois, que tu en avais un et que j'en ai un aussi.

Et pourtant, « Maman » nous va si bien. Pourquoi voudrait-on d'un autre prénom ?

4/09/2012

Le défi de la quarantaine : à la recherche de la motivation perdue

Si, à vingt ans, on m'avait dit que j'aurais plus de vingt livres en trop au début de la quarantaine, j'aurais eu un malaise profond.

Je n'aurais pu m'imaginer avec ce poids supplémentaire enrobant mes bras, ma poitrine, mon ventre, mes hanches, mon postérieur et mes cuisses.  Surtout, j'aurais refusé de concevoir ces petits bourrelets effrontés qui ressortent dans mon dos ou l'inélégant « muffin top », cette protubérance de chair qui déborde d'un pantalon le moindrement ajusté. Certes, une femme tout en courbes, c'est bien joli, nous disent de plus en plus les magazines de mode, mais je m'inquiète d'abord pour ma santé. Si je ne fais rien maintenant, je suis une excellente candidate pour les maladies du cœur, me dit mon médecin.

Ma première grossesse m'a laissée avec un bon dix livres de trop. Lors de ma deuxième grossesse, j'ai pris 50 livres pour un petit bébé d'à peine 6 livres et demi. En deux ans et demi, j'ai perdu un bon vingt livres, mais il m'en reste presque tout autant à perdre pour me réconcilier avec un poids santé, selon ma taille et mon âge.

Après l'arrivée du premier bébé, je me suis inscrite dans un centre de conditionnement physique et je me suis même payé un entraîneur. Après la naissance du deuxième, je me suis mise au jogging, au zumba, à la marche rapide, remplie de bonnes intentions et d'espoir. J'ai fait Weight Watchers pendant un bon moment, j'ai téléchargé des applications pour m'encourager à perdre du poids, je me suis équipée d'un podomètre et même d'un iPod avec podomètre intégré. Je me suis acheté de nouveaux vêtements d'exercice et des espadrilles plus confortables. J'ai même utilisé mon agenda dans Gmail pour programmer des périodes réservées à l'exercice.

Bref, j'ai beaucoup essayé et j'ai même persisté pendant de longues périodes, mais le temps vient vite où la motivation n'est plus au rendez-vous. Je perds mon temps sur des niaiseries, j'ai une soudaine envie de ménage, un besoin inexplicable de me lancer dans une lecture qui ne m'intéressait guère hier. 

J'ai clairement un problème de motivation. Comment faire pour que mes bonnes habitudes persistent ? Mes bonnes intentions me lâchent en cours de route, même si j'ai l'impression d'essayer très fort. Même le spectre du bikini (ou du tankini) n'arrive pas à me motiver plus qu'il n'en faut. La fatigue, le manque d'énergie, l'envie de ne rien faire, la paresse pure et simple sont des facteurs aggravants qui m'empêchent de régulariser mes activités sportives ou mes bonnes habitudes alimentaires. 

Pas le goût de faire le souper ? On commande une pizza, why not ?

Pourtant, tous les jours, je vois plusieurs d'entre vous arpentant tout sourire les pistes cyclables avec bébé en poussette, à vélo ou en jogging. Je vous vois aussi remplies d'énergie dans les gyms et les cours de zumba. 

J'en connais même qui se sont entraînées pour un marathon pendant leur congé de maternité. Et surtout, vous êtes si nombreuses à avoir repris votre taille et votre énergie de jeune fille. Comment faites-vous pour demeurer actives sur une base régulière ? Qu'est-ce qui vous permet de vous motiver malgré vos responsabilités quotidiennes ?

Inspirez-moi ! (et motivez-moi !)