11/07/2013

Conciliation et horaires atypiques : l'art de la manœuvre



J'occupe un poste de gestion, mais j'arrive encore à manœuvrer entre les plans d'intervention, les multiples rencontres avec des spécialistes et les besoins de mes enfants. Ma vie se passe principalement entre 9 h et 17 h, dans un bureau, avec des collègues ou derrière un ordinateur. Mais il y a des imprévus : des journées plus longues, du travail en soirée, parfois le week-end. Une obligation de résultats, aussi. Quand j'arrive à la maison, je ne me repose pas. Je prépare le souper, je fais la routine du dodo. Bref, ma journée se termine vers 21 h.

Souvent, quand j'explique mon quotidien à des amies ou à des connaissances, elles me demandent : « Mais comment fais-tu ? »

Euh... je m'arrange. J'accepte de l'aide pour accrocher mes cadres, je tourne un peu les coins ronds, je suis parfois mal coiffée ou mal maquillée, je ne fais pas autant de sport que je le devrais. Mais comme je le disais plus haut, je « manœuvre ». Je tiens le fort pour ne pas que tout s'écroule. Quand une réunion se prolonge après 17 h ou si je dois travailler un week-end, le papa prend la relève chez lui, sinon c'est le grand-papa. C'est mon seul système de secours pour le moment. Je prends même parfois quelques jours de vacances à l'automne et au printemps pour remettre de l'ordre dans nos vies, aller chez le dentiste ou chez le médecin.

Mais si vous passez devant chez moi, vous constaterez que je n'ai pas encore ramassé les feuilles. Et il se peut fort bien que cela attende au printemps.

J'ai néanmoins de la chance, car je peux accomplir une partie de mes tâches grâce à la technologie. Mais si j'étais agente de bord, comédienne, coiffeuse de plateau, ministre ou députée, ma vie serait-elle différente, surtout en étant séparée? Eh bien oui, elle le serait, et j'aurais sans doute des maux de tête encore plus persistants.

C'est le cas de ces femmes dont fait état le magazine Châtelaine ce mois-ci. 

Un dossier fort intéressant sur celles qui ont un véritable emploi du temps atypique. Des métiers dont les horaires sont souvent rigides et où la présence physique est requise sur les lieux du travail à des heures non conventionnelles. Ces femmes ne peuvent pas compter sur un CPE ; en revanche, elles ont des liens très développés avec leur famille et leur entourage pour la garde des enfants. Elles vivent aussi beaucoup de stress.

Avoir des enfants tout en maintenant un emploi du temps atypique, cela demande encore plus d'organisation et énormément de volonté. Est-ce que cela prendrait aussi des services adaptés ?

L'ex-ministre Yolande James, qui a eu son tout premier enfant à l'aube de ses trente-cinq ans, nous envoie un message important à travers cette entrevue :

« Vous considérez-vous comme une superwoman ? Pantoute ! Devant la maternité, on devient humble. Je fais de mon mieux, comme la majorité des femmes. J’en ai rencontré, des jeunes mères complètement brûlées parce qu’elles s’efforçaient de tout faire en même temps. Cette pression existe. Je la sens. Une nouvelle maman doit performer. Mais un bébé, ce n’est pas rien ! Vouloir passer du temps avec son enfant, ça ne signifie pas qu’on est paresseuse ou sans ambition ! C’est pourtant le message qu’on reçoit.» 

10/30/2013

Je doute, tu doutes, vous doutez...mais pas nos enfants

Ah ! Me revoilà !

Je n'étais pas disparue, seulement un peu prise dans le tourbillon de la vie d'une maman qui travaille et qui en a plein les bras.

Il y a deux semaines, mon fils aîné se préparait à prendre une douche quand il s'est arrêté net pour me dire ceci : « Tu sais m'an, je t'aime. J't'aime parce que tu prends bien soin de moi ».

J'ai figé. Mon cœur a fait trois tours. Le jour même, je me demandais si je les voyais assez, si je m'occupais assez d'eux, si les lunchs étaient assez équilibrés, si je leur donnais tout ce dont ils avaient besoin. Je me disais que je devrais peut-être jouer davantage avec eux, faire plus de sorties, faire plus de n'importe quoi. Et puis, mon petit bonhomme de 9 ans et demi me dit ça. Comme ça, un mardi soir, sans prévenir.

J'ai été émue pendant une semaine. Non, c'est faux, je le suis encore. Quand je manque de courage, je repense à cette phrase magique. Je suis peut-être trop exigeante envers moi-même. Peut-être que je ne vois que le négatif et que j'oublie de voir ce que je fais de bon ?

Ce qui me réconforte, c'est de constater que je ne suis pas la seule. Tantôt, en perdant un peu mon temps sur Facebook, je suis tombée sur cette vidéo publiée par mon frère. On a demandé à des mères ce qu'elles pensaient d'elles-mêmes. En gros, elles étaient convaincues de ne pas être assez patientes, pas assez ceci ou cela. Et puis, on a demandé à leurs enfants ce qu'ils pensaient de leur maman. Vous serez touchées.



A New Perspective For Moms from Elevation Church on Vimeo.

10/05/2013

La valse des formulaires et le fameux « plan d'intervention »

L'automne me rentre dedans. Je suis fatiguée. C'est intense au boulot et la rentrée scolaire est un peu désorganisée. J'ai même manqué la première réunion de parents à l'école de mon aîné, car j'ai retrouvé la feuille de convocation toute froissée au fond de son sac, une semaine plus tard. Je ne m'attendais d'ailleurs pas à une rencontre aussi tôt, le 12 septembre. Il me semble que c'est plus tard, habituellement.

Bref, j'ai signé les 243 formulaires scolaires qui m'ont été envoyés. J'en ai oublié quelques-uns et je me suis fait rappeler à l'ordre par l'enseignante. Oh, et cette année, les formulaires étaient en triple : ceux de l'école de l'aîné, ceux du CPE du cadet, plus ceux de sa nouvelle école qu'il fréquente à temps partiel au préscolaire. Ah oui, il y a les chèques aussi, mais je dois noter une amélioration sur ce point, car on peut maintenant payer par Internet pour le service de garde scolaire.

Début d'année scolaire signifie aussi qu'on reprend la routine du plan d'intervention. Ça, ça fait très sérieux, formel. Quand l'école te convoque en maternelle ou en première année pour parler du plan d'intervention de ton enfant, en général, ça donne un coup au cœur. Jadis, je me suis dit : « Ma foi, ai-je été si poche comme parent que mon enfant a maintenant besoin d'un plan d'intervention ? ». 

Vous voyez le genre?  J'ai pensé un moment que mon enfant n'avait plus d'espoir de réussir dans la vie. Quand ça commence aussi mal en première année, tu te dis que ça va finir à l'école de réforme (est-ce que ça existe encore ?). Ça ou au parc Émilie-Gamelin à quêter avec un gros chien maigre en guise de compagnon. Et puis là, tu regardes ton petit bonhomme tout beau, tout mignon (nous, les parents, ne sommes pas objectifs pour parler de nos enfants, on s'entend !), et tu te dis qu'il est à peine en première année et que déjà, le système l'a classé parmi les « pas bons », parmi les cancres, les « no future ».

Bon, j'exagère. Je vous fais marcher un peu. 

N'empêche, c'est seulement lors du deuxième ou troisième plan d'intervention que j'ai fini par comprendre pleinement les bienfaits de la démarche et, du coup, par apaiser mes peurs. J'ai finalement réalisé que ce plan était tout simplement un plan d'action annuel qui permettait d'assurer un suivi cohérent entre le personnel enseignant, les spécialistes, les parents et la direction de l'école. Grâce à ce plan, on s'assure qu'un enfant qui présente, par exemple, un trouble de l'attention ou une autre difficulté, recevra tout l'encadrement nécessaire, et ce, année après année.

Finalement, c'est une très bonne chose. Je pense que la moitié des enfants ont un plan d'intervention, si ce n'est pas tous. Et je compatis avec l'équipe de profs qui doit en travailler un coup pour produire ce document. C'est très lourd pour l'enseignant.

Mais entre vous et moi, il me semble qu'on pourrait simplement renommer la démarche. « Plan d'intervention », ça fait peur. Moi, j'appellerais ça un « plan de développement » ou, plus poétique, comme dirait ma collègue, un « plan d'éclosion » !

Et vous, comment renommeriez-vous le plan d'intervention pour lui rendre justice ?

9/14/2013

Nicole veut tout savoir : quels seront les prochains défis pour les familles québécoises?

Certaines idées de certains ministres font couler beaucoup d'encre (ai-je besoin de préciser de quoi je parle ?), alors que d'autres — pourtant plus nécessaires — risquent de passer inaperçues alors qu'elles pourraient véritablement être bénéfiques.

En 2014, ce sera le 20e anniversaire de l'Année internationale de la famille. Pour cette occasion, Nicole Léger, la ministre de la Famille, lance une consultation publique pour se faire une idée plus juste du portrait familial d'aujourd'hui. Elle nous demande de participer à une consultation en ligne. Le sondage prend environ dix minutes.

L'une des questions porte sur les principaux défis que devront affronter les familles au cours des cinq prochaines années. J'en ai identifié deux :

Les soins aux personnes âgées en perte d'autonomie et en fin de vie

Il ne faut pas oublier que nous, les parents, sommes aussi les enfants de quelqu'un. Nos parents vieillissants auront besoin de soins. Pour certains de mes amis sans enfants, cette étape a déjà eu lieu ou est en cours, et c'est un moment épuisant, drainant, très difficile. Quand on doit, en plus, gérer des enfants au quotidien, c'est une pression supplémentaire qui s'ajoute à cette étape de la vie.

Les services aux personnes âgées et malades doivent être au cœur de nos préoccupations. Les histoires d'horreur que j'entends à ce sujet me font frissonner. Notre société semble parfois ne plus savoir quoi faire de ses aînés, ni comment les accompagner avec dignité. Avec les enfants, ce sont les personnes les plus vulnérables, et voilà qu'on les « parque » dans des établissements qui échappent parfois à la législation, qu'on les trimballe d'un hôpital à un autre, ou qu'on leur sert des repas sans saveur. Leurs enfants se débattent dans un labyrinthe de procédures complexes en même temps qu'ils vivent des émotions difficiles. Un projet pour assurer la dignité des personnes âgées nous concerne tous. Nous serons les prochains sur la liste... et ensuite, nos enfants. Oui, un jour, nos enfants tout mignons deviendront vieux eux aussi.

La santé mentale des familles

Au quotidien, on fait des blagues : « As-tu pris ton Prozac ? », ou on sourit en parlant de l'apéro qui finit par ressembler à une demi-bouteille de vin par soir. On cherche une soupape pour tenir debout. Il n'en demeure pas moins que la dépression, le burn-out ou l'épuisement nous guettent. Le rythme de nos vies est intense, les inquiétudes sont envahissantes et, pour bien des gens, le sentiment d'isolement plombe tous les efforts pour rester à la surface.

Les problèmes de santé mentale ont de multiples causes, mais ses impacts sur la qualité de vie familiale sont directs et sournois. Quand un parent souffre, cela peut marquer plusieurs générations... il n'est pas nécessaire de commettre un geste fatal pour anéantir une famille. Nos enfants aussi ont besoin d'aide. D'excellents programmes comme S'équiper pour la vie permettent aux jeunes de mieux se connaître et de développer des stratégies pour faire face aux difficultés. Nos aînés, eux aussi, ont besoin de ce soutien.

Bref, il y a certainement des tonnes d'autres défis, mais pour moi, ce sont les plus importants car ils touchent à peu près tout le monde.

Selon vous, quels seront les prochains défis de la famille ?

9/08/2013

Un enfant n'est pas un trophée de bowling

J'ai plusieurs amies qui n'ont pas eu d'enfants. Des amies de filles, des amis de gars ; ils et elles sont toutes et tous dans la quarantaine maintenant. En fait, je pense que j'ai davantage d'amies sans enfant que l'inverse.

Elles ne sont pas nécessairement malheureuses de cette situation. Elles ont eu des deuils à faire, des questionnements, surtout dans la trentaine. Mais sans vouloir parler à leur place, je dirais que mes amies sans enfant ont généralement des angoisses existentielles qui ressemblent aux miennes. La grande différence, c'est qu'elles n'ont pas à se préoccuper du sort d'une marmaille. Règle générale, à moins que je ne me trompe, la quarantaine semble apporter une certaine sérénité face au fait de ne pas avoir eu d'enfant. Cela ne veut pas dire qu'on n'a pas certains regrets ou certains questionnements (le fameux what if...), mais le gros de la question semble réglé.

Je vous raconte tout cela après avoir lu ce texte de Madame Chose. Elle répond à une correspondante fictive qui, âgée de 45 ans et célibataire, exprime l'envie d'avoir un premier enfant. La dame écrit :

« Cependant, j’éprouve ce désir profond qu’un enfant m’appelle "maman" et qu’il me saute dans les bras lorsqu’il a de la peine (...) Quand les gens me demandent si j’ai des enfants et que je leur réponds "non", un sentiment de honte et de regret m’envahit souvent. Comme si ma vie était incomplète. Je répète donc ma question : quand est-il temps de renoncer à notre maternité et d’en faire le deuil ? »

« Vie incomplète ». J'ai accroché sur ces mots. Cette dame fictive, qui existe peut-être, croit qu'un enfant pourrait compléter sa vie. Et pourtant, il y a tant de gens qui ont eu des enfants et qui portent en eux ce même sentiment d'incomplétude. Les enfants ne comblent rien. À mon sens, on ne devrait pas faire des enfants pour se rendre heureux, pour compléter sa vie ou pour s'offrir un petit quelque chose.

Au contraire, on devrait déjà éprouver un sentiment de satiété face à sa propre vie pour être capable de donner la vie à un autre. Un enfant n'est pas un trophée de bowling, ce n'est pas une récompense, ce n'est pas une petite poupée qu'on exhibe fièrement aux passants. Et si l'on est assez solide soi-même comme être humain, on réussira à créer une relation saine avec cet être à qui l'on a donné la vie.

Peu importe votre âge, si vous avez envie de faire un enfant pour « décorer » votre vie, je vous dirais d'attendre. Voyagez, étudiez, amusez-vous. Vous vous rendrez peut-être compte que vous n'aviez pas besoin d'en avoir pour trouver votre équilibre. Vous aviez peut-être besoin d'autre chose. 

C'est très bien de ne pas avoir d'enfant. C'est beaucoup mieux que d'en faire et de les rendre malheureux. Trop d'enfants sont nés simplement pour répondre à un besoin égoïste des parents. Oh, je ne suis pas blanche comme neige dans cette histoire, mais le jour où j'ai vu naître mon aîné prématurément — tout chétif, pesant à peine quatre livres — j'ai compris. On fait des enfants pour donner. Point.

9/02/2013

La vraie rentrée, c'est demain

J'étais contente de voir le temps pluvieux ce matin, car j'ai pris une bonne partie de la journée pour me réorganiser. 

C'est vrai : il me faut souvent être au pied du mur, coincée comme un rat (ou comme une ratte !) devant l'inévitabilité d'une situation pour me donner un petit coup de pied au derrière. C'est ainsi que j'en suis arrivée à acheter les fournitures scolaires de mon grand hier après-midi. Et cet après-midi, j'ai tout étiqueté.

C'est ce qu'on appelle l'art de la procrastination. Tout l'été, j'avais envie d'être en été. Pas envie de penser à demain, à la semaine prochaine ou au mois prochain. La vie passe vite et je me dis qu'il faut en profiter.

J'ai bien fait, car finalement, j'ai tout réglé en 48 heures. Heureusement, leur papa s'est chargé d'une partie des achats, comme les souliers de course et autres essentiels de la rentrée.

J'ai écrit moins souvent aussi, car je travaille sur un gros projet qui verra enfin le jour la semaine prochaine. C'est une autre sorte d'accouchement.

Je vous laisse sur cette lecture : un billet d'une mère américaine. Cette dame, mère d'un enfant en situation de handicap, a reçu une note pas très gentille sur son pare-brise. Elle répond à l'auteur de la note.

Perso, je crois que certains êtres humains ne méritent même pas qu'on leur réponde.



http://quebec.huffingtonpost.ca/suzanne-perryman-/note-anonyme-pare-brise_b_3857046.html

On se reparle bientôt...

8/13/2013

Un autre blogue de mère!

Ma foi, je pensais que nous - les mères blogueuses- étions en voie de disparition ou que nous allions bientôt entrer au musée des kétaineries, mais non!  Voici mon ancienne collègue qui s'est lancée dans l'aventure, mais ce que j'aime, c'est qu'il est pas pareil son blogue. Elle renouvelle le style.   Il a un petit « je ne sais quoi! »....

Faites-lui une petite visite!

Why not moi?


8/03/2013

Un petit billet du fond de l'été

Voilà plus d'un mois que je n'ai pas écrit. De toute manière, vous étiez probablement en vacances ou bien occupées à vos projets estivaux. J'ai fait comme vous, moi aussi. Je suis partie en voyage seule avec mes deux fils. J'ai choisi la facilité d'un tout-inclus et je ne le regrette pas. J'ai même réussi à me reposer. Ils ont été d'excellents petits voyageurs et, très bientôt, je pourrai augmenter le niveau de difficulté des voyages.

Raphaël et Louis-Philippe en vacances, 2013

Ce qui m'a le plus frappée pendant ce voyage, c'est à quel point mes fils ont réussi à avoir une influence positive sur moi. 

Pendant dix jours, j'ai vécu à leur rythme, à la seconde près, sans penser à hier ou à demain. 

Il y avait longtemps que je n'avais pas passé une aussi longue période en leur seule compagnie et c'est ce qui m'a le plus apaisée. J'en ai appris un peu plus sur le bonheur en les regardant jouer dans le sable. Si on se rapprochait de l'enfance, on serait peut-être plus heureux, moins anxieux, moins peureux. On se laisserait peut-être un peu plus d'espace pour vivre ce qu'on a à vivre au présent.

Comme je suis philosophe ce matin ! ;-)

6/18/2013

Un nouveau service pour trouver une garderie...en France

Un peu plus tôt cette semaine, j'ai reçu un courriel pour m'annoncer le premier prix décerné par l'association Maman travaille (fondée par Marlène Schiappa, celle qui a créé le blogue du même nom).

Le service lauréat s'appelle BBBook.fr.

BBBook permet aux parents de réserver une place en garderie, une « nounou » à domicile ou encore des services de garde d'urgence. Les entreprises peuvent même y réserver des places à l'intention de leurs employés.

Quelques stats tirées du site de BBBook. En France, il y a :

  • Plus de 2,4 millions d'enfants de moins de 3 ans.

  • 60 % des parents d’enfants de moins de 3 ans travaillent (lorsque les deux sont présents).

  • Près de 300 000 places en crèche et 100 000 nouvelles places créées pour la période 2009-2012.

  • En 2011, 20 % des fonds attribués aux CAF sont réservés au développement de crèches d'entreprise.

  • Il manque 400 000 places en crèche en France.

Une bonne idée, je trouve... Semblable à Magarderie.com, mais plus développé. Quelqu'un se sent inspiré ?



6/07/2013

Il y a toujours de l'espoir (et puis tant pis pour la performance à tout prix et les maths!)



En début d'année scolaire, j'ai été convoquée, comme à l'habitude, au plan d'intervention pour mon fils aîné. Il amorçait alors sa troisième année. Nous étions en novembre ou décembre, je ne me souviens plus. Le ton était un peu alarmiste, de la part de l'enseignante surtout. Mon fils n'arrivait pas à se concentrer adéquatement ni à suivre le groupe. Il avait de super notes en anglais et en arts plastiques, mais il n'arrivait pas à aligner ses idées lors des compositions écrites en français et il n'arrivait pas à résoudre les problèmes mathématiques.

Les mois ont passé. Deuxième et dernier plan d'intervention. Il s'est amélioré dans toutes ses matières, mais la résolution de problèmes mathématiques demeure... un problème ! Il n'y arrive pas. Par contre, me dit l'orthopédagogue, il excelle aux échecs, l'une de ses activités préférées. Il a neuf ans et il est bon aux échecs. Hmm...

J'ai toujours été un « échec sur deux pattes » dans la résolution de problèmes mathématiques. En fait, tout ce qui touchait au domaine des mathématiques était obscur pour moi. Du primaire au secondaire, j'ai détesté les mathématiques et tout ce qui y ressemblait. C'est d'ailleurs un running gag dans la famille. J'étais l'artiste, la fille lettrée, la fille créative et passionnée. Et pourtant.

Aujourd'hui, je passe mon temps à régler des problèmes. C'est l'histoire de ma vie. Je règle des problèmes qui sont surtout humains, mais parfois, une logique mathématique pourrait s'y appliquer. Et parce que j'ai compris un jour l'utilité des chiffres et de la logique, j'en suis même aujourd'hui à faire des prévisions de revenus basées sur une logique d'affaires que je suis capable de comprendre et même d'inventer. Et sans vouloir me vanter, je suis assez précise. J'ai même souvent raison. Or, ma force dans la résolution de problèmes, c'est souvent de ne pas être logique. Je ne suis pas toujours logique, mais accommodante et réaliste, à la recherche du compromis gagnant. Je suis axée sur l'humain. Je suis gestionnaire.

That's my point. J'étais très faible en mathématiques, mais très bonne dans les relations humaines et la recherche de solutions. Est-ce que mon bulletin horrible de secondaire 4 en mathématiques m'a empêchée de me tailler un avenir intéressant ? Non. J'avais d'autres forces. Des forces moins reconnues dans le système d'éducation formel et qui, pourtant, me servent encore tous les jours. 

Quand l'enseignante est alarmée par le fait que mon fils n'arrive pas à résoudre des problèmes mathématiques, je ne suis pas au même diapason qu'elle. En fait, ce qui m'énerve, c'est que dans l'évaluation globale de l'élève, on ne tienne pas compte de ses autres forces. C'est un enfant sociable, qui sait communiquer, qui a plein d'amis, qui s'intéresse aux projets de recherche, qui est curieux et qui adore raconter des histoires. Il est même bon aux échecs. Il a, en fait, toutes les qualités d'un futur leader.

Je ne veux pas sous-estimer l'importance de la réussite académique, mais je pense que cette réussite est mal cadrée. Un enfant « poche » en maths n'est pas condamné à un avenir « poche ». Qu'on souhaite l'aider là où il est moins doué est très important, mais à mon sens, on n'a pas besoin d'être alarmiste.

En fait, la question demeure : sommes-nous si accrochés à la « performance à tout prix » que l'on oublie de voir au-delà des chiffres ? Un enfant moyen à l'école est-il condamné à un avenir médiocre ? Et à l'inverse, un enfant doué à l'école est-il forcément promis à un avenir prometteur ? J'en doute.

La « performance à tout prix » est en fait un moyen de développer des êtres humains dans un moule conçu pour faire fitter des individus dans un modèle déterminé par une armée de fonctionnaires. 

Mais qu'arrive-t-il quand l'être humain ne correspond pas à ce modèle, mais à un autre ? Qu'arrive-t-il quand notre logique est plus créative que celle des autres ? Le système en tient-il compte ? Le système scolaire est-il capable de soutenir les enfants dont les forces ne correspondent pas à un modèle unidimensionnel ?

5/16/2013

Avoir un enfant à 40 ans ....une entrevue avec Valérie Blais

J'ai eu mon deuxième à 40 ans et j'en suis très heureuse. Voici le témoignage de Valérie Blais, comédienne bien connue de chez-nous, sur la maternité à cet âge. Une belle entrevue avec André Pratte, La Presse.


Valérie Blais
http://www.lapresse.ca/videos/actualites/201305/10/46-1-devenir-mere-a-40-ans.php/a94d30df35df49bfa9cadd12de765a22

J'ai eu mon premier enfant à trente-cinq ans pour les mêmes raisons qu'elle. J'avais envie, moi aussi, de stabiliser ma vie professionnelle avant de me donner à la maternité. Je lui donne raison également quand elle dit que la quarantaine d'aujourd'hui n'est plus comme celle d'il y a trente ou quarante ans.

Pour ma part, je ne suis pas très inquiète de la différence d'âge avec mes enfants car, en fait, avoir des enfants quand on est jeune ne garantit en rien qu'on sera là longtemps. 

Mis à part la peur de demeurer fertile jusqu'à cet âge, je ne crois pas qu'on devrait être effrayée par l'idée d'avoir un enfant dans la quarantaine. Mon plus jeune aura quatre ans cet été et je suis entièrement comblée par mon choix de lui avoir donné la vie à quarante ans.

5/12/2013

La fête des mères...

La destination incertaine

Dans ma vie, j'ai pris la décision de donner naissance à des enfants. Cette décision a changé à jamais mon rôle ici-bas.

Dans la maternité, on peut être « bonne » ou « mauvaise ». En fait, les contours du bien et du mal sont plutôt subjectifs et, au final, seuls nos enfants peuvent vraiment juger de nos compétences, même si eux non plus ne peuvent être tout à fait objectifs sur la question.

La maternité nous donne-t-elle droit à un piédestal ? J'entends souvent des amis sans enfant me répéter en chœur : « Mais comment fais-tu pour tout faire ? Je n'y arriverais jamais ». Vous savez, chères amies vous y arriveriez aussi si vous y étiez confrontées. 

D'ailleurs, quand je vous regarde prendre soin de vos parents vieillissants et malades, je me pose la même question : comment faites-vous ? Vous me répondrez sans doute quelque chose d'aussi simple que : « Ben, je ne me pose pas la question, ça va de soi ». Eh bien, c'est la même chose pour moi. 

Probablement la même chose pour la plupart des parents de la Terre. Ça va de soi. S'occuper de sa famille, des plus jeunes aux plus vieux, ça va de soi. En fait, ça le devrait.

Oui, ce n'est pas toujours facile. En tant que mère, je manque de sommeil, de divertissement, de compagnie parfois. Je travaille trop, je ne fais pas assez de sport, je bois peut-être trop de vin. Je m'oublie souvent, même si tous les magazines féminins et les gourous de la psycho-pop me disent de m'occuper de moi. Je m'occupe de mes petits et j'ajuste ma vie en fonction d'eux. Ce sera ainsi jusqu'à ce qu'ils soient prêts à vivre hors du nid, même si je dois faire quelques compromis ici et là. Même si je ne suis pas certaine du résultat.

À la fin de l'histoire, qu'est-ce que ça aura donné ? Le résultat n'est pas garanti. Peut-être m'aimeront-ils et nous aurons une super relation ; peut-être me trouveront-ils complètement débile et me renieront-ils. Avoir des enfants n'est pas une fin en soi. C'est une destination incertaine. Ce sont des vies que nous accompagnons et qui ne nous appartiennent pas.

C'est un privilège que de donner naissance ou d'accompagner de petites vies, même au-delà des liens du sang. Aujourd'hui, j'ai célébré le plaisir de passer une journée entourée de mes enfants et de ma superbe nièce. Je n'avais besoin de rien d'autre. C'était ça, mon cadeau, ma récompense.

Bonne fête des Mères à vous toutes ! ;-)

4/21/2013

Pourquoi pas la « classe des hirondelles » ?

Avril est le mois de l'autisme et il tire à sa fin.

La semaine dernière, j'ai rencontré le personnel de la commission scolaire, puisque mon fils aura accès à un programme de prématernelle pour les enfants autistes. Cette classe vise à les préparer au programme régulier de la maternelle. En septembre, mon petit garçon intégrera ce groupe à raison de cinq demi-journées par semaine. Le transport scolaire entre le CPE et l'école sera également fourni.

Et puis après, ai-je demandé, ira-t-il à la maternelle régulière ? Probablement que oui. Et si jamais ça ne fonctionne pas, il pourra aller dans une « classe TED », m'a dit la dame.

Une « classe TED » ?

Dans le jargon scolaire, les groupes spécialisés pour enfants autistes et pour ceux qui ont d'autres troubles du développement s'appellent des « classes TED ». TED étant l'acronyme pour « Trouble envahissant du développement ».

À mes oreilles, une « classe TED », ça sonne comme une maladie, comme une anomalie indélébile, comme une étiquette impossible à décoller.

Pourquoi ne pas donner un nom plus neutre à ces classes ? Un nom qui n'évoque rien, qui ne suggère pas une différence plus grande que la réalité.

Il y aurait le groupe des mésanges, celui des hibous, celui des goélands et le groupe des hirondelles. La classe des hirondelles serait celle de mon fils. Il y recevrait tout l'encadrement dont il a besoin, mais il ne serait pas catalogué, catégorisé, mis à part. Et quand le personnel scolaire s'adresserait aux parents, il pourrait simplement désigner cette classe comme étant adaptée. Point.

Je n'aime pas ça, une « classe TED ».

Je vous laisse avec un superbe document réalisé il y a quelques années par le CECOM de l'Hôpital Rivière-des-Prairies. Intitulé « L'autisme, vu de l'intérieur », cette série vidéo donne la parole à des autistes devenus adultes qui ont accepté de décrire différentes facettes de leur réalité.

4/17/2013

Frapper fort pour faire comprendre le message...

Alcool au volant : le message passe-t-il vraiment ?

Le printemps arrive et vos ados ou jeunes adultes commencent à sortir. L'ami de l'ami a une voiture et, samedi soir, votre fils ou votre fille pourrait prendre place dans le « char » de l'ami de l'ami qui a peut-être pris un verre de trop.

C'est la hantise de tous les parents. Depuis mon adolescence, la SAAQ diffuse chaque année des publicités toujours plus explicites pour nous rappeler — ainsi qu'à nos jeunes — que boire et conduire n'est pas une bonne idée. Au fil des ans, les décès causés par l'alcool au volant au Québec ont diminué. De 1979 à 2010, les décès sur la route associés à l'alcool au volant sont passés de 800 à 165 par année. Le message commence peut-être à passer.

Mais au Mexique, il semble que le message ne soit pas tout à fait entendu. Un organisme dont l'objectif est de restreindre la consommation d'alcool chez les mineurs a publié sur YouTube une publicité qui ne pourrait être plus directe. Si le message ne passe pas avec ça, je me demande bien ce qu'il faudra. Cœurs sensibles, abstenez-vous. Vous pourriez être traumatisés.



3/29/2013

Le parent conjugué à l'imparfait

Parents et profs : dans la même équipe ou l'un contre l'autre ?

Mars a été un mois de fou. Dans le passé, c'était le mois qui me paraissait le plus long de l'année. Cette année, je n'ai rien vu passer. Avril est déjà là, avec les oies blanches et les canards qui croisent le ciel pour nous dire que le printemps arrive pour de vrai.

Une réflexion a pourtant retenu mon attention ce mois-ci, et c'est celle de Julie sur le blogue Joyeuses catastrophes. Son billet, intitulé 10 choses que les profs ne disent pas, m'a inspiré un grand malaise. Cette enseignante a bien des choses à nous reprocher, à nous, les parents.

Au-delà du propos, le ton est agressant. Agressant, car on sent bien que le reproche est généralisé et manque de nuance. En fait, c'est à se demander si cette enseignante, qui est elle-même mère de trois enfants, se croit plus parfaite que nous toutes. Je présume qu'elle me répondrait que non, mais dans sa façon de dire les choses, on se sent bien plus qu'imparfaites sous son regard.

Néanmoins, elle a raison sur de nombreux points. Oui, nous travaillons trop ; oui, on se chicane devant nos enfants ; oui, on pense que nos enfants sont uniques, merveilleux et parfois irréprochables ; oui, on s'offusque parfois de se faire dire que nos rejetons sont moins parfaits qu'on les avait imaginés ; oui, peut-être que nous ne les encourageons pas toujours assez ; peut-être ont-ils besoin de passer plus de temps avec nous (et pas juste avec maman, en passant) ; oui, nous sommes parfois — souvent, peut-être — inconstants et incohérents ; et oui, ça m'énerve quand je trouve des fautes d'orthographe dans le matériel pédagogique de mon enfant (nous sommes toutes des reines du multitasking, en passant, ce n'est pas réservé aux enseignantes).

Sommes-nous de si mauvais parents pour autant ? Peut-être. Peut-être pas. En fait, ce qui manque dans le billet de Julie, c'est un peu de perspective. À toutes les époques, il y a eu de mauvais parents. Il y a eu et il y aura toujours des parents narcissiques, égocentriques, violents, négligents, inattentifs aux besoins de leurs enfants et même carrément irresponsables. Ça, c'est inévitable et très triste, car n'importe quel « tata » peut se reproduire. Mais au-delà de ça, il y a le parent ordinaire.

Le parent ordinaire est le parent que je suis, que vous êtes sans doute aussi. Un parent qui apprend à le devenir depuis le jour de la conception. Un parent qui se trompe, un parent qui aime parfois trop, parfois pas assez, qui aime mal aussi, parfois. Si enseigner n'est pas un métier facile, et mon admiration est sans borne pour les nombreux profs qui se démènent sans compter,  il n'en demeure pas moins qu'être parent ne l'est pas non plus, et ne l'a jamais été, d'ailleurs.

Quand notre rejeton fréquente l'école, on doit s'adapter à cette réalité. Tout à coup, ce beau poupon qu'on a porté, admiré et cajolé devient un petit bonhomme ou une petite bonne femme qui doit, à son tour, se mesurer au système. En tant que mère, je dois prendre conscience que mon enfant a des difficultés, qu'il n'écoute pas toujours les consignes, qu'il se révolte aussi parfois parce qu'il trouve le système trop rigide ou tout simplement parce qu'il ne comprend pas encore tout à fait pourquoi il doit aller à l'école. Et si parfois je me sens « toute croche » en ressortant d'une rencontre avec un enseignant, c'est que je sens le ton du reproche. Dans leur tête, l'équation est simple : si mon enfant a des difficultés, s'il est rebelle, s'il ne comprend pas son problème de math, c'est de ma faute à moi, le parent.

Il est beaucoup plus facile de blâmer que d'essayer de voir au-delà. Pourtant, de mauvais profs, ça existe encore et il y en aura toujours. Certes, on respecte les bons, les dévoués, ceux qui ont la vocation. Mais comme ailleurs, il y a des profs qui sont mauvais, et ce sont ceux-qui, souvent, se croient irréprochables. Nos enfants sont aussi des êtres à part entière. On pourrait être des parents parfaits et nos enfants pourraient quand même être imparfaits. Je fais de mon mieux, mais je ne serai jamais parfaite, mon enfant non plus.

Quand mon fils me dit qu'il a envie de passer plus de temps avec moi, je l'écoute. On se parle, on échange, on partage. Parfois, on se chicane parce que je dis non. Parfois, il me met hors de moi parce qu'il s'obstine, mais on s'aime même si on est profondément imparfaits. Nous savons aussi que les profs ne sont pas parfaits et, pourtant, on les aime pareil... Plus important encore, je dis à mon fils qu'il va à l'école pour lui-même, et non pour moi ou pour le prof. Ma job de parent, c'est de responsabiliser mon fils. Que je sois une bonne mère ou pas, que ses profs soient bons ou poches, c'est son avenir qu'il apprend à diriger.

Quand on dit qu'il faut tout un village pour élever un enfant, cela ne signifie pas qu'on souhaite se déresponsabiliser comme parent. À mes yeux, ça signifie plutôt qu'on doit faire équipe : parents, éducatrices, enseignants, médecins, psychologues, travailleurs sociaux, etc. Nous sommes là pour aider nos enfants à devenir des adultes heureux et épanouis. 

En fait, ça va même plus loin : on doit faire équipe avec nos enfants, pas seulement entre nous. Et quand on est tous dans la même équipe, on ne se tire pas dessus.