12/16/2012

Sandy Hook : après la tragédie...des mères américaines veulent que ça change




La sécurité de nos enfants avant tout

Nous avons tous été choqués par la tragédie de vendredi dans une école primaire d'une petite ville tranquille du Connecticut. Encore une fois, un être mal dans sa tête s'est équipé de fusils d'assaut dont les balles ont violemment transpercé les petits corps d'enfants innocents et ceux d'enseignants dévoués. 

L'événement aurait été tragique à n'importe quel moment de l'année, mais juste avant Noël, il l'est encore plus.

Aujourd'hui, maintenant, c'est le temps d'être triste, de pleurer, de penser à ces parents, à ces enfants. Ces enfants auraient pu être les nôtres.

Mais demain, après-demain, ne serait-il pas temps de régler une fois pour toutes cette question des armes à feu ? Ces enfants sont aussi un peu les nôtres dans le grand village global.

Chez Wal-Mart aux États-Unis, on peut s'acheter une mitraillette en faisant l'épicerie. Vous trouvez cela normal ?

Oui, il faut en parler, même ici où l'on se croit généralement à l'abri. Oui, parce qu'après chaque tragédie de la sorte, on demeure collectivement meurtris. Oui, parce que c'est arrivé aussi chez nous à la Polytechnique en 1989, puis à Dawson en 2006. Oui, parce que cela pourrait arriver dans votre école de quartier, au centre d'achats, au cinéma, dans la rue, dans le métro, quand vous allez en vacances aux États-Unis en famille. 

Vous me croyez alarmiste ? Je vous invite à essayer de me convaincre.

En tout cas, une levée de bouclier se prépare du côté des mères américaines. Au lendemain de la tragédie, une grand-mère pourtant membre de la National Rifle Association écrivait à MomsRising, un organisme qui milite pour les droits des mères :

« I started crying when I heard about the elementary school shootings in Connecticut. I'm a proud grandma of two preschoolers. I look at my grandchildren and think "there but for the grace of God go they." »

« I'm a card-carrying member of the NRA. I'm from West Virginia. I'm a proud hunter and a firm believer in the 2nd Amendment. And I firmly believe that the NRA must act to help make sure this madness ends. No one needs an assault weapon for hunting. Period. We have to work together for common-sense solutions. We can have both a 2nd Amendment and make sure our school children are safe. » (Dee, West Virginia, Source : MomsRising, 14 décembre 2012)

Combien d'enfants innocents faudra-t-il voir crouler sous les balles d'un déséquilibré pour trouver des solutions afin que l'on se sente en sécurité ? Peut-on être assez intelligents collectivement pour dépolitiser ce débat et en faire une question de sécurité publique ?


12/09/2012

Construire de nouveaux souvenirs



La vie va, se poursuit, se réinvente, se heurte à quelques difficultés ici et là, mais on s'en sort, car il y a toujours pire, toujours plus grave. On prend une bonne respiration et puis on fonce, même si ça ne fait pas toujours notre affaire.

Pour les enfants, et même pour les adultes, Noël, c'est Noël. Je me dis que malgré les changements de l'année, leur Noël, ce premier qui ne sera pas « nucléaire », doit être porteur de beaux souvenirs. Quand les enfants sont tristes à Noël, ils finissent par détester cette fête une fois adultes. Et puis ça, ça me fait de la peine.

J'ai donc fait le plus gros sapin que j'ai jamais fait (c'est une erreur de ma part, car je me suis rendu compte, une fois à la maison, que j'avais pris la mauvaise boîte !). On l'a décoré un peu maladroitement, j'ai fait jouer de la musique de Noël ad nauseam, il y a des montagnes de clémentines dans la cuisine et, bientôt, il y aura des cadeaux sous l'arbre. Je construis de nouveaux souvenirs...

Un sondage sur les mères

Des étudiantes en communication d'une université française m'ont gentiment demandé de publier le lien vers un sondage qu'elles réalisent dans le cadre d'un projet étudiant. Le but est de sonder les attentes des mamans d'aujourd'hui. Voici le lien vers ce sondage. Ça prend cinq minutes.

12/02/2012

Le petit gars de huit ans qui n'aimait pas l'école...



La révolte des huit ans

Mon fils de huit ans (bientôt neuf ) n'aime pas l'école. Il a, bien sûr, un problème d'attention que l'on essaie de traiter, mais il y a plus que cela.

En fait, du haut de ses huit années d'expérience, il m'a dit un jour, le poing brandi dans les airs : 

« L'école, ce n'est pas fait pour les enfants, maman. C'est trop difficile. Nous, les enfants, on veut jouer ! Vous nous prenez pour des esclaves ! »

Je n'avais pas vu les choses sous cet angle. Après tout, je suis d'une génération où l'on ne se posait pas la question. Si un petit bonhomme de huit ans n'aimait pas l'école, il devait quand même faire ses devoirs parce qu'il le fallait, c'est tout. Il n'y avait pas de « mais ». L'école était obligatoire. Et si le petit garçon ou la petite fille ne faisait pas ses devoirs, il ou elle devait recommencer, redoubler.

De nos jours, les choses ont un peu changé dans la tête des enfants. 

D'abord, ils sont convaincus de leur droit inaliénable à la parole et à l'expression. Ces petites bêtes adorables pensent, s'expriment sans contraintes et, surtout, revendiquent. Ils revendiquent même le droit de ne pas aller à l'école.

C'est à ce moment qu'intervient l'autorité parentale. 

Une autorité en rivalité constante avec Mario Bros, notamment. Il y a quelques semaines, après avoir obtenu un gros zéro dans un contrôle, l'autorité parentale que je suis a décidé de faire un grand coup de théâtre : j'ai suspendu les jeux électroniques pendant trois semaines. 

Trois semaines pour qu'il change son attitude face à l'école et qu'il fasse un effort.

Je vous mentirais si je vous faisais croire que j'ai tout réglé ainsi, mais il a commencé à comprendre les messages clés de ma petite réforme. 

D'abord, qu'il doit prendre l'école au sérieux. S'il ne fournit pas d'effort, il n'aura pas de bons résultats. 

L'effort signifie aussi être à son affaire et se responsabiliser. Il doit comprendre (même à cet âge) que nous ne pourrons faire ses devoirs et ses examens à sa place. S'il ne s'investit pas, les conséquences sur ses choix futurs seront, elles, bien réelles.




11/21/2012

Mamamiiia! dans une chaîne de mamans blogueuses

Je blogue depuis plus de six ans. Peut-être que ça fait sept ans. Cela fait si longtemps que je ne m'en souviens plus. Pendant tout ce temps, la blogosphère québécoise a permis l'envol de plusieurs mères blogueuses, dont plusieurs nouvelles ces dernières années.

L'une d'elles, l'auteure de Maman 24/7 sur Yahoo Québec, a eu la très bonne idée de constituer une chaîne de mères blogueuses afin de nous les faire connaître. C'est une belle initiative pour découvrir tout ce talent. Je suis d'ailleurs émue de faire partie des blogueuses choisies. ;-)

Je vous laisse découvrir cette belle récolte et je suis très heureuse de constater que nous sommes encore nombreuses à raconter nos tranches de vie malgré une existence plutôt occupée.


11/01/2012

Prendre un café avec bébé

Il y a quelques années, c'était le début de cette grande vogue qui consiste à ouvrir un café où les lieux sont aménagés pour permettre à la maman de relaxer tout en savourant un café.  J'en avais d'ailleurs visité un charmant lors d'un séjour à Paris (dans le temps que ma vie était jet-set!).

Coup de pouce, Octobre 2012
Ce mois-ci, Coup de pouce nous propose trois autres lieux, un à Québec et deux à Montréal. 

Je me demande s'il y en a d'autres...en connaissez-vous en périphérie de Montréal ou de Québec? 


10/28/2012

M. Quaker, Betty Crocker et M. Pillsbury



Le bonheur dans les compromis

Je n'ai généralement pas le temps (ou l'énergie) pour me consacrer à des recettes trop élaborées. Ce n'est pas que je n'aime pas cuisiner, bien au contraire, mais c'est simplement mathématique. Il n'y a pas assez d'heures dans une journée pour me permettre de tout faire. Or, je fais d'heureux compromis.

L'école nous demande des muffins pour l'Halloween ? Je sors le mélange à muffins de M. Quaker. 

On n'a pas de dessert ? Je fabrique un truc qui prend dix minutes. Un ami m'a récemment conseillé d'assembler des gaufrettes au chocolat avec de la crème fouettée (genre Cool Whip, ça fait l'affaire) et de faire congeler le tout deux heures... On ajoute des petits bonbons et, hummm ! Quand j'ai envie que la maisonnée me rappelle un passé lointain où Betty Crocker était elle-même aux commandes de sa cuisine, je m'en remets à un mélange à gâteau super moelleux qu'on recouvre du bon glaçage tout fait d'avance. Et quand on n'a plus de biscuits, je sors la pâte à biscuits congelée de M. Pillsbury.

Je vous le concède, ce n'est pas de la grande créativité, mais les enfants sont contents et ça sent bon dans la maison. 

J'ai presque l'impression de rivaliser avec Betty...

Oui, de temps à autre, je fais de vraies recettes, mais est-ce vraiment nécessaire de se surpasser à tous les coups ?

Ce qui fait la différence, à mon avis, c'est le processus et non le résultat. 

Ces muffins, biscuits et autres délices minutes, je les fais avec les enfants. C'est un court moment qui nous permet de fabriquer quelque chose ensemble et d'avoir du plaisir.

10/25/2012

Dyspraxie et cie : comment faire ses devoirs autrement

Ce sera très court ce matin, mais je ne peux m'empêcher de vous rediriger vers le billet de Julie Philippon sur son blogue Dyspraxie et cie.  Elle nous raconte comment elle s'y est prise pour faciliter l'expérience des devoirs à la maison. Ses idées peuvent inspirer tous les parents.

Dans ce blogue, Julie et trois autres mamans d'enfant dyspraxiques y partagent leurs trouvailles pour aider leurs enfants.

Je vous le dis, elle m'impressionne, cette femme.  S'il y avait un prix pour la détermination et la persévérance, je lui accorderais immédiatement.  Bravo Julie!  Merci de nous inspirer.





10/23/2012

Une levée de fonds pour les nouvelles mamans dans le besoin

Une amie m'a fait suivre cette missive et je vous la transmets à mon tour :
« Bonjour,


Site de l'Assistance maternelle
Depuis la mi-septembre 2012, je siège au Conseil d'administration de l'Assistance maternelle. C'est un organisme qui vient en aide aux femmes enceintes vivant en situation de grande précarité en leur offrant une layette afin de faciliter les premiers jours de vie de leur nouveau-né.  

Un petit déjeuner bénéfice se tiendra à la mi-novembre prochain et sera l'occasion de souligner le 100e anniversaire de l'Assistance maternelle.
En plus d’un encan silencieux (pour lequel les commandites sont les bienvenues!), Valérie Blais, porte-parole de l'Assistance maternelle, sera maître de cérémonie et offrira une performance entourée de ses invitées surprises. 

Quand :  jeudi 15 novembre 2012 dès 7h30
Où :   Théâtre Outremont, 1248, avenue Bernard Ouest, Outremont, tél : 514-495-9944
Coût :   100$ par personne – reçu d’impôt de 75$ remis sur place   

 Je vous y convie chaleureusement, tout en sachant qu'il ne sera pas nécessairement possible pour vous d'y participer! Toutefois, si un petit coup de philanthropie vous prenait ;-) et que avez envie de soutenir la cause, je vous invite à faire un don (voir formulaire ci-joint - un reçu sera remis pour les dons de 25$ et plus)  NDLR : il est aussi possible de faire un don en ligne.

Au plaisir!
Julie Vignola »

Alors voilà, le message est passé!

10/21/2012

« Maman! J'ai une blonde! »



C'était un lundi soir ordinaire.

« Maman ! J'ai une blonde ! » s'exclama-t-il pendant que je brassais le souper dans ma grosse casserole.

« Ah bon ! Et que fais-tu avec ta blonde ? » lui demandai-je.

« Bof, sais pas... » me répondit mon presque ado de huit ans et demi.

« Tu lui donnes des bisous à ta blonde ? » insistai-je.

« Bah, on se tient par la main », m'avoua-t-il, un peu gêné, comme s'il venait de me confier quelque chose que je ne pourrais décrire dans ce billet.

« Ah bon, alors je suis contente pour toi, mon grand. Tu peux l'inviter à la maison quand tu veux. Au fait, quelle est la différence entre une blonde et une amie ? » enchaînai-je.

Silence. Cinq bonnes minutes passent. Re-silence. Je répète la question, peut-être n'a-t-il pas entendu ?

« Sais pas, m'man ! » me lança-t-il un brin agacé. Un court moment passe.

« Est-ce que je pourrais l'inviter à coucher chez nous ? » enchaîna-t-il le plus innocemment du monde.

Ai-je manqué quelque chose, moi, là ?

Mars et Vénus ont des climats bien différents, mais elles demeurent des planètes qui appartiennent au même système solaire. Pourtant, si j'avais posé la question à une petite fille de huit ans, il me semble que la réponse aurait été différente. M'aurait-elle demandé si elle pouvait inviter son petit ami pour coucher à la maison ? Pas sûre...

« Et puis, comment est-ce arrivé ? Comment est-elle devenue ta blonde ? » poursuivis-je en lui servant son assiette.

« Ben, me répondit-il un peu désinvolte, elle m'a demandé si je l'aimais et j'ai dit oui, c'est tout ! »

« C'est tout ? N'aurais-tu pas préféré faire les premiers pas et lui dire d'abord que tu l'aimais ? » lui demandai-je, déconfite par sa déclaration. Ne venait-il pas d'ébranler tout ce qu'on m'avait enseigné depuis ma propre enfance ? N'est-ce pas l'homme qui doit « chasser » sa madame ?

« Non, maman, elle a fait un très bon choix en me le disant, c'est comme ça ! »

J'ai résisté à la tentation de poursuivre mon interrogatoire. J'étais un peu ébranlée : qu'est-il arrivé à l'instinct de chasseur dont il est question dans tous les livres de psycho-pop ? Y aurait-il eu une évolution subite de l'espèce humaine au cours des dernières années ? Les petits garçons d'aujourd'hui ont-ils un regard neuf sur les relations hommes-femmes ?

Au dessert, j'eus envie d'en savoir un peu plus. Après tout, sa réaction aurait peut-être été différente s'il n'avait pas partagé les sentiments de sa nouvelle petite amie.

« Mais si tu ne l'avais pas aimée, que lui aurais-tu dit ? Qu'aurais-tu fait ? » lui demandai-je.

« Eûh, je lui aurais dit que je l'aime comme amie et j'aurais continué de jouer avec elle, c'est comme ça ! » affirma-t-il.

« Tu ne l'aurais pas ignorée ? Tu n'aurais pas fait comme si elle avait cessé d'exister ? » enchaînai-je.

« Pourquoi faire ça, maman ? Ce n'est pas gentil, ça ! » s'exclama-t-il.

Mon petit garçon est-il le reflet d'une nouvelle génération qui ignore tout de ce que nos mères nous ont raconté sur l'amour ? Cette génération est-elle désormais libérée du mythe du chasseur, de l'esprit de domination, de ce besoin, conscient ou inconscient, de créer des relations amoureuses basées sur l'inégalité ? Dans l'univers de mon fils, Mars et Vénus reconnaîtront-elles enfin qu'elles appartiennent au même système solaire ? Que les relations sont d'abord fondées sur un échange entre deux êtres humains ? Un échange de gentillesse, de compassion, de complicité, enrobé de lucidité et d'une infinie tendresse...

Avant le dodo, la conversation se poursuivit...

« Et dis-moi, mon grand, pourquoi l'aimes-tu, ta blonde ? »

« Ben, maman, parce qu'elle est gentille avec moi. Et elle a de beaux cheveux... » me dit-il comme si c'était l'évidence même.

Ah oui, j'avais oublié ça... l'importance de la chevelure ! ;-)

***

Trois semaines plus tard... un autre souper, un mardi soir.

« Et puis, mon grand, tu vois toujours ta blonde ? » m'aventurai-je à lui demander.

« Ben oui. Je vais la garder longtemps, elle », m'avoua-t-il avec conviction.

Il enchaîna :

« Et puis cette semaine, elle m'a donné un bisou sur la joue. C'était très agréable... »

Enfance de l'amour ou amour de l'enfance ?

9/30/2012

En faisons-nous trop pour nos enfants ?







Mon amie Chantal a attiré mon attention sur ce superbe billet paru dans le magazine Châtelaine. En faisons-nous trop pour nos enfants ?, s'interroge Johanne Lauzon, la rédactrice en chef de la rubrique Société, en réponse à l'ouvrage de Carl Honoré, l'auteur de Laissez les enfants tranquilles ! (voir aussi Manifeste pour une enfance heureuse).

Celui qui a aussi écrit Éloge de la lenteur remet en question notre obsession pour la réussite de nos enfants. « Le constat que dresse Carl Honoré effraie », rapporte Johanne Lauzon : « un jeune sur cinq souffre de troubles psychologiques selon les Nations Unies. On parle de dépression, d’automutilation, de fatigue chronique, de troubles alimentaires... »

Il y a quelques années, quand mon fils aîné était inscrit à la gymnastique, la directrice de la fédération de gymnastique de ma région m'a vivement reprochée de ne pas encourager mon fils à la compétition. Il était peut-être doué pour son âge, mais c'était contre mes principes de tracer son avenir à un si jeune âge. Il n'était pas question de décider qu'à 3 ans, mon fils deviendrait un espoir olympique. Hors de question de l'attacher à cette roue infernale de la compétition, où tout devient sérieux avant même que les enfants ne comprennent ce qu'ils font.

Il était heureux de pratiquer son sport dans un contexte récréatif ; pourquoi lui mettre de la pression pour qu'il se surpasse si tôt ? Finalement, je l'ai retiré de ce sport, car je trouvais insupportable d'encourager une organisation sportive qui soutenait des valeurs allant à l'encontre des miennes. On a choisi le soccer à la place, car les enfants y apprennent d'abord à jouer, à s'amuser et à partager avec leur équipe.

Dans l'univers du sport (au hockey ou en patinage artistique aussi), on pousse nos enfants pour qu'ils deviennent des petits champions. Pourquoi cette obsession pour l'excellence ? Est-ce de la projection collective ? Voulons-nous que nos enfants réussissent là où nous avons échoué ?

Pour moi, cette question est centrale et guide entièrement la conception que nous avons de l'apprentissage et de l'éducation. Souhaitons-nous la réussite de nos enfants pour des motifs purement égoïstes ? L'obsession pour l'école privée reflète-t-elle un besoin viscéral de dépassement qui relève davantage de la projection que d'une motivation liée au bonheur d'apprendre ?

Pourquoi voulons-nous que nos enfants soient bons ? Qu'est-ce qui nous motive dans ce sens ? Est-ce l'espoir du gain, la reconnaissance par la collectivité ou le statut social ? Et si notre motivation de dépassement provenait d'abord et avant tout d'un besoin de combler l'insatiable curiosité des enfants et de les inciter à aimer la découverte ? Aurait-on alors cette même obsession de la performance ? Et si nous n'avions pas les moyens d'aller à l'école privée, serions-nous condamnés pour autant à la médiocrité ? Un enfant curieux et intéressé qui fréquente l'école publique et qui obtient des notes dans la moyenne est-il voué à l'échec social et économique ?

« Dans les années à venir, les gagnants ne seront pas ceux qui connaîtront toutes les réponses par cœur, mais ceux qui sauront faire preuve de créativité, les esprits vifs et novateurs qui seront capables de penser transversalement, au-delà des matières, de creuser un problème sans nécessairement viser un résultat et de prendre plaisir aux défis du savoir, tout au long de leur vie », écrit Carl Honoré. « Ce sont de tels individus qui inventeront le prochain Google, découvriront une alternative au pétrole ou élaboreront un plan pour sauver l’Afrique de la famine. »

L'évolution d'un enfant dans un environnement parfaitement adapté l'empêchera-t-elle de réfléchir un jour ? Selon la théorie de l'évolution de Darwin, les espèces qui apprennent à s'adapter aux défis de leur environnement survivent. Si l'environnement est trop contrôlé, astiqué et poli par nos bonnes intentions, ne faussons-nous pas la donne ? 

Au final, nos enfants ne seront-ils pas affaiblis par une pensée trop rectiligne, obtuse et déconnectée du sens véritable de la vie ?



9/22/2012

Pourquoi avoir des enfants?


 










Avons-nous des attentes trop élevées face au bonheur que devrait procurer la naissance d'un enfant ?

C'est la question que pose Jessica Valenti, auteure, blogueuse et féministe américaine, dans Why Have Kids?, son dernier ouvrage publié au début de septembre. 

Dans une étude menée par le centre de recherche PEW en 2010, à la question « Pourquoi avoir des enfants ? », les futurs parents répondaient : « pour la joie d'avoir un enfant ». Or, depuis dix ans, l'auteure remarque un écart de plus en plus grand entre les espoirs de bonheur fondés par les futurs parents et leur réel niveau de satisfaction après la naissance des enfants.

Selon Valenti, les Américains ont des attentes si élevées face au bonheur que devrait leur procurer leur nouveau rôle de parent qu'ils s'en trouvent déçus une fois confrontés à la réalité. Et cette déception alimente un vaste sentiment de désillusion face à leurs propres compétences parentales, notamment chez les mères.

The problem isn't our children themselves; it's the expectation of perfection or at the very least, overwhelming happiness. The seductive lie that parenting will fulfill our lives blinds Americans to the reality of having kids. 

La société véhicule depuis toujours une vision très idéaliste de la maternité, voire de la parentalité dans son ensemble. Devenir parent devrait nous subjuguer de bonheur, selon la croyance populaire et l'industrie parentale. Pourtant, le quotidien nous ramène vite à la réalité et cet idéal de bonheur n'est pas atteignable pour la majorité des parents, voire des mères, et en particulier les mères américaines. D'où cet intense sentiment de culpabilité devant l'incapacité de contrôler notre destin de parent.

Perhaps worst of all is the guilt that so many women buy into because they're too ashamed to admit that despite the love they have for their kids, child rearing can be a tedious and thankless undertaking. 

Malgré tous les efforts qu'on peut mettre pour planifier l'arrivée d'un enfant, ainsi que pour lui assurer une vie confortable et un avenir prometteur, nous ne contrôlons à peu près rien, et ce, de la conception à la vie adulte. Celles qui croyaient tomber enceintes facilement se retrouvent en clinique de fertilité ; d'autres, qui ont tout fait pour avoir un enfant en santé, sont confrontées à la maladie ; et d'autres encore, qui ont tout fait pour assurer la meilleure éducation à leur enfant, découvrent un jour qu'il a des difficultés d'apprentissage insurmontables et qu'il ne fréquentera jamais les grandes universités. 

Rien n'est jamais parfait, et pourtant, bien des parents, peu importe leur classe sociale, qu'ils soient pères ou mères, doivent porter en silence le fardeau de leur déception. C'est un sujet tabou.

Dans son ouvrage, Valenti explore aussi la réalité des parents qui regrettent leur choix et abandonnent leurs petits. Au Nebraska, en 2008, après avoir implanté des services pour accueillir des enfants abandonnés par leurs parents, des pères et des mères découragés y ont laissé leur famille entière. 

Soutenons-nous adéquatement les familles et les parents ? Leur vend-on un rêve de bonheur parental impossible à atteindre ? Nous, les parents, sommes-nous adéquatement préparés pour faire face à la réalité ?

Pourquoi avoir des enfants, alors ?

Est-ce un moyen inconscient de combler un vide de bonheur ? Est-ce un geste altruiste ou profondément égoïste ? Le fait-on pour soi ou pour les enfants à naître ? Le fait-on encore pour l'avenir de la patrie ? Les futurs parents se posent-ils même la question ? Devraient-ils se la poser ? Fait-on des enfants machinalement, parce qu'il le faut, parce que la société nous encourage dans ce sens ?

Se pose-t-on même la bonne question ? Et si on se demandait « Pourquoi ne pas avoir d'enfants ? » ou encore « Faut-il avoir des enfants à tout prix ? », quelle serait la réponse ?

9/07/2012

Le tour du monde des congés de maternité





Tout d'abord, je tiens à vous remercier toutes pour vos commentaires. Je suis sincèrement désolée d'apprendre que certaines d'entre vous vivent aussi des moments difficiles. Mais vous savez, on passera au travers !

Cela dit, il y avait un moment que je n'avais pas exploré l'univers parental et, d'un clic à l'autre, je suis tombée sur cet intéressant petit dossier publié par le magazine Today's Parent qui passe en revue les différents régimes de congé de maternité offerts dans le monde. 

On y apprend notamment que l'Albanie offre aux nouvelles mamans un congé de 365 jours à 80 % du salaire ainsi que 150 jours supplémentaires à 50 % du salaire (mais rien pour les papas). En Croatie et en Serbie, elles ont droit à une année complète à 100 % de leur salaire. En Russie, les mamans bénéficient de 140 jours de congé à plein salaire, dont 70 qu'elles peuvent prendre avant la naissance de leur bébé. Au Brésil, elles ont droit à un court congé payé de 4 mois, mais les services de garde sont gratuits jusqu'à ce que l'enfant commence l'école.

Les États-Unis font partie des pays qui offrent l'un des pires régimes : une femme qui a cumulé au moins douze mois d'ancienneté peut se prévaloir d'un congé non rémunéré de 12 semaines après la naissance de son enfant. Or, la loi exclut toutes les entreprises de moins de 50 employés, ce qui représente près de la moitié de toutes les entreprises américaines. Selon Today's Parent, seuls le Swaziland et la Papouasie-Nouvelle-Guinée offrent d'aussi piètres conditions aux nouvelles mamans.

Je ne peux toutefois m'empêcher de reprocher au magazine d'avoir passé sous silence le Régime québécois d'assurance parentale (RQAP) dans la rubrique qui concerne le Canada. Notre régime fait partie des plus généreux, mais sa plus grande originalité est de réserver cinq semaines aux nouveaux papas. À part la Suède qui encourage le partage du congé entre les nouveaux parents, aucun autre pays n'encourage autant les pères à se concentrer sur leur nouvelle vie familiale. 

Et sincèrement, je ne pense pas me tromper en affirmant que tous nos nouveaux papas québécois apprécient grandement cette mesure !

Évidemment, le plus grand bénéfice de cette mesure, en plus de permettre aux pères de passer du temps de qualité avec la famille, c'est d'affirmer collectivement que la responsabilité des enfants est aussi celle du père. En milieu de travail, c'est un enjeu fondamental pour les femmes.

Sur ce, je vous souhaite une excellente fin de semaine !

9/01/2012

Maman solo

Réinventer la vie.

Ma vie a été chamboulée. De mère d'une petite famille nucléaire, je suis devenue maman solo en l'espace de quelques semaines. Je fais maintenant partie de l'autre 50 % des familles.

Ce n'est pas ce que j'avais souhaité ou imaginé. On n'imagine jamais cela. Et puis un jour, on se retrouve devant l'inévitable sans vraiment vouloir l'admettre. On retient son souffle et puis la vie nous pousse là où on ne pensait jamais se retrouver. On voit sa vie défiler sous ses propres yeux en ayant l'impression de regarder celle d'une autre. 

Pourtant, personne n'est à l'abri d'une séparation. Et il n'y a pas de bon et de méchant dans cette histoire : il n'y a que deux parents qui ont choisi de vivre séparément pour des raisons qui leur appartiennent.

Comme la plupart des adultes, j'ai déjà vécu des ruptures et les réflexes de survie sont encore à portée de main. Certes, les vieilles blessures ressortent au passage, mais de manière générale, avec un peu d'aide, avec la famille et les bons amis, on trouve les ressources pour s'en sortir. Le plus difficile n'est pas de le vivre en tant qu'adulte...

L'insupportable, en fait, c'est de faire vivre cela aux enfants. 

Malgré un climat de bonne entente et une transition délicatement planifiée, c'est leur première rupture à eux. La vie qu'ils connaissent depuis le berceau se transforme indépendamment de leur volonté. Ils doivent s'habituer à de nouveaux repères, une nouvelle routine, une nouvelle configuration relationnelle avec papa et maman. 

Au-delà de ces ajustements, ils doivent surtout apprendre à accepter un changement beaucoup plus grand qu'eux : leur famille a éclaté et ils ne peuvent rien faire pour changer cette réalité. On dit que les enfants sont très résilients, mais cela ne se fait pas tout seul. Il faut les aider.

Si vous vous demandiez pourquoi j'avais déserté mon blogue depuis quelque temps, vous le savez maintenant. En ce début de septembre, toutes mes énergies sont consacrées à réinventer ma vie et celle des enfants.