11/30/2011

La souffrance de Marjorie, notre enfant à tous

La détresse n'a pas d'âge

Quand j'étais en quatrième année, deux grandes filles de sixième m'avaient attaquée sur le chemin de l'école. C'était une journée glaciale de janvier et les deux « grandes pas fines » m'avaient fait une salade de neige, m'avaient traitée de petite niaiseuse et m'avaient laissée honteuse et complètement en pleurs au beau milieu du terrain de soccer enneigé. J'ai toujours eu peur d'elles par la suite, même plusieurs années après, quand je les croisais à l'école secondaire.

C'était la fin des années 70, début 80. Même à cette époque, il y avait des jeunes ou des enfants moins gentils qui « niaisaient » les autres, et le sentiment d'exclusion existait bel et bien pour certains. Il y a eu des jeunes qui n'ont pas trouvé leur adolescence facile. Parfois, c'était l'intimidation à l'école, le sentiment d'exclusion ; parfois, c'était le climat familial.


J'ai vécu cette détresse à l'adolescence. Même si j'avais mes amies, il y a eu des moments où je me suis sentie regardée de travers, peut-être jugée. Il y a eu des moments où je me suis sentie isolée, découragée, déprimée, où j'ai même eu des idées très noires. De mon temps, il y en a eu aussi, des jeunes qui se sont suicidés, morts de chagrin. Quand j'ai fait mon stage en enseignement dans les années 90, une jeune Tania, âgée de 17 ans, était morte d'une surdose de cocaïne. Combien d'autres ados sont morts ainsi dans la détresse ?

Bref, à toutes les époques, la souffrance des enfants et des adolescents a existé pour une foule de raisons, mais ce n'est pas un sujet très attrayant. C'est un sujet plutôt tabou, une patate chaude pour les autorités, les enseignants, les parents. La souffrance des ados d'aujourd'hui, qui vivent des situations d'intimidation à l'école, est bien réelle et doit être prise au sérieux. Ce n'est pas parce qu'on est jeune que la détresse n'est pas réelle.  La détresse de la jeune Marjorie était bien tangible.

La jeune Marjorie est un peu notre enfant à tous, parce qu'elle a vécu dans un monde qui nous appartient à nous tous, une société que nous façonnons jour après jour en tant qu'adultes. Nous avons ainsi créé un monde où, d'une certaine manière, nous permettons implicitement l'intolérance et l'intimidation, à l'école, mais aussi dans certains milieux de travail. Pour ajouter au drame, nous avons tendance à minimiser la souffrance et la détresse des enfants et des adolescents... et même celle des adultes.

Cette histoire me bouleverse profondément et je joins ma voix à celle de la mère de Marjorie pour qu'on applique la tolérance zéro à l'égard de l'intimidation à l'école, mais aussi pour que la détresse de nos enfants ou ados soit prise au sérieux par tous.

11/10/2011

Ne m'appelez pas maman!

Chère publicité : je ne suis pas qu'une « maman »

C'est grâce à un commentaire de Cécile que ce billet m'est venu. Il a littéralement explosé dans ma tête et il s'écrit presque tout seul. Quand je suis irritée, j'écris tellement facilement.

Mais qu'est-ce qui peut bien m'agacer ainsi ce matin ? Non, je ne me suis pas cogné le petit orteil sur le pied du lit et je n'ai pas renversé mon café. J'ai tout simplement eu une autre preuve que, dans le monde de la pub, il y a encore des gens qui n'ont pas remarqué que la société a évolué. L'objet de ma crisette est cette pub qui nous annonce que les mamans pressées seront contentes d'apprendre qu'elles peuvent désormais servir des crêpes toutes faites à leurs enfants ! Eh oui, le miracle tant attendu est arrivé, les amies ! Vous pouvez ranger votre tablier... Plus besoin de faire des crêpes à vos enfants le matin ! (Hein ?)

Ce message est dépassé, complètement anachronique. D'abord, pourquoi ne s'adresse-t-on qu'aux « mamans » ? Au 21e siècle au Québec, il y a tout plein de papas qui s'occupent aussi des petits à l'heure du petit-déjeuner. Même s'il est vrai que les femmes sont encore majoritairement celles qui font les choix de consommation dans la maisonnée (et en plus, elles seraient plus responsables dans leurs choix), il n'en demeure pas moins que cette approche de la « maman pressée » qui a absolument besoin d'un autre produit pré-usiné pour satisfaire l'appétit de ses enfants commence à m'énerver.

Ensuite, le ton lui-même me rend mal à l'aise : quand on vous parle à titre de « mamans », n'avez-vous pas l'impression qu'il y a un petit quelque chose d’infantilisant dans la manière de vous aborder ? Il n'y a que mes enfants qui ont le droit de m'appeler maman et c'est leur plus grand privilège. C'est un mot d'amour qui nous unit dans une relation unique et personnelle. Pour les autres, je suis une femme, une conjointe, une mère, une sœur, une amie, une professionnelle, une citoyenne, une consommatrice, mais pas une « maman ». La plus grande erreur que l'on puisse faire pour essayer de me vendre un produit, c'est de m'interpeller ainsi.

Et là, je ne commenterai même pas la nature du produit en tant que tel. D'abord, parce que je n'ai pas lu la liste des ingrédients. Deuxièmement, je doute d'avoir besoin d'un tel produit car il suffit de si peu pour nourrir ses enfants adéquatement le matin : du pain de blé entier, du fromage, du beurre d'arachides, des fruits, du gruau, des céréales, des œufs à la coque, du lait. 

Qu'a-t-on besoin de plus ?

10/30/2011

Esprit d'Halloween : kétaines et assumés !




Chez nous, cette année, l'Halloween est célébré sans grand flafla...

Zéro bricolage, zéro créativité. Juste des trucs achetés, préfabriqués quelque part en Chine, là où on sait à peine de quoi il s'agit (les Chinois ont une autre occasion de se raconter des peurs, la Fête des fantômes). Bref, chez nous, on a choisi tous les raccourcis les plus ordinaires, les moins écolos (mes amies Josée et Fabienne vont m'arracher la tête...), les plus « walmartisés ».

Détrompez-vous, je n'en suis pas fière, mais c'était toute l'énergie que j'avais à consacrer à cette fête qui ne dure que quelques heures.

Ainsi, on a acheté un costume neuf à l'aîné et un autre pour le petit (aucun des déguisements que nous avions en stock ne lui allait), une grosse boîte de barres de chocolat et... mon conjoint a acheté cette horrible décoration à la dernière minute !

Une grosse citrouille décorée aurait fait l'affaire ! Ce gros minou gonflable n'était vraiment pas inscrit à ma liste d'achats, mais parfois, il faut lâcher prise... Cette année, nous serons les kétaines assumés du quartier !

10/18/2011

« Maman, je ne veux pas porter le même costume que l'an dernier! »

La fin de l'ère du recyclage.

Mon aîné est de petite taille. Très mince et un peu sous la moyenne pour ce qui est de la grandeur. 

Je suis chanceuse, car ses vêtements lui vont très longtemps, souvent deux années de suite. Ce qui est un peu grand la première année lui va à merveille l'année suivante. Et puisque j'ai des garçons, nous n'avons pas encore été frappés par le « fashion syndrome » que bien des petites filles attrapent dès l'âge de 6 mois et demi.

Ainsi, la durée de vie des costumes d'Halloween a généralement été de deux ans, sauf celui de la petite abeille qu'il a porté à 18 mois. C'était trop « bébé » pour un jeune homme de presque trois ans qui a préféré Batman les deux années suivantes.

Mais voilà qu'en deuxième année, cela ne passe plus. 

Pas plus tard qu'hier, il a affirmé ne plus vouloir porter le même costume que celui de l'an dernier : « C'est poche de porter le même costume deux années de suite, maman ! »

J'avais dans l'idée de lui tenir tête, mais papa en a décidé autrement et lui a acheté un ensemble de Transformer.

C'est vrai que c'est un peu plate de porter le même costume deux fois. Et si j'avais un certain talent de bricoleuse ou de couturière, je lui aurais peut-être fabriqué un nouveau déguisement, mais je n'ai pas été gâtée par la nature à ce sujet.

Nous avons donc cédé... Ira-t-on dans l'enfer des parents ?

10/15/2011

S'inscrire à des activités : moi aussi j'ai laissé faire...

Le luxe du calme

Bon samedi matin les filles !

Je profite de ce matin tranquille de l'automne pour vous écrire pendant le temps de pause de ma teinture (non, je ne publierai pas de photo, ce n'est pas beau à voir !). 

Le plus vieux regarde les « bonhommes » et papa est parti faire un petit jogging avec le plus jeune. Rien ne presse, les lits ne sont pas faits, je sirote mon café. Je lis le journal et mes magazines. Ça fait du bien de décompresser, d'avoir nulle part où aller. Pas de cours de natation, de gymnastique ou de hockey. Juste du calme.

C'est d'ailleurs le propos de Mélanie Thivierge dans l'éditorial du Coup de pouce de novembre. Elle s'interroge : « Pourquoi faut-il absolument inscrire nos petits à des activités de loisir, une fois l'automne venu ? Pour les faire bouger ? (...) Je veux bien, mais il y a d'autres moments pour ça que le samedi matin, à 9 h, quand tout le monde a couru toute la semaine et rêve de traîner en pyjama. »

C'est un peu sur ces réflexions que j'ai volontairement « oublié » de nous inscrire à des cours cet automne. On se reprendra peut-être en hiver pour un cours de natation pour l'aîné et de Zumba pour moi. Mais peut-être aussi choisirons-nous tout simplement d'aller glisser en « crazy carpet » les beaux matins d'hiver. Entre respirer l'air chloré de la piscine intérieure et l'air froid et pur d'un matin de février, le choix n'est pas très difficile. J'aime jouer dehors en hiver, les enfants aussi ! Et pour le tout-petit, je n'ai pas encore commencé à l'inscrire à des cours. Je vais peut-être attendre encore un peu ; pourquoi se presser ?

Pour le moment, je préfère encore aller à vélo avec les enfants le samedi ou le dimanche. On combine exercice et temps de qualité. Et tout compte fait, c'est aussi pas mal plus économique. On peut facilement dépenser plusieurs centaines de dollars par saison pour ces cours et, pendant ce temps, on n'investit pas dans le temps passé ensemble.

9/24/2011

La conciliation ou le grand fantasme ?

C'est l'heure du verre de vin... allez-vous-en chercher un, car vous en aurez besoin pour lire ce qui suit (ou un bon verre d'eau glacée si vous n'aimez pas le vin).

Mon amie Chantal m'a envoyé cet article puisé dans L'actualité (merci Chantal) : La vie est ailleurs.

Je ne connais pas l'auteur, mais sa réflexion est un peu comme un coup de taloche derrière la tête... en souhaitant qu'elle en réveille plus d'un grâce à cette prise de conscience.

Essentiellement, il nous dit que la conciliation travail-famille n'est qu'un leurre, car ce qu'il faut réellement réconcilier, ce sont la réalité et nos fantasmes : peut-on réellement tout avoir, tout faire et tout réussir ?

Doit-on renoncer à « cette vie vue à la télé » et se concentrer à revoir nos valeurs communes, s'interroge-t-il ?

« La conciliation travail-famille réclamée aux employeurs n'y changera rien, dit-il, à moins que nous ne bouleversions nos valeurs qui, pour l'instant, se résument à ressembler au voisin et à tout faire pour y parvenir. »

En général, je n'aime pas tellement me faire faire la leçon, mais il y a matière à réflexion ici. 

Quand ils sont petits, on espère que nos enfants grandissent pour trouver davantage de temps libre, mais je constate que c'est tout faux. Quand ils sont grands, il faut investir davantage, car leur vie se complexifie et leurs besoins aussi. Et puisqu'il n'y a que 24 heures dans une journée, il faut véritablement choisir où donner de son temps.

« Ce n'est donc pas le travail et la famille qu'il nous faut parvenir à concilier, mais nos fantasmes avec le réel. C'est notre conception du bonheur qu'il faut revoir. Pour l'instant, ce bonheur, c'est le mouvement perpétuel. Avancer toujours, en conformité avec ce qu'on attend de nous, sans poser de questions, et reproduire le modèle tel que vu à la télé. »

Ainsi, les valeurs en toile de fond de notre société nous pousseraient-elles à choisir l'absence auprès de nos enfants ? Car pour tout réussir (professionnellement, financièrement), il faut s'investir ailleurs que dans le nid familial. Même si l'on découpe nos journées au couteau pour maximiser notre efficacité, il n'en demeure pas moins que nos enfants sont imprévisibles (parce qu'humains...) et qu'il est impossible de mettre le temps qu'on leur consacre dans de petites cases à l'agenda.

Et puis... choisir de s'occuper de ses enfants est-il un choix ou une obligation ? Devrait-on poser la question à la DPJ ? Hum...

9/21/2011

Mamamiiia unplugged

Il y a quelques mois, j'ai déserté la vie virtuelle pour me concentrer sur le monde réel. 

J'avais une vie de mère à vivre et, pour ne pas la manquer, j'ai fait des choix, dont celui de me retirer un peu de la blogosphère. Je vous mentirais si je ne vous parlais pas de la fatigue qui a aussi pris le dessus. 

Le petit dernier de la famille n'est vraiment pas le moindre. Il a eu deux ans au cœur de l'été et il est encore rare de passer une semaine sans qu'elle ne soit entrecoupée de nuits blanches. Parfois deux, trois... quatre. C'est dur sur le corps et sur le moral aussi.

Cela dit, je dois aussi me confesser : j'ai délaissé un peu l'univers de la blogosphère maternelle parce que j'étais un peu tannée des « dix meilleurs trucs » pour réussir sa vie de « maman » et de tous les conseils, à gauche et à droite, sur l'art de la maternité. 

Il y a quelque chose de réducteur et de racoleur dans tous ces conseils de bien-pensants, quelque chose qui passe à côté de la réalité. J'en fais mon mea culpa : j'ai fait ma part dans le genre et cela ne me tente plus.

Dans la vraie vie, il n'y a aucun truc pour être une mère ou un père exemplaire. Aucun truc pour que les enfants se comportent comme des anges, aucune boîte à lunch parfaite. 

C'est le chaos, parfois agréable, parfois moins, mais le chaos permanent quand même. Même quand c'est calme, on a parfois l'impression d'être dépassé. Pour moi, c'est un état permanent ; même quand j'ai enfin repris le dessus, la queue de la tornade n'est jamais bien loin.

Je reviens donc faire mon tour ici, mais l'atmosphère va changer un peu. Ce sera du « Mamamiiia unplugged », un peu moins rose bonbon, un peu plus « café dans la cuisine ». On va se parler des vraies affaires...

À bientôt...

7/13/2011

Un tour du monde de la maternité à la radio

Je ne sais pas si comme moi vous aimez la radio, mais si c'est le cas, je vous propose de faire un tour du monde de la maternité en écoutant la série Beginnings de la radio publique américaine, NPR. 

La série explore les dimensions médicales, culturelles et économiques liées à la maternité.  Vous pouvez lire la description complète  ici.  La série est fascinante car elle nous permet de comprendre que la maternité ne se vit pas de la même manière d'un pays à l'autre et surtout, à quel point les inégalités subsistes quand il est question d'assurer la santé et le bien-être des mères et de leurs enfants.


Le blogue qui accompagne la série,  The Baby Project, est animé par neuf femmes enceintes d'horizons très différents qui racontent chacune à leur manière, leur expérience de la maternité.

7/07/2011

Voyager avec les enfants : un super billet de Marie-Julie Gagnon

C'est le temps des vacances qui commence et je viens de lire un super billet qu'a publié Marie-Julie Gagnon sur l'art de voyager avec les enfants.  Des conseils et des réflexions très utiles ainsi qu'une liste bien fournie de références pour les parents voyageurs. 

À lire absolument!

6/29/2011

Y a-t-il une science pour développer son savoir-faire parental?

Alison Gopnik est professeure de psychologie et de philosophie à l'Université de Berkeley en Californie et auteure de l'ouvrage The Philosophical Baby. Dans ce court extrait vidéo, elle admet que ses connaissances en psychologie ne l'ont pas aidée dans l'éducation de ses trois enfants.

D'ailleurs, elle remet en question toute la notion de « parenting » (parentage, en français ?) ou cette espèce de savoir-faire expert qui consiste à s'occuper des enfants. « Vous êtes d'abord dans une relation avec votre enfant », dit-elle. Hum... Voilà de quoi nous faire réfléchir. Elle est très rafraîchissante et déculpabilisante (en anglais) :




6/10/2011

Sports et études : faut-il choisir?

Soccer vs école : le dilemme de fin d'année

Je passe mon temps à déserter mon blogue, mais que voulez-vous... ainsi va la vie d'une mère de deux enfants qui travaille à plein temps à l'extérieur de la maison. Puisque c'est le cas d'environ 75 % des mères, j'imagine que vous comprenez.

Enfin, l'été semble avoir pris le dessus sur un printemps froid, pluvieux et interminable. Les pratiques et les matchs de soccer ont commencé, amenant avec eux un horaire un peu fou...


Qui dit début de la saison de soccer dit aussi fin de l'année scolaire : les tests et les examens se succèdent et les enfants sont plus fatigués. J'ignore si les enfants plus vieux gèrent mieux leurs horaires chargés d'études et d'activités sportives parascolaires, mais mon fils, qui est en première année, semble épuisé. 

Et l'arrivée du printemps suscite une résistance accrue à s'abandonner aux bras de Morphée quand il fait encore clair : « Maman, pourquoi me coucher quand c'est encore le jour ? ». N'éprouvez-vous pas de difficultés à coucher vos enfants quand le printemps s'amène ? Si mon fils se couche plus tard, il est impossible de le sortir du lit le matin venu ! Et nous sommes tous en retard !

Cette semaine, nous avons fait des choix : nous avons décidé de ne pas envoyer notre fils à la pratique de soccer du jeudi, car il avait une dictée de fin d'année le lendemain. On l'a fait « foxer » le soccer pour donner la priorité à l'école.

Je me demande d'ailleurs pourquoi notre association de soccer commence ainsi l'été en lion. Est-ce vraiment nécessaire de jouer deux fois par semaine alors que nos enfants peinent à faire leurs devoirs et sont plus fatigués ? De toute manière, ils joueront jusqu'à la fin août...

Je m'interroge : quelle place doivent occuper les activités sportives parascolaires dans l'horaire des enfants ? Avec les devoirs et les leçons qui s'accumulent, à quel moment est-ce trop pour nos enfants ? Doit-on absolument les pousser à dépasser leurs limites dans tout ce qu'ils entreprennent ou doit-on les amener à prioriser et ainsi à faire des choix équilibrés en lien avec leurs capacités ?



5/23/2011

Les cubes d'énergie vs la réalité

Au début de mai, l'aîné est arrivé avec le défi « Lève-toi et bouge » de Pierre Lavoie dans son sac à dos. 


L'intention est très noble : pendant le mois de mai, les enfants sont encouragés à faire des activités sportives et, pour chaque 15 minutes d'activité, ils obtiennent un « cube d'énergie ». S'ils pratiquent un sport avec un ou plusieurs membres de la famille, les cubes se multiplient.

Malheureusement, nous n'avons pas été très performants (sommes-nous les seuls ?). Nous avons essayé de participer la première semaine et, ensuite, nous avons perdu notre motivation. 

Si la météo est la principale responsable de notre contre-performance, un autre facteur s'est ajouté : la fatigue. Après une journée de boulot, une heure de transport en commun, la préparation du souper et les devoirs, pffft, je ne rêvais qu'à faire la morte dans mon salon. 

Même chose pour mon fils : zéro énergie après ses devoirs. Aussitôt les leçons terminées, direction douche, lecture et dodo. De manière générale, presque tous les soirs, la famille roupillait dès 21 h. En plus, nous, les parents, faisons encore du service de nuit auprès du petit dernier. C'est sans doute un autre facteur pour expliquer notre manque d'énergie.

Est-ce que la météo affecte à ce point notre métabolisme que nous ne sommes pas capables d'en prendre plus en soirée, ou bien en avons-nous tout simplement trop à faire ?

Au moins, cette semaine, la saison de soccer commence...on va pouvoir se rattraper....

5/13/2011

L'insaisissable détresse humaine

Personne ne peut demeurer indifférent à cela. Comme tout le monde, j’ai lu et entendu le récit innommable du cardiologue qui a tué ses enfants. Quand j’ai vu les photos et, pire encore, la vidéo des enfants vivants au club vidéo, j’ai physiquement ressenti de la douleur. Douleur pour les enfants qui ont probablement souffert le martyre, douleur pour la maman qui souffrira toute sa vie, douleur pour les grands-parents paternels qui ont perdu leurs petits-enfants et leur fils qui s’est transformé en meurtrier. Douleur pour la famille de la maman. J’ai même senti de la douleur pour cet homme qui n’échappera jamais à l’odieux crime qu’il a commis.

En regardant les photos, je voyais en même temps toutes nos photos de famille, à nous. Qui ne peut s’identifier à cette famille, du moins en apparence ? Nous avons tous les mêmes clichés de famille : de beaux enfants, des anniversaires, des vacances, des sourires et l’impression que c’est pour la vie. En tuant ses enfants, cet homme a aussi un peu assassiné tous les enfants et toutes les familles. Il a assombri nos souvenirs de vacances et nos anniversaires. Il a aussi créé un doute dans l’esprit de bien des hommes et des femmes : si lui, un homme jadis respecté de sa communauté, instruit et considéré comme un bon papa, a pu commettre un tel crime, personne n’est véritablement à l’abri.

Cette histoire me renverse totalement. Toutes les fois que je regarde mes enfants, j’ai seulement envie de les prendre et de les serrer fort. Je regarde leurs petits ventres et je ne peux pas comprendre comment quelqu’un a pu commettre un geste si violent envers ses propres petits. Je n’y comprends rien. Même dans la folie, n’a-t-on pas un éclair de bon sens pour nous empêcher d’agir ainsi ? La mère en moi ne peut simplement pas supporter ce crime. Toutes les fois que je vois les photos, une partie de moi souhaite que ces deux petits anges reviennent parmi nous. Oui, je pense que j’attends un miracle...

Le plus triste, c’est qu’il y a eu d’autres drames familiaux de la sorte après celui-là. Et, plus malheureux encore, il y en aura d'autres. Fera-t-on un jour la lumière sur cette détresse insaisissable qui pousse un parent à tuer ses enfants ? En tant que collectivité, pouvons-nous espérer trouver des moyens pour empêcher l’infanticide ? Quels sont les signes précurseurs qui nous permettraient d’éviter de tels drames ? Et même si on créait une sorte de refuge temporaire où déposer les enfants en cas de détresse, est-ce que cela aiderait vraiment à sauver quelques vies ? Quand on vit ce type de dérangement de l’esprit, la raison peut-elle reprendre le dessus le temps de mettre ses enfants à l’abri ?

À la maman, je ne peux que souhaiter d’avoir de l’aide, de ne pas traverser cet horrible désert toute seule. Je ne sais pas comment elle fait pour tenir le coup.

La résilience est-elle vraiment possible dans un cas comme celui-là ?

4/29/2011

La famille saoulée par le bonheur

Le droit d'être malheureux : au-delà de la tyrannie du bonheur

Au 20e siècle, Yvon Deschamps a érigé le bonheur en monologue célèbre.

En ce début de 21e siècle, la recherche du bonheur est devenue une sorte de convention, le sceau des gagnants et le gagne-pain lucratif d'un million de gourous. Le bonheur est devenu un moyen chic de contourner les échecs et d'ignorer l'adversité.

Et pourtant, les échecs et l'adversité existent encore. 

Quand nos enfants reviennent de l'école avec une défaite, tous les bons manuels nous suggèrent de leur apprendre à voir le positif de leur déconfiture, de leur montrer que l'échec peut se transformer en opportunité, et bla-bla-bla. Est-ce vraiment la bonne approche ? Nos enfants ont-ils encore le droit d'être déçus, peinés, découragés ?

Et nous, les parents, quand nous vivons l'échec, avons-nous le droit de le vivre ouvertement face à notre progéniture ? En ce 21e siècle, peut-on être malheureux et vivre nos peines sans se cacher dans le fond de la salle de bain ? Notre recherche du bonheur est-elle si intense qu'elle se doit d'ignorer les petits creux de la vie ? S'il est possible de trouver mille et une façons de nourrir la joie et le bonheur familial, faut-il pour autant cacher tous nos tourments à nos enfants ?

Les déceptions de la vie peuvent-elles être pleinement vécues en famille ? Avons-nous encore le droit, en tant que parent, en tant qu'enfant, en tant que famille, à notre pot de crème glacée, à notre demi-tonne de chocolat et à tous les autres petits plaisirs coupables qui nous permettent d'imprimer nos revers dans le quotidien ? Est-il plus sain de chercher sans cesse un sens positif à nos malheurs que de les accueillir tels qu'ils se présentent, de les vivre sans pudeur, de se consoler et d'apprendre à aimer notre vie même avec ses tracas, sans essayer à tout prix d'en extrapoler une vision positiviste ?

Le bonheur familial doit-il ignorer l'adversité ? Faut-il saouler la famille dans un bonheur niais pour en assurer l'épanouissement ?

4/14/2011

Invente-moi une histoire!

Qui n'aime pas lire des histoires avec ses enfants?  D'ailleurs, la semaine dernière, Martine Gingras des Banlieusardises a fait des recommandations très intéressantes de livres pour enfants sur Ipad.

Chez nous, on adore aussi les histoires, mais l'apprentissage de la lecture et de l'écriture est encore difficile.  Mon fils adore lire et il déborde de créativité quand vient le temps d'inventer des personnages et des intrigues.  Or, apprendre à écrire est un exercice un peu plus douloureux.  L'apprentissage de la graphie est, en soit, difficile (et pour les petits garçons, cela semble encore plus ardu), mais apprendre à faire des phrases, à orthographier les mots correctement et à placer les majuscules et le point au bon endroit, c'est aussi un obstacle.

Dans le but de l'encourager, je me suis lancée à la recherche d'outils qui me permettraient de l'aider un peu dans son apprentissage de la lecture et de l'écriture tout en exploitant son talent et son intérêt pour les histoires.

Et j'ai trouvé Storybird - Collaborative storytelling.

Même si l'interface est en anglais, ce site applicatif permet  de créer une histoire à l'aide de superbes images réalisées par des artistes.  Vous créez un compte, démarrez un scénario et avec votre enfant, vous choisissez un thème avec lequel il pourra bâtir une histoire.  Vous pouvez même inviter d'autres personnes qui pourront elles aussi y collaborer.  Les images sont mignonnes comme tout et c'est gratuit!  Mon fils a adoré construire une histoire et il veut la relire tous les soirs (j'ai hâte qu'on en écrive une autre!).   Avec cet outil, il est motivé à construire des phrases et à orthographier les mots correctement. 

Un deuxième site,  Little Bird Tales vous permet d'enregistrer vos enfants une fois qu'ils ont composé et illustré une histoire.  Je ne l'ai pas encore essayé, car le processus requiert un peu plus de travail, mais je trouve que l'idée est bonne car elle encourage l'enfant à construire son histoire et à en faire lui-même la narration.  Et puisqu'on peut sauvegarder l'histoire sur le site, il est possible de la partager avec les membres de la famille et les amis!  On peut bâtir une histoire à partir de ses propres dessins ou même avec des photos de famille.


J'aime beaucoup ces deux propositions, car elles engagent les enfants dans un processus créatif sans faire appel à l'esprit compétitif du jeu.  Je n'ai rien contre les jeux et je crois que l'apprentissage par le jeu peut être bénéfique, mais j'apprécie aussi les outils qui permettent de rendre plus attrayantes des activités aussi fondamentales que l'apprentissage de la lecture et de l'écriture. Bref, je lève mon chapeau à ceux qui ont inventé ces deux sites...il nous faudrait un équivalent en français.  En tout cas, pour un parent qui veut appuyer son enfant dans son apprentissage, c'est un moyen très agréable de le faire!  Et, pour mon fils, le simple fait d'utiliser l'ordinateur pour créer une histoire est très stimulant pour apprendre à lire et à écrire.

4/03/2011

Le luxe du silence

Il est environ 23 h 25. Si je voulais revêtir un teint de rose demain matin et déborder d'énergie, il aurait fallu me coucher à 21 h 30, gros maximum. 

Si je suis encore debout à cette heure, c'est que j'en ai profité pour écouter le silence. 

Quand la maisonnée est bercée par les grands bras de Morphée, je me réserve un petit moment de calme pour rassembler mes idées, penser à moi et nourrir mon inspiration. 

Surtout le dimanche soir : un moment de calme avant de plonger tête première dans le brouhaha de la semaine.

Je serai peut-être fatiguée demain, mais au moins, j'aurai pris un peu de temps pour moi.

C'était juste un petit moment de partage de fin de soirée. Bonne semaine ! :-)

3/30/2011

Les garçons et l'école

La réussite des garçons : une question de genre ou d'engagement ?

On parle beaucoup de l'échec des garçons à l'école et, surtout, on fait une corrélation directe entre leurs difficultés et le manque d'enseignants masculins. Est-ce vraiment aussi simple que cela ?

Permettez-moi d'en douter.

Mon fils aîné est en première année et a quelques difficultés à l'école. Rien de bien grave sur le plan académique, mais sa propension à se décourager devant l'erreur et son trop-plein d'émotions devant la peur de se tromper le paralysent par moments. Et puis, il a de la difficulté à suivre les consignes : il parle quand c'est le temps de se taire, il joue à des jeux interdits (comme pousser ses amis dans la boue, une activité très populaire au printemps chez les petits gars), il est désorganisé et oublie ses cahiers à l'école dans son tiroir tout en désordre. Je vous dis que son enseignante et moi travaillons fort pour l'aider !

En début de semaine, j'ai été convoquée à l'école pour rencontrer l'enseignante, la psychoéducatrice et la directrice. Le but : rédiger un plan d'intervention. Ce plan sert essentiellement à expliquer au futur professeur de mon fils quelles interventions ont été appliquées cette année pour l'aider. Malgré un nom qui fait peur, ce « plan » sert tout simplement à assurer le suivi auprès de l'élève, année après année. Dans cette école, on tient à bien encadrer les élèves. On les aime et le personnel tient à leur réussite, mais aussi à entretenir leur amour de l'école. Et en passant, c'est dans une école publique... une simple école de quartier.

Que le petit garçon soit accompagné par des enseignantes féminines ou des enseignants masculins a-t-il vraiment une incidence ? Quand je vois tout le respect et l'engagement dont fait preuve le personnel (féminin à 99 %) de cette école, je me dis que c'est d'abord cela qui compte. Quand le personnel encourage l'élève à aimer l'école en multipliant les moyens pour l'aider, n'est-ce pas là la véritable recette ? L'enseignement est d'abord un acte humain. En quoi le genre de l'enseignant ferait-il une différence si ce dernier n'est pas engagé dans la réussite de l'élève ?

En tant que mère d'un petit bonhomme curieux et intelligent, je me vois rassurée. Au-delà des notes et des apprentissages formels, le plus important n'est-il pas de créer un climat où il aura envie de continuer à apprendre ? N'est-ce pas précisément cette dimension qu'il faut chercher à préserver en assurant un suivi adéquat des petits garçons qui ont des difficultés d'adaptation ou d'apprentissage ?

Et sincèrement, je ne suis pas une spécialiste, mais je pense que cela fait une différence quand l'enfant sent qu'on s'occupe vraiment de lui...